Archives de la catégorie ‘Proche-Orient’


Le 31 octobre 2011, les Palestiniens ont vécu à Paris une journée historique. Leur État a obtenu le statut de membre à part entière à l’Unesco, l’un des principaux organes de l’ONU. Mécontents, Les États-Unis d’Amérique ont bloqué ipso facto leur financement de l’Unesco.
Le pourquoi du comment avec Gabriel Banon, ex-conseiller de Yasser Arafat.

 Gabriel Banon : «<em> C’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël, et maintenant il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance  le reconnaisse</em>». l’État palestinien</em>».Gabriel Banon : « C’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël, et maintenant il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance le reconnaisse». l’État palestinien».

Après l’admission de la Palestine à l’Unesco, en tant que membre à part entière, à quoi rime le mécontentement américain ?
Le président Obama est en pleine campagne électorale pour un deuxième mandat, et, par conséquent, il a besoin de l’appui du Congress et de tous les Démocrates. Chez ces derniers ainsi qu’au Sénat, il y a un grand nombre – ou plutôt une majorité de membres – qui soutiennent Israël. Inconditionnellement. Il est obligé de prendre une position dans cette optique d’élection même si cela peut aller à l’encontre de ses propres déclarations. Ceci, dans la mesure où le président américain a déclaré qu’il était pour un État palestinien dans les frontières de 1967. C’est une politique purement intérieure.

L’Unesco cherche-t-elle a démontrer son indépendance vis-à-vis des États-Unis ? 
Pas vraiment. La question, c’est que l’Unesco s’est retrouvée face à un blocage total. Le processus d’Oslo est mort et Netanyahou l’avait même dit en affirmant : « J’ai tué le processus d’Oslo. » Le Quartet [États-Unis, Russie, UE, ONU] s’agite beaucoup mais ne fait rien de concret. Autrement, c’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël ; et, maintenant, il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance reconnaisse l’État palestinien. Ceci dit, on savait que la situation serait sans issue. Bien que les deux tiers des États membres de l’assemblée soient pour la création d’un État palestinien. Par sa reconnaissance en tant qu’État, la Palestine a décroché une victoire diplomatique indéniable. Je suis convaincu qu’entre Israël et la Palestine, le processus de paix va s’accélérer. Et ce sera déjà cela de gagné.

« Je suis convaincu qu’entre Israël et la Palestine, le processus de paix va s’accélérer. Et ce sera déjà cela de gagné ».

À votre avis, où est- ce que le conflit israélo-palestinien bloque ? Qui le bloque ? 
Le processus de paix est bloqué parce que Netanyahou est prisonnier d’une fragile majorité à la Knesset. En face, il existe une minorité d’extrémistes extrêmement puissante. Netanyahou tient beaucoup à son siège : il ne faut pas oublier cela. Un vrai chef d’État aurait pris ses responsabilités quitte à perdre la fonction de Premier ministre.

Gabriel BanonGabriel Banon

Qu’est-ce que le Printemps arabe a apporté à ce conflit ? 
Là où le Printemps arabe a cartonné, c’est surtout en Égypte et aujourd’hui en Syrie. Il a changé la donne de la politique étrangère, car Israël se disait être le seul État démocratique dans un contexte arabe qui ne serait jamais ouvert à la démocratie.
Aujourd’hui, le monde arabe démontre qu’il peut changer et qu’il veut lui aussi la démocratie. D’ailleurs, à la place d’Israël, je serais content car il y ait à l’avenir des partenaires beaucoup plus fiables et bien plus puissants.
C’est grâce à l’intervention de l’Égypte, en outre, que le soldat Shalit a été libéré. Le Printemps arabe pose beaucoup de problèmes aux Israéliens, car les rapports vont inéluctablement changer.

Israël osera-t-il déclarer la guerre à l’Iran ? 
Je n’ai pas une boule de cristal, mais je ne pense pas qu’Israël attaquera l’Iran. Ceci dit, c’est toute une manœuvre en cours en Israël et dont l’objectif est de profiter du nouveau rapport de l’AIÉA [Agence internationale de l’énergie atomique] et avec pour finalité de pousser l’ONU à durcir les sanctions envers Ahmadinejad et, idéalement, de faire tomber son régime.
Des actions que je juge peu efficaces, car, justement, elles ne menacent pas l’Iran mais tentent timidement de l’étouffer petit à petit en soutenant les opposants…

Quelles sont les erreurs commises par Yasser Arafat et qui ont peut-être handicapé le processus de paix ? 
J’étais un grand partenaire d’Arafat. Il a fait des erreurs comme tout chef d’État, mais elles n’étaient pas fatales. Ses options étaient saines, objectives et constantes.
Par exemple, il a toujours pris une position courageuse en disant que les Palestiniens ne sont pas en guerre contre les juifs mais que les Palestiniens ont un différend avec les Israéliens.
Il était toujours convaincu que les deux entités pouvaient vivre ensemble. Sa politique a été, dans ce sens, claire.


Fondatrice du Centre International du développement et de la formation et la résolution des conflits, Rowaida Mroue est une militante libanaise qui n’a pas froid aux yeux. Les conflits mondiaux, c’est sa vie et son combat. Dans cet entretien, elle nous livre son analyse sur le conflit au Sahara, un problème vieux de 36 ans.

Rowaida Mroue, fondatrice de l’ICTR.Rowaida Mroue, fondatrice de l’ICTR.

Très actifs dans les pays arabes ainsi que dans les régions à conflit interne, l’ICTR veille à développer les capacités des jeunes et des journalistes afin de faire pression, envoyer des pétitions, mettre sous les projecteurs toutes les régions vulnérables. Rowaida Mroue s’intéresse très particulièrement au conflit du Sahara. Pour elle, l’Algérie s’entête comme un enfant qui a peur de perdre ce qu’il n’a pas. Le Maroc est pour elle, par contre, le maître de la situation et le pays qui mérite son Sahara. ITCR ( juin 2010) est le Centre international du développement et de la formation et la résolution des conflits, c’est une ONG dont le siège est au liban à Beyrouth.

Le conflit entre le Maroc et le Polisario est encore au stade des pourparlers informels. Avec la nouvelle donne politique dans la région, pensez-vous que l’Algérie pourrait revoir sa position vis-à-vis du Polisario ?
Dernièrement, le Maroc a insinué dans la majorité de ces pourparlers avec le Polisario qu’il ne veut plus continuer ce type de discussions informelles. Les deux parties ne se réunissent sur aucune vraie base de dialogue, avec la présence d’une Mauritanie qui dégage une neutralité positive. Aucune évolution n’est constatée. L’Algérie n’a rien à perdre. Pour le Maroc la question de l’autonomie est indiscutable. Même chose pour le Polisario concernant le plan d’autodétermination. Les Etats-Unis ont exprimé leur penchant vers la solution marocaine car elle est la plus réalisable mais pour le Polisario, l’arme la plus fatale reste le hors-sujet. L’Algérie ne changera jamais sa position tant qu’il n’y a pas de pression de l’international. Soyons réaliste, plusieurs points sont clairs. Premièrement, tous va se jouer sur les messages que va adresser le CNT au Maroc. Deuxièmement, il faut médiatiser les déclarations des membres du CNT qui parle avec assurance de la marocanité inéluctable du Sahara. Troisièmement, et ce point est encore louche, je me demande comment va être la relation de la Libye avec l’Algérie. Quatrième point, qui parait anodin mais qui est important, c’est le résultat des élections de la Tunisie et sa nouvelle politique vis-à-vis du Maghreb arabe. La Mauritanie, pour son compte, a une neutralité positive, mais suit beaucoup ses propres intérêts.

«Personne dans le monde arabe ne peut soutenir un front séparatiste et laisser tomber un grand pays comme le Maroc»

Depuis toujours, la Libye a soutenu le Polisario. Avec l’installation du CNT, comment voyez vous la relation future entre la Libye et le Polisario, sachant que le CNT a capturé des milices du Polisario pro-Kadhafi ?
Je ne pense pas que le CNT et ceux qui vont le suivre, soient prêts à lier leur destin à celui des fronts séparatistes, car la communauté civile va remarquer que le CNT n’a pas aboli le système déchu du dictateur Kadhafi. Le CNT va faire l’impossible pour enjoliver sa réputation et donc il aura des avis pacifiques.

En nous basant sur le printemps arabe et toutes les idéologies qu’il a véhiculées, ne pensez-vous pas que les nouveaux régimes arabes auront un problème avec la marocanité du Sahara et seront plus pour des mouvements séparatistes ?
Personne dans le monde Arabe ne peut soutenir un front séparatiste et laisser tomber un grand pays comme le Maroc connu pour sa diplomatie étrangère intelligente et son équilibre dans les positions politiques du monde Arabe. L’objectivité du Maroc lui fait gagner la sympathie de l’Europe, des Etats-Unis et des autres puissances mondiales.

L’Algérie, pays hôte des camps de Tindouf, ne devrait pas un jour ou l’autre se débarrasser des milices qui perturbent la sécurité dans la région ?
C’est parce qu’il manipule la force du Polisario et le destin du Sahara en ce qui concerne les camps de Tindouf que l’Algérie n’a pas peur de son destin intérieur. Un système qui est basé sur les services de renseignement militaire sait très bien que s’il finance n’importe quelle région, cette dernière peut lui obéir s’il lui demande de semer le chaos, n’ importe où dans le monde. L’Algérie est protégée par ces fronts séparatistes et ne se sent aucunement gênée par le trafic d’armes et de drogues qui se passe sous ses yeux et l’enlèvement des militants européens. Aucune pression n’est exercée sur l’Algérie, c’est révoltant.

L’Algérie refuse catégoriquement la participation du Maroc aux opérations anti-terroristes dans la région. Pourquoi à votre avis ?
Je pense que ce refus est logique, car l’Algérie ne veut pas que le Maroc démontre sa capacité militaire à gérer de tels troubles. L’Algérie veut se montrer comme étant le pays qui est fort et qui gère le tout dans la région. Si le Maroc rentre dans cette histoire, il n’en sortirait que gagnant et c’est pourquoi l’Algérie essaye d’éviter cette gloire.

« Pour les prérogatives de la Minurso, j’ai la conviction que le fait de compter sur les Nations unies pour trouver des solutions est une perte de temps »

Que pensez-vous des prérogatives de la Minurso, notamment de les étendre vers le volet des droits de l’homme ?
Aujourd’hui, il y a trois points que le Maroc essaye d’étudier en ce qui concerne le conflit du Sahara. Le premier point est celui de l’atteinte aux droits de l’homme dans les camps de Tindouf et la polémique sur les recensements. Le deuxième point est ce que véhicule à l’étranger le Polisario à propos de l’exploitation marocaine des ressources naturelles sahariennes et l’inégalité de la distribution de ces dernières, chose qui est fausse. Car le Maroc donne à la région du Sahara d’autres ressources plus importantes et qui n’existent pas dans la région. Le troisième point reste le plan d’autonomie qui est réalisable et soutenable.
Ceci dit, le Polisario ne changerait jamais sa position qui est le référendum. Cette équation n’a pas de solution à part celle de l’application des droits l’homme. Quelqu’un qui vit au Maroc, qui à un passeport marocain, et qui est en sécurité au Maroc n’a pas la droit de revendiquer un référendum. Maintenant, pour les prérogatives de la Minurso, j’ai la conviction que le fait de compter sur les Nations unies pour trouver des solutions est une perte de temps. En tant que citoyenne de la société civile, le monde arabe tout comme les médias et les bloggueurs doivent se mobiliser pour trouver une solution finale à ce conflit. Des communiqués, des pourparlers et des manifestations pour rien, Basta !◆

PS: Pensez à simuler vos votes SVP, comme ça, nous avons une idée sur les prochaines élections marocaines du 25 Novembre 2011 . http://bit.ly/shpt4a  Merci .


Créé en mai 2011, le groupe Facebook d’origine grec « World Revolution » appelle le monde entier à sortir dans les rues le 15 octobre pour réclamer une véritable démocratie et la fin de la mondialisation. Le Maroc va-t-il suivre ?

Manifestation à New York, le 18 septembre dernier, pour protester contre le système capitaliste.Manifestation à New York, le 18 septembre dernier, pour protester contre le système capitaliste.

Si le Printemps arabe a initié un mouvement contestataire sans précédent en Tunisie, Egypte, Libye, Maroc, Soudan, la Grèce, considérée comme le berceau de bien des cultures et civilisations veut marquer une seconde fois l’Histoire. Postant sur le mur du groupe « World Revolution » toute l’actualité concernant les manifestations qui ont lieu un peu partout dans le monde, y compris celles du Maroc, la page « World Revolution », d’origine grecque, se veut un porte-parole des peuples qui réclament des changements.

Les internautes y partageant « les bavures » des responsables politiques et « la manipulation » qu’ils subissent. Ils appellent également à une marche planétaire contre la mondialisation et pour une (vraie) démocratie et justice sociale. Cette initiative qui se présente comme la « finale » d’un match longuement disputé entre les citoyens et les leaders politiques est programmée pour ce 15 octobre.

« Game over » au capitalisme

« Le 15 octobre, des gens du monde entier descendront dans les rues et sur les places publiques. De l’Amérique à l’Asie, de l’Afrique à l’Europe ou encore en Australie, ces personnes se mobilisent pour réclamer leurs droits et exiger une vraie démocratie. Maintenant, il est temps de nous réunir dans une protestation mondiale non-violente. », peut-on lire sur le site 15october.net/fr/. La campagne médiatique est déjà lancée sur les réseaux sociaux mais pas assez dans la presse marocaine. Facebook fourmille de groupes dans toutes les langues répondant présent à cette manifestation mondiale. Les débats sur le site de microblogging Twitter fusent également.

«FMI, Banque Mondiale, ONU, Wall-Street, G20… toutes ces institutions non démocratiques qui asservissent les peuples doivent tomber».

Voulant exprimer leur totale approbation avec cette initiative, les  internautes marocains ont eux aussi créé des groupes virtuels dédiés. Parmi les plus actifs, on peut citer « Manifestation pacifique pour une démocratie réelle », « 15 October 2011 – World Revolution – United for Global Change -Morocco-»  et « jeunesses indignées #Maroc » réunissant à peu près quelque 3 000 membres.
Concernant les villes marocaines qui ont confirmé leur participation à cette grande marche, seules Rabat (quartier Agdal) et Casablanca (avenue des FAR) se disent pour l’instant partantes. Pour Younes Belghazi, l’un des initiateurs du groupe marocain World Revolution, « le 15 octobre n’est que le début de la lutte des peuples unis et solidaires face au nouvel ordre mondial… On ne veut plus de ces systèmes autoritaires qui s’acharnent sur nous. FMI, Banque Mondiale, ONU, Wall-Street, G20… toutes ces institutions non démocratiques qui asservissent les peuples doivent tomber. En gros : Game Over au capitalisme! ».

Faisabilité et freins

Mohamed Darif, politologue marocain, voit autrement la chose. « Les chances de réussite de cette marche sont minimes tout simplement parce qu’il y a un développement inégal sur l’échiquier politique de chaque pays. De plus, pour chaque pays  la démocratie est vue sous un angle diffèrent. D’un côté, les pays en voie de développement, en l’occurrence, le monde arabe, s’attaquent au despotisme et aspirent à la dignité. De l’autre, le monde occidental veut abattre l’omniprésence des lobbies sans forcément vouloir faire tomber leurs dirigeants », explique-t-il. Même si la marche mondiale du 15 octobre peut connaître un nombre important de participants, le politologue reste sceptique par rapport à sa faisabilité. « La marche mondiale du 15 octobre nous démontrerait par contre une seule chose : le décalage qui existe entre les pays sous-développés et les pays sur-développés », conclut-il.◆


Pour le militant rifain des droits de l’Homme Chakib Khyari, un débat national sur la légalisation de la culture de cannabis est une urgence. Voilà pourquoi.

« Au Maroc et même en Europe, la lutte contre le trafic de drogue est futile car il existe des moyens de détourner la vigilance des autorités ».

Après deux ans et trois mois passés en prison, Chakib Khyari fait de nouveau parler de lui. Fort de l’élan de solidarité dont il était entouré, suite à sa détention pour « transfert illégal d’argent » et « intelligence avec un pays étranger ». Sur fonds de déclarations et actions condamnant la gestion par l’Etat du dossier du trafic de drogue, le militant rifain et président de l’Association du Rif des droits de l’homme reprend du service. « Je reste fidèle à la voie que j’ai choisie, celle de combattre la prévarication et de défendre les droits de l’Homme », nous dit-il. Entretien.

Que devient l’Association du Rif des droits de l’Homme que vous présidiez avant votre incarcération ?
Avec mes camarades au sein de cette structure, nous avons procédé au renouvellement des structures de l’Association. Nous avons entamé depuis deux semaines la mise en place d’un plan d’action pour cette année, après avoir obtenu le récépissé final nous permettant de relancer nos activités. Nous tablons également sur la création prochaine d’un centre de soutien anti-corruption, sous la supervision de Transparency Maroc, dont nous serons l’un des partenaires. Ceci, en plus de la mise en place de programmes de formation, au profit des associations et des étudiants notamment, sur des thématiques se rapportant aux droits de l’Homme. Notre objectif est de soutenir la diffusion de la culture des droits de l’Homme dans une région qui connaît nombre de dépassements.

Qu’en est-il de vos positions sur la culture et le trafic du cannabis, votre autre champs de bataille ?
Je suis décidé à continuer le combat de la dénonciation de ce que cache ce dossier, avec les preuves. Et ni la prison ni une autre mesure ne m’en dissuaderont. Le trafic de drogue est un fait. Ce qui est plus dangereux, c’est ce que relèvent des rapports établis tant au Maroc qu’ailleurs, sur ces connexions qui commencent à naître entre les barons de drogue, les mafias du trafic d’armes et les groupes terroristes. La région est également de plus en plus inondée par les drogues dures que transportent les mêmes go-fast qui exportent le cannabis en Europe. Tout cela n’empêche pas bien des trafiquants d’investir l’espace politique de notre pays et nous entendons dire que de nombreux barons ont l’intention de se présenter aux prochaines élections. Or, comment peut-on concevoir une construction démocratique et la préservation de la sécurité nationale tout en fermant l’oeil sur cette situation ?

La lutte contre le trafic de drogue bat cependant son plein au Maroc. Quel regard portez-vous sur cela ?
Au Maroc et même en Europe, la lutte contre le trafic de drogue est futile car il existe des moyens de détourner la vigilance des autorités. La preuve la plus concrète est la récente évaluation de la politique internationale de lutte contre le trafic de drogues. Les rédacteurs du rapport ont appelé à légaliser la culture et l’exploitation du cannabis car les politiques de lutte sont un échec et ont engendré des conséquences graves  sur les communautés à travers le monde. Parmi ceux qui ont contribué à la rédaction du rapport, nous retrouvons Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations Unies, Javier Solana, Cesar Gaviria, ancien président de Colombie et bien d’autres personnalités de haut rang.

«Fouad Ali El Himma et Hamid Chabat ont, eux aussi, appelé à un débat sur la légalisation du cannabis».

Les nouveaux projets économiques qu’accueille le Nord, comme ceux de Marchica, peuvent-ils changer la dépendance des populations locales à la culture et au trafic de drogue ?
La région est connue pour être la capitale du trafic de drogue vers l’Europe, avec des centaines d’embarcations et de go-fast qui sillonnent la Méditerranée, sous le regard passif de nos autorités. D’ailleurs, en tant que président de l’association, j’avais adressé une lettre ouverte au roi, le 9 octobre 2006,  l’informant sur une affaire des services de sécurité qui avaient fermé les yeux sur un gros trafic de drogue en contrepartie d’une somme d’argent. C’est après la publication de cette lettre dans la presse qu’une grande compagne a été lancée pour transformer la région et en faire un site touristique. Mais le trafic ne mourra point tant qu’un vrai plan stratégique n’est pas  élaboré.

Plus que jamais, il est temps de soulever le débat sur la légalisation du cannabis. Où est ce que cela bloque ?
Avec des acteurs associatifs, des militants des droits de l’Homme  et des universitaires, nous avons rédigé un document afin d’ouvrir un débat public sur le thème.  Notre militantisme dans ce type d’actions n’est pas infondé. Nous nous basons sur la convention sur  la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, précisément l’article 14. Il y a aussi l’article 24 de la Déclaration des Nations Unies concernant les droits des peuples autochtones, qui stipule que «les peuples autochtones ont le droit d’exercer leur médecine traditionnelle et à conserver leurs pratiques médicales, et en particulier la conservation des plantes médicinale ».
Après mon arrestation, certains politiciens ont eux aussi soulevé cette question de légalisation de la culture du cannabis tels que Fouad Ali El Himma, qui avait appelé à Ketama à un débat national et Hamid Chabat, qui a fait de même. Mais les politiciens en général, n’ont pas encore pris le temps nécessaire pour étudier le sujet plus profondément. Et c’est ce que je compte faire avec mes collègues : vulgariser le sujet auprès des leaders d’opinion et les décideurs politiques.

Autre front que vous attaquez, la défense de l’amazighité. Que pensez-vous de la récente officialisation de cette langue ?
La reconnaissance de l’amazighe en tant que langue officielle est conditionnée par des lois réglementaires qui restent à adopter. Il s’agit d’un acquis considérable que le mouvement amazigh en général salue, après des décennies de lutte et de militantisme. Mais les derniers combats sur les réformes constitutionnelles ont montré qu’il existe des lobbies puissants contre l’amazighité. Pour sa part, le mouvement amazigh continuera d’exercer une pression en vue de faire adopter ces lois réglementaires afin d’officialiser la langue amazighe et l’intégrer aux différents niveaux de notre vie politique et dans les différents secteurs, de la santé à la Jutsice en passant par les médias et l’éducation. A cela s’ajoute la libération des défenseurs de l’amazighité comme Hamid Attouch et Mustapha Ousaya.◆


Les rencontres culturelles judéo-marocaines sont souvent l’occasion de cerner plusieurs quiproquos entre l’Islam et le Judaïsme. Rencontre avec Simon Ley, directeur du musée judéo-marocain.

«Entre les religions, la tolérance n’a jamais existé», a estimé Simon Lévy. Photo Yassine TOUMI

Organisé par la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, en partenariat avec le Mimouna club , le 3e Colloque annuel des journées juives marocaines s’est tenu mercredi  21 septembre, à Ifrane à l’Université Al-Akhawayn et a été suivi d’un second à Casablanca, organisé jeudi, au Musée du patrimoine judéo-marocain, dans le quartier de l’Oasis. Thème du débat : « Mohamed V, un juste parmi les Nations ». Une opportunité pour la communauté juive de rendre hommage à la tolérance universaliste du sultan. D’autres sujets ont été traités, tels que la darija dans les livres juifs et l’identité israélienne. Simon Levy, en aparté, nous livre quelques unes de ses positions sur ses sujets.

Pourquoi le fait de souligner que les juifs écrivaient en darija est important ?
C’est plus important que c’en a l’air. La majorité pense que les juifs parlent uniquement hébreu, alors que ce n’est pas vrai. Les juifs parlaient et écrivaient en darija comme les Marocains musulmans. Depuis 1860, l’Alliance israélite universelle, la plus grande association française de juifs, a imposé au Maroc d’enseigner uniquement la langue française au juifs. La langue qui progresse le plus au Maroc, c’est le français, pourquoi ? Parce que l’on ne fait aucun effort pour que l’arabe soit puissant. L’arabe est simple à l’oral mais compliqué à l’écrit. C’est malheureux.

Pourquoi dites-vous que l’Histoire du Maroc n’est pas intégrale et nous n’en avons que des bribes  ?
Malheureusement, dans les écoles marocaines, on n’enseigne que les exploits et les bonnes actions des sultans qui ont gouverné le Maroc. L’histoire du Maroc n’est pas uniquement faite de cela. Il  existe bien d’autres personalités et évènements majeurs, parfois désenchantants, qui ont marqué l’Histoire du Maroc et qui ne sont pas enseignés…

Y a-t-il une crise de l’Autre au Maroc dans le domaine religieux ?
Entre les religions, la tolérance n’a jamais existé. Elles se supportent. Les religions ne s’acceptent pas, ni au Maroc ni ailleurs.
Personnellement, je pense que si les trois religions monothéistes ont un même Dieu, cela signifie que c’est une même religion. Elles n’ont pas forcément les mêmes rites   et les mêmes traditions, mais c’est la même croyance. Est-ce qu’il n’est pas temps que les théologiens reconnaissent cela ?

Que va être le sort d’Israël après une reconnaissance de l’État palestinien ?
L’État d’Israël sera plus fort après la reconnaissance de l’État Palestinien, parce qu’il aura réglé une grande partie de ses problèmes. En tout cas, c’est mon souhait. J’espère que cette année, la question de la paix va être réglée une fois pour toute. Je trouve cela ridicule qu’un homme intelligent comme Obama n’ait pas compris cela, alors qu’il s’est fait élire pour ce problème précisément. Et le monde entier lui a fait confiance …

Êtes-vous pour ou contre la réouverture de l’ambassade d’Israël au Maroc ?
Cela n’est pas un problème. C’est simplement une politique pour faire plaisir à Israël et aux USA. Est-ce qu’on avait déjà eu un problème auparavant quand elle était ouverte ? Non. Mais il faut qu’Israël elle aussi donne quelque chose en retour.
En Israël, les gens commencent à prendre conscience du Printemps arabe. Il se trouve qu’une nouvelle jeunesse est plus souple et qu’il faut ouvrir avec elle un nouveau débat en Tunisie, en égypte, en Libye… Les leaders israéliens doivent revoir leur façon de faire la politique et l’adapter au nouveau visage du monde arabe. Reprendre un mouvement et des objectifs vers la paix, je le répète : vers la paix !

Quand et qui va nominer feu Mohamed V, « un juste parmi les nations », lui qui avait refusé de mettre en œuvre la politique judéophobe du gouvernement de Vichy ?
Nous considérons feu Mohamed V comme un juste parmi les nations, c’est déjà fait. Il y a plusieurs avenues Mohamed V à Israël.

Vous avez dernièrement critiqué la suppression du mot « juif » de la nouvelle Constitution marocaine et son remplacement par le mot « hébraïque ». Pourquoi ? 
Ceux, qui ont eu honte de mettre le mot «  juif » dans la nouvelle Constitution et ont cherché à le remplacer par le mot « hébraïque », n’ont rien compris à l’Histoire. « Hébraïque » ne veut rien dire du tout dans la Constitution.ça relève de l’Histoire ; ça date d’il y a 5 000 ans.
D’un côté, le Maroc fait un pas en avant en disant qu’il faut reconnaitre l’existence des juifs au Maroc, et, de l’autre, nous n’allons pas les appeler officiellement des juifs ? Qu’est ce que cela veut dire ? C’est ridicule. Je suis heureux d’avoir des droits au Maroc. Je ne me considère pas hébreu mais juif.


Le 27 décembre // mémoire de l’invasion et de l’assaut militaire israéliens dans la Bande de Gaza :

« Opération plomb durci ».

Aujourd’hui, Six Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne, selon l’armée et les médecins palestiniens. Ce drame a eu lieu a la veille du 27 décembre 2009, le premier anniversaire de l’invasion et de l’assaut militaire israéliens dans la Bande de Gaza connu sous le nom « Opération plomb durci ».          Cette guerre a débuté pour le rappeler,  un  27 décembre 2008, puis une légère trêve s’est imposée le 18 janvier 2008, puis une rapide reprise meurtrière aurait duré jusqu’au 25 mars 2008 (ou jusqu’à aujourd’hui [2009] ?).

Une invasion condamnée oralement par le monde entier, mais  oralement seulement.

Le je-m’en-foutisme  des états et des pouvoirs (tous confondus) a atteint son apogée cette année. Des responsables d’entreprises ont  même fait preuve de complicité sioniste ici, au Maroc.

Je vous invite à lire loyalement des articles concernant la dernière affaire du camarade Mohamed Benziane et à signer la pétition, si vous y adhérez…

Blog de larbi : http://bit.ly/7hAIfY

Pétition : http://bit.ly/7QSo1m

Une mort au ralenti est à souligner pendant toute cette période, puisqu’un rapport effectué par   » chercheurs sur les armes nouvelles » formé de scientifiques et  de médecins siégeant en Italie a révélé que « L’offensive israélienne Plomb durci menée il y a un an par l’entité sioniste a empoisonné la Bande de Gaza. ».

L’empoisonnement,  littéralement/médicalement parlant.

En effet, après des prélèvements,  le rapport parle de métaux lourds, tels que l’altangostin, le mercure, le cadmium, et le molybdène.

Ces derniers sont responsables de tumeurs, des problèmes de fertilité, des déformations chez les nouveau-nés et des maladies héréditaires.

« Mais le plus important est que c’est aussi la première fois que l’on observe de la molybdène, qui est un élément que l’on retrouve très rarement dans les sols. Il a été trouvé dans tous les cratères  à une concentration très élevée (0,1 à 12 ppm), dépassant le taux normal de 25 à 3000 fois »,  fait remarquer une experte.

Ce métal  s’attaque même aux embryons.

Une volonté d’en finir, sans aucun doute, définitivement, avec un peuple nommé Palestinien.

Je ne voudrais pas faire parti de cette terre pour annoncer un jour dans les medias au Monde entier qu’ « aujourd’hui, Israël  a sa terre Promise, la Palestine est désormais un Mythe ».

La guerre plomb durci a fait près de 1330 morts palestiniens et 13 morts israéliens. Des chiffres qui parlent et dérangent surtout les responsables arabes, nuls vraisemblablement en mathématique et en logique. Avec les attaques de ce matin là, il n’est pas difficile de comprendre que le mot Paix n’existe pas dans les dicos sionistes.

Une autre vérité amère, à part celle des armes chimiques, est celle de l’Agenda Religieux Israéliens. Je vous explique.

« Raisins de la colère», « Jour de pénitence » , « Nuages d’automne »,  « Hiver chaud »,  tout ces noms de codes des opérations militaires menées par Israël ont souvent des connotations  religieuses ou saisonnières. Et  « plomb durci » alors ?

Les israéliens ont une croyance forte en la terre promise par Dieu et ils s’attachent à leur Agenda religieux qui est l’ensemble des épisodes et des prophéties de leur Mishna et Tanakh (livres religieux juifs).

Comment je le sais ? Eh bien j’ai cherché à savoir sur le net d’où venait l’appellation « Plomb Durci ». J’ai eu la surprise de découvrir non seulement ce respect minutieux de l’agenda religieux juif mais aussi une origine poétique du non de cette guerre.

Haim Nachman Bialik (1873 – 1934),  l’un des pionniers de la poésie en langue hébraïque et connu comme le poète national d’Israël dit dans l’un de ses poèmes :

“Teacher bought a big top for me,

SOLID LEAD, the finest known.

In whose honor, for whose glory?

For Hanukkah alone. »

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« Maitre, achète-moi  une toupie
AU PLOMB DURCI, la plus belle connue.
En l’honneur de qui, pour qui la gloire?
Pour Hanoucca seulement.* »

*(Traduction personnelle)

Les militaires israéliens ont choisi de faire référence à ce poème traditionnel de la fête d’Hanoukka, la fête juive des Lumières ou de l’édification.

Aujourd’hui, jour du début des frappes aériennes israéliennes, était le sixième des huit jours de cette célébration.

On comprend mieux pourquoi six palestiniens ont été tués par l’armée israélienne samedi. Respect de culte et question de spiritualité…

S’il vous plait, une petite pensée aujourd’hui, aux âmes qui ont péri à Gaza, il y a une année maintenant….

Merci Bien, bonnes fêtes de fin d’année.