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Fiabilité des chiffres des élections législatives, désignation du chef du gouvernement, islamophobie étrangère, opposition du RNI, sort du Mouvement du 20 février… L’avocat et professeur des relations internationales à l’université Mohammed V, Tajjedine Houssaini dresse, pour Le Soir échos une esquisse du Maroc politique de demain.

élections - Résultats
45,4%… C’est le taux de participation aux élections législatives. Comment interprétez-vous ce chiffre ?

Le chiffre est fiable, mais on ne peut en considérer l’importance que si on le compare avec les scores d’avant. En 2007, le taux avait atteint les 37%. Cette année, il a atteint les 45,4%. Faut-il le rappeler, en 2007, il n’y avait pas d’appel au boycott. Malgré cela, nous avons pu, cette fois-ci, cumuler 7 points de plus. Conclusion : l’appel au boycott n’a pas été suivi. Ce qu’il faut savoir maintenant, c’est que le problème ne réside pas dans les chiffres annoncés ou l’appel au boycott mais bien dans l’action des partis politiques. Ces derniers ont très mal joué leur rôle et donc leur crédibilité a été biaisée. Résultat : la montée du PJD, le plus «potable» de tous.

La victoire du PJD est-elle une surprise ?
Cette victoire était prévisible pour trois raisons. La première est que nous sommes dans une logique de « village planétaire » et nous ne pouvons pas être à l’abri de la mouvance du Printemps arabe, voire mondiale. Nous vivons une seconde vague après celle du tout-économique, la vague de la mondialisation politique. Deuxièmement, depuis sa création,  le PJD a toujours fait en sorte d’être une parfaite opposition. Cette dernière lui a donc accordé une très forte crédibilité. Troisièmement, le programme du PJD est assez réaliste et les membres du parti sont des personnes sérieuses et qualifiées. Leurs slogans se sont distingués par des messages luttant contre la pauvreté et la dépravation. Les gens sont sensibles à cela.

Les Marocains ont-ils voté par sanction ?
Peut être. Le peuple marocain est intelligent et il savait que le choix du G8 allait entraîner le pays dans un cercle vicieux… très dangereux. Le Maroc ne veut pas vivre les épisodes qu’a vécu la Libye ou l’Égypte. Il veut expéri menter un nouveau parti, avec une nouvelle idéologie et de nouveaux visages.

« Le PJD cherche une majorité confortable. Donc, toutes les alliances sont bonnes à prendre ».

La Koutla peut-elle refuser l’alliance avec le PJD ?
Je ne pense pas ! Car même avant les élections, l’Istiqlal a toujours eu des contacts avec le PJD. Benkirane a même dit dernièrement qu’il était prêt à tous genres d’alliances, hormis avec le PAM. Le PJD cherche une majorité confortable. Donc, toutes les alliances sont bonnes à prendre.

L’article 47 de la nouvelle Constitution n’est pas assez clair sur la désignation du chef de gouvernement par le roi. Quelle est votre lecture de cet article ?
D’après l’article 47, le roi a l’obligation de choisir quelqu’un du parti vainqueur, le PJD. Maintenant est-ce que le roi va choisir ou non le secrétaire général du PJD… ? Il a le choix de désigner qui il veut comme chef de gouvernement, du PJD, bien évidemment.

Tajjedine Houssaini : «<em> Depuis la création du PJD, il a toujours fait en sorte d’être une parfaite opposition. Cette dernière lui a donc accordé une très forte crédibilité </em>». Tajjedine Houssaini : « Depuis la création du PJD, il a toujours fait en sorte d’être une parfaite opposition. Cette dernière lui a donc accordé une très forte crédibilité ».

La nouvelle Constitution accorde assez de pouvoir au prochain gouvernement. Le PJD pourrait-il faire l’exception et oser dire non au roi ? 
Je ne pense pas que le roi se mettrait dans une telle situation. La nouvelle Constitution parle d’un gouvernement responsable de son activité. Même le roi, dans son discours du 9 mars, avait dit clairement que l’exercice de la responsabilité se fait à travers l’interpellation et la reddition des comptes.

Comment expliquez-vous ce retour au conservatisme, un peu partout dans le monde ?
Dans les moments de crise, chaque société se réfugie dans sa religion ou retourne à son référentiel ancestral. Le retour aux origines et à l’authenticité est une manière de se sentir plus en sécurité et de prendre un départ plus rassurant. Mais, le Maroc n’a jamais été extrémiste. Le PJD, avec son «islam light», avec les Marocains, vont aller vers cette voie là car le futur gouvernement sait très bien que le Maroc entretient des relations très étroites avec des pays étrangers.

Comment voyez-vous les relations internationales avec un Maroc islamiste ? 
Je pense que le PJD sera assez ouvert à la modernité. Même quand on lit ces derniers temps la presse internationale, on remarque des articles assez optimistes.

Le RNI ferait-il une bonne opposition ?
Cela dépendra des moyens qu’il mettra en œuvre, mais il a intérêt à faire pression quand il le faut. L’opposition est appelée à être forte car la nouvelle Constitution l’a institutionnalisée. Elle est appelée aussi à travailler sérieusement et à prouver, en cas d’ingérence, que ceux qui dirigent ne sont pas à leur place.

Quel avenir pour le M20F ?
Je pense que le M20F a fait beaucoup de bien au Maroc. Il ne faut pas le nier. Il était un moyen d’exercer la pression pour arriver aux réformes et changements souhaités. Mais, je pense que sa force va diminuer s’il s’éloigne de ces principes fondamentaux et s’il ne cesse pas de se laisser influencer et d’accepter dans son idéologie les adlistes, le PADS ou encore Annahj. Le M20F doit revenir absolument à ses actions militantes initiales.

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Le taux de participation aux éléctions législatives marocains du vendredi a atteint les 45,4%. Un chiffre qui en dit long sur l’abstention du vote des boycotteurs. Al Adl et le Mouvement du 20 février parlent d’une victoire et d’un vote de sanction.

« 45,4% sur les 13 millions et demi qui on voté est une victoire pour nous, les boycotteurs car cela nous fait, avec un simple calcul mental, quelques 6 millions de marocains qui ont réellement voté sur 21 millions de marocains en âge de vote. », explique Abouaamar Tafnout, l’une des figures actives du M20F. Pour ce dernier tout comme pour les Adlistes boycotteurs, les chiffres sont non seulement faibles mais irréalistes. Benajeh Hassan, chef du bureau du porte parole d’Al Adl avance que « Le taux de participation est un chiffre falsifié et nous ne sommes pas les seuls à le dire. Même les observateurs ont remarqué des irrégularités. Ce sont toujours les mêmes personnes qui organisent les éléctions, les mêmes méthodes de pression exercées et les mêmes magouilles de corruption. Les boycotteurs n’ont pas été pris en considération et c’est eux qui on triomphé dans ces élections de 2011. En tout cas, les résultats finaux vont tout dévoiler ».

L’espoir des boycotteurs

Mais, à la veille des résultats, déjà, certains membres du M20F avaient exprimé leur joie concernant la victoire du PJD. Abouaamar, pour son compte exprime son espoir pour le PJD mais reste réticent pour ne montrer aucune émotion déplacée : « Le PJD est une expérience à essayer. C’est un parti qu’on respecte beaucoup de part sa ponctualité et sont travail sérieux. J’espère que pour une fois nous aurons tort d’avoir boycotter même si je reste sceptique concernant leur idéologie ». D’une vision plus conservatrice et plus jalouse, Al Adl revient aux constantes de la démocratie et dénoncent les mauvaises bases sur lesquelles se construit la politique du pays. L’avis de Benajeh vire au désespoir : « Que certains exprime leur joie ou leur colère, elle n’est pas là la vrai question. Il ne faut pas oublier l’amère vérité qui est que le M20F a fait plusieurs revendications et voulait voir naitre une constitution démocratique émanant de la voix du peuple. Que nenni ! Rien de tous cela n’a été réalisé ! ». Pour ce dernier, les chiffres ont été un fiasco et « les élections ont été un chaos d’abstentions et le futur gouvernement ne gouvernera pas. » Mais, cet adliste ne nie pas le fait qu’il existe « forcement de bonnes volontés, mais ces dernières s’asphyxient aussitôt à cause de la mauvaise foi de la gouvernance. » Et la personne que Benajeh montre du doigt est « le roi qui monopolise tous les pouvoirs. Nous avons toujours demandé à ce que les problèmes du pays se règlent à partir de leur racine », explique le chef du bureau du porte parole d’Al Adl. En tout cas, Adlistes ou M20F, les deux parlent d’un résultat à la base « faussé ». « . Je pense que les résultats des élections en faveur du PJD expriment un vote de sanction. Les gens ont choisi le moins pire des partis politiques. », nous révèle Abouaamar.

Manifestations aujourd’hui et toujours

 

Grands nombres des marocains pensaient que le M20F se calmerait après la montée du PJD, l’ex-opposition du gouvernement. Mais les manifestants sont loin d’arrêter leur marche et leur militantisme. « Si les choses vont de l’avant nous allons le constater et l’approuver car nous sommes pour le changement et pour l’évolution de notre pays. On ne manifeste pas pour le plaisir mais pour bien faire bouger la situation actuelle du Maroc. On revendique quand cela va mal et j’espère que les choses n’iront que vers l’amélioration désormais. », précise Abouaamar. Même son de cloche du côté d’Al Adl avec un vocabulaire plus tenace, le chef du bureau du porte parole de l’Adl réaffirme son appartenance au mouvement contestataire : « Nous avons décidez avec le M20F de persister nos manifestations et aujourd’hui nous organisons des marches dans plus de 80 villes du royaume afin d’exprimer notre refus catégorique des résultats trichés des éléctions et de confirmer la persistance de nos marches avec le M20F dont nous faisons partie. », conclut Benajeh.  Décidément le PJD a déjà la tâche dure. Le gouvernement acquis, reste à conquérir maintenant le cœur des boycotteurs…

 


Ce sont des partis locaux comme les autres, avec ou sans programme électoral…. À ceci près que leurs noms et leur discours sont assez rigolos… Aperçu des partis MDR marocains !

Parmi les candidats : le Parti du savon noir, le Parti de l’âne démocratique ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines.

« Le Parti du sabone el beldi [savon noir] est le symbole de la lutte contre les saletés du pays. Nos orientations politiques sont de gauche-droite, Nord-Sud et horizontale-verticale… Glissez avec le Parti du sabone el beldi (PSB) et ne vous arrêtez jamais de militer ! »… C’est avec ces phrases bizarres et à peine déchiffrables que commence son discours de campagne le docteur Koteha, mascotte du PSB. D’une durée de trois minutes, la réalisation satirique du réalisateur artistique marocain Rachid Jadir ne manque pas d’humour. Des vidéos sur Youtube aux groupes Facebook, les partis, qui tournent à la dérision les programmes politiques en cette période de campagne électorale, fourmillent sur la Toile marocaine. Outre le PSB, le PÂDM, le PUV et le PTK sont les plus appréciés.

Revendications

حزب الصابون البلدي

Le PSB, avec ses 3 105 membres, semble être un simple parti humoristique marocain. Mais une fois que l’on l’analyse, le discours du Dr Koteha met, en réalité, à nu les revendications des manifestants avec un brin d’exagération, empli de sous-entendus. « Concernant les droits de la femme, nous lui donnerons l’occasion de se venger de toutes les années de déperdition et de hogra. Nous lui accorderons un mariage de quatre hommes jusqu’à l’infini, et nous imposerons à ces derniers le voile et des lunettes de soleil. Nous donnerons aussi aux femmes la liberté de se déshabiller et nous veillerons à ce qu’elles soient transparentes et bien formées… », peut-on écouter dans la vidéo du PSB. Pour le slogan, les interprétations sont les bienvenus. « Notre slogan est le suivant : ensemble pour lutter contre alfassas et almoufssissines… » Sûrement une méchante dyslexie du Dr Koteha, qui voulait parler de « dépravation » et de « dépravés». « Une blague sur El Fassi », conclut Rachid Jadir.

Si le PSB est le seul parti humoristique à avoir, à sa façon, vraiment joué le jeu de la campagne électorale, d’autres ont de leur côté un programme, des commentaires ou des idéologies assez insolites. Avec ses 626 membres, le Parti de l’âne démocratique marocain (PÂDM) tient un discours bref, concis mais très populaire. En guise d’insoumission, le parti met les points sur les «i» : « Nous mourrons, oui, mais nous ôterons la selle de nos dos… », peut-on lire dans la présentation de la page Facebook du PÂDM.

Concernant les motifs qui poussent certains à y « militer », ils convergent vers la même chose, et le message est même à connotation phallocratique : « Après une longue réflexion, nous avons décidé de voter pour le parti de l’âne car son programme est clair et très long et ne connaît que la droiture… Votez [pour] l’âne et vous ne serez jamais déçus ! ».

« No, we cant ! »

Le Parti ultra-vide (PUV), quant à lui, n’a « pas de programme, pas de vision, pas de stratégie. Il ne propose rien et ne mettra rien en œuvre pour y parvenir. Quand il n’applique pas à la lettre la politique de la chaise vide, le PUV se réunit à huis clos pour exclure les illuminés qui tenteraient de faire quelque chose », peut-on lire sur la page Facebook de ce parti. Rassemblant autour de lui 136 membres, le slogan du PUV peut paraître très anti-Obama : « No, we cant! » Les partisans de cette formation ce sont amusés à faire leurs propres propositions. Par exemple : « On sera de droite les jours pairs et de gauche les jours impairs », ou encore « Une carte de paresse sera distribuée au plus inactifs… », peut-on lire sur l’un des commentaires. Dans un discours plus « politique », le PUV se prononce : « Position officielle du PUV concernant les élections : on ne sait pas. Aucun de nos militants ne s’est penché sur le sujet. » Et pour couronner le tout, le PUV n’est pas un fanatique du boycott, encore moins du vote : « Certains appellent au vote, d’autres au boycott, le PUV n’appelle à rien du tout ! »

D’autres partis, tels que le Parti de tassa et kartassa (Parti de l’alcool et du plomb) ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines (PSLSCM), ont une rhétorique nettement plus libertaire. Ils promettent en effet dans leur programme électoral de « rapprocher les dealers de drogues et les citoyens », d’« accorder des réductions pour les fêtards » ou même de « miser sur l’enseignement en prônant les valeurs de la soumission.» ça promet pour le prochain gouvernement (version humoristique).


Nous vivons une crise politique assidue. Nous avons tous pris –même si tard un peu- conscience de notre inconscience. Les responsabilités politiques sont entrain de « dégager » en réponse intelligible aux nombreux « DEGAGE » scandés dans les manifestations de février 2011 ou bien avant. Combien de fois avons-nous entendu cette phrase nauséabonde et migraineuse : «  je m’en fous. Lah Ghaleb. Ils sont tous des voleurs. » A ce point, nous lâchons prise, nous les marocains ? Je n’ai jamais connu de marocains qui rendent les armes ainsi ? Les boycotteurs iront se réfugier dans le temple du M20F ? Ce dernier n’est qu’un paracétamol social, un défouloir magnifique de revendications et son existence est certes inéluctable, mais en parallèle, l’acte du vote est une complémentarité nécessaire.

Si j’ai pris la décision aujourd’hui de voter, ce n’est pas parce qu’hier ou la semaine dernière mais amis USFPistes ou RNIstes ou PJDistes (ou autres) m’ont fait un lavage de cerveau ou ont essayé de me convaincre mais les raisons sont autres.

 

J’ai pris la décision de voter pour donner tort aux boycotteurs et empêcher les politiciens dépravés de décrocher encore une fois la tête du futur gouvernement. Ma décision de voter vient aussi du fait que je suis optimiste. Tout est entrain de muter vers l’amélioration. Rien au Maroc n’est plus comme auparavant. Pour la petite histoire, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais j’ai constaté durant la campagne électorale la présence d’un type de femmes voilées en jellaba, manches retroussées entrain de faire la promotion de leur parti, et ces femmes là m’ont assuré n’avoir pas touché un sou de corruption. Ces femmes là le font par amour au Pays, par amour à leur mari ou encore par éveil- tout simplement. Partout dans le monde nous assistons à des scènes de corruption dans ce genre de jeu politique… Il ne faut quand même pas chercher la perfection, encore moins vouloir agir en terme de transmutation de valeurs morales. La philosophie du marteau est entrain de s’installer petit à petit au Maroc. Il faut fustiger les dépravés et leur lancer un regard noir… ; en votant. Le RNI a un programme économique alléchant et c’est normal. Le PJD a un programme social dévoué et c’est obligé. L’USFP pour son compte a derrière lui des légendes qui peuvent à n’importe quel moment de la vie politique du Maroc ressusciter. Les autres parties ont eux aussi de l’ambition mais pas assez de communication, pas assez de conscience, pas assez de mentalité 2.0. Je vote donc par élimination. Non pas parce que je n’ai pas le choix mais par ce que j’ai un pressentiment aussi qu’il faut voter cette année là. Nous avons tous une nouvelle responsabilité qui surgit de je ne sais ou –comme l’envie de manger, de rigoler, de dormir- nous avons une envie d’être politiquement responsable. Sans le vote, aucune trace de notre action ne sera retenue. Quand on ne participe pas à un événement national, j’ai personnellement l’impression d’avoir raté une chance de me responsabiliser, de donner mon avis, de me battre contre une loi, une croyance, un circulaire…

La jeunesse marocaine fuit les urnes non seulement parce que les institutions sont dépravées, mais aussi parce que les règles du jeu politique sans dur à comprendre. La règle du jeu est tout de même simple –simpliste j’allais dire- c’est prendre une décision. Et c’est ce que j’ai fait aujourd’hui – et j’estime que ca comment par là- j’ai décidé de voter. J’estime aussi que chacun d’entre nous devrait convaincre le maximum de son entourage à voter. C’est un projet d’avenir collectif et il faut le réussir. Le boycott n’a pas de double choix. Le boycotteur va constamment avec l’idée du tous-pourris, alors que tout le monde sait que nous sommes un tantinet responsables de ce tous-pourri et c’est pourquoi il faut donner sa voix… « On n’est pas assez impliqués », me diraient certains. Et bien votez et proposons tous un nouveau contrat social. Internet au Maroc jouit d’une immense démocratie. Avouons alors qu’une grande partie de cette dernière et acquis. Avons-nous fait assez de bonnes actions avec ? « Mais je n’ai  pas envie de voter, c’est mon droit», va rétorquer un boycotteur. En s’unissant, nos votes tonifieront cette démocratie incomplète… répondrais-je. Enfin, je vote aussi pour faire de la force de notre union un énorme pas social de changement, sans violence ni baltajisme. Je vote car plus on vote et plus notre pouvoir est légitime. Je vote car plus on vote et plus nous mettrons de la pression positive sur nos élus que nous avons-nous même choisi, pour une fois. Je vote, oui,  mais si on continu dans la même trajectoire de la dépravation, c’est la première et la dernière fois que je vote, ce vendredi 25 Novembre 2011.


Le président du conseil national du PJD, Saâdeddine El Othmani revient dans cette interview sur les chances de son parti de remporter les élections 2011. Pour lui, sa formation arrivera première ou deuxième. Et Benkirane, ou lui-même, sont habilités à briguer le poste de chef de gouvernement.

Saâdeddine El Othmani : « Une chose est sûre : le PJD sera soit premier soit deuxième ».

Où en êtes-vous dans vos préparatifs des élections du 25 novembre prochain ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes sur énormément de choses. Urgence oblige. Nous planchons actuellement sur l’élaboration de notre programme pour les élections du 25 novembre prochain. Le programme du PJD sera annoncé officiellement et publiquement dans une semaine. Nous travaillons également sur la préparation des listes de nos candidats pour ce scrutin. Nous menons, aussi, une campagne à l’échelle nationale pour inciter nos concitoyens à s’inscrire et participer à ce rendez-vous. Nous sommes en train de travailler sur la création des structures à même de veiller au bon déroulement de notre participation aux élections. Nous préparons, à cet effet, un staff pour la gestion de la campagne électorale et nous formons nos hommes à cela.

Quelles sont vos ambitions par rapport à ce scrutin ?
Par rapport à nos chances, il est clair qu’avancer dès aujourd’hui des pronostics serait inopportun. Mais une chose est sûre : le PJD sera soit  premier soit deuxième. Ce ne sont pas des paroles en l’air, mais une déduction basée sur nos précédentes participations. À commencer par les élections de 2007. Autrement, nous faisons confiance aux électeurs. C’est à eux que revient le dernier mot.

Vous êtes connu pour avoir une bonne place en milieu urbain. Mais le rural et le Sahara, où vous êtes peu ou mal représentés, constituent votre talon d’Achille. Comment songez-vous-y remédier ?
Je pense que nous avons assez de personnes qui gagneront la confiance de ces régions-là. D’ailleurs, nous avons dressé un programme de communication propre, aussi bien pour le Sahara que pour le monde rural.

A l’heure où bon nombre de partis sont en train de se regrouper, quelles sont vos options d’alliance ? 
Nous pourrons répondre à cette question une fois les élections passées, car c’est après ces dernières que tout sera fixé. À ce moment-là, tout sera clair. Ensuite, nous verrons s’il y aura des alliances; selon les affinités de chaque parti politique.

Pourtant, le PJD a déjà lancé des appels à l’Istiqlal puis à la Koutla. Qu’en est-il aujourd’hui ? 
C’est possible. Mais je ne sais pas si votre constat est valable pour la Koutla. Des membres du parti ont, certes, fait des déclarations dans ce sens, mais cette démarche n’engage en rien le PJD en tant que parti.

Nous avons dressé un programme de communication propre, aussi bien pour le Sahara que pour le monde rural.

Toujours en relation avec les alliances, que pensez-vous de celle que vient de nouer le RNI, le PAM, le MP et cinq autres formations ?
Je ne crois pas que ce soit un obstacle pour nous. Pour la simple raison que cette alliance des 8 est des plus vulnérables. Toutes les alliances actuelles vont être revues et de nouveaux regroupements vont se faire en se basant sur le résultat des élections du 25 novembre. En attendant, je demande à voir ce que ce G8 va bien pouvoir donner.

Abdelilah Benkirane peut-il devenir chef de gouvernement ou préférez-vous laisser ce poste à une personne venant d’un autre parti, avec lequel vous serez en alliance pour la formation d’un gouvernement ? 
Bien sûr qu’il peut devenir chef du gouvernement ! Tout d’abord parce que le secrétaire général du PJD, c’est lui et qu’il peut légitimement briguer ce poste si nous sommes premiers à l’issue du scrutin. Ensuite, parce qu’il bénéficie d’une aura indéniable et qu’il compte, au sein comme à l’extérieur du parti, de nombreux sympathisants. Et au PJD, les choses sont d’ores et déjà tranchées : pour la candidature au poste de Premier ministre, ce sera ou Abdelilah Benkirane…ou moi-même.◆