Archives de la catégorie ‘Kdoub’


Ce sont des partis locaux comme les autres, avec ou sans programme électoral…. À ceci près que leurs noms et leur discours sont assez rigolos… Aperçu des partis MDR marocains !

Parmi les candidats : le Parti du savon noir, le Parti de l’âne démocratique ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines.

« Le Parti du sabone el beldi [savon noir] est le symbole de la lutte contre les saletés du pays. Nos orientations politiques sont de gauche-droite, Nord-Sud et horizontale-verticale… Glissez avec le Parti du sabone el beldi (PSB) et ne vous arrêtez jamais de militer ! »… C’est avec ces phrases bizarres et à peine déchiffrables que commence son discours de campagne le docteur Koteha, mascotte du PSB. D’une durée de trois minutes, la réalisation satirique du réalisateur artistique marocain Rachid Jadir ne manque pas d’humour. Des vidéos sur Youtube aux groupes Facebook, les partis, qui tournent à la dérision les programmes politiques en cette période de campagne électorale, fourmillent sur la Toile marocaine. Outre le PSB, le PÂDM, le PUV et le PTK sont les plus appréciés.

Revendications

حزب الصابون البلدي

Le PSB, avec ses 3 105 membres, semble être un simple parti humoristique marocain. Mais une fois que l’on l’analyse, le discours du Dr Koteha met, en réalité, à nu les revendications des manifestants avec un brin d’exagération, empli de sous-entendus. « Concernant les droits de la femme, nous lui donnerons l’occasion de se venger de toutes les années de déperdition et de hogra. Nous lui accorderons un mariage de quatre hommes jusqu’à l’infini, et nous imposerons à ces derniers le voile et des lunettes de soleil. Nous donnerons aussi aux femmes la liberté de se déshabiller et nous veillerons à ce qu’elles soient transparentes et bien formées… », peut-on écouter dans la vidéo du PSB. Pour le slogan, les interprétations sont les bienvenus. « Notre slogan est le suivant : ensemble pour lutter contre alfassas et almoufssissines… » Sûrement une méchante dyslexie du Dr Koteha, qui voulait parler de « dépravation » et de « dépravés». « Une blague sur El Fassi », conclut Rachid Jadir.

Si le PSB est le seul parti humoristique à avoir, à sa façon, vraiment joué le jeu de la campagne électorale, d’autres ont de leur côté un programme, des commentaires ou des idéologies assez insolites. Avec ses 626 membres, le Parti de l’âne démocratique marocain (PÂDM) tient un discours bref, concis mais très populaire. En guise d’insoumission, le parti met les points sur les «i» : « Nous mourrons, oui, mais nous ôterons la selle de nos dos… », peut-on lire dans la présentation de la page Facebook du PÂDM.

Concernant les motifs qui poussent certains à y « militer », ils convergent vers la même chose, et le message est même à connotation phallocratique : « Après une longue réflexion, nous avons décidé de voter pour le parti de l’âne car son programme est clair et très long et ne connaît que la droiture… Votez [pour] l’âne et vous ne serez jamais déçus ! ».

« No, we cant ! »

Le Parti ultra-vide (PUV), quant à lui, n’a « pas de programme, pas de vision, pas de stratégie. Il ne propose rien et ne mettra rien en œuvre pour y parvenir. Quand il n’applique pas à la lettre la politique de la chaise vide, le PUV se réunit à huis clos pour exclure les illuminés qui tenteraient de faire quelque chose », peut-on lire sur la page Facebook de ce parti. Rassemblant autour de lui 136 membres, le slogan du PUV peut paraître très anti-Obama : « No, we cant! » Les partisans de cette formation ce sont amusés à faire leurs propres propositions. Par exemple : « On sera de droite les jours pairs et de gauche les jours impairs », ou encore « Une carte de paresse sera distribuée au plus inactifs… », peut-on lire sur l’un des commentaires. Dans un discours plus « politique », le PUV se prononce : « Position officielle du PUV concernant les élections : on ne sait pas. Aucun de nos militants ne s’est penché sur le sujet. » Et pour couronner le tout, le PUV n’est pas un fanatique du boycott, encore moins du vote : « Certains appellent au vote, d’autres au boycott, le PUV n’appelle à rien du tout ! »

D’autres partis, tels que le Parti de tassa et kartassa (Parti de l’alcool et du plomb) ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines (PSLSCM), ont une rhétorique nettement plus libertaire. Ils promettent en effet dans leur programme électoral de « rapprocher les dealers de drogues et les citoyens », d’« accorder des réductions pour les fêtards » ou même de « miser sur l’enseignement en prônant les valeurs de la soumission.» ça promet pour le prochain gouvernement (version humoristique).


Nous vivons une crise politique assidue. Nous avons tous pris –même si tard un peu- conscience de notre inconscience. Les responsabilités politiques sont entrain de « dégager » en réponse intelligible aux nombreux « DEGAGE » scandés dans les manifestations de février 2011 ou bien avant. Combien de fois avons-nous entendu cette phrase nauséabonde et migraineuse : «  je m’en fous. Lah Ghaleb. Ils sont tous des voleurs. » A ce point, nous lâchons prise, nous les marocains ? Je n’ai jamais connu de marocains qui rendent les armes ainsi ? Les boycotteurs iront se réfugier dans le temple du M20F ? Ce dernier n’est qu’un paracétamol social, un défouloir magnifique de revendications et son existence est certes inéluctable, mais en parallèle, l’acte du vote est une complémentarité nécessaire.

Si j’ai pris la décision aujourd’hui de voter, ce n’est pas parce qu’hier ou la semaine dernière mais amis USFPistes ou RNIstes ou PJDistes (ou autres) m’ont fait un lavage de cerveau ou ont essayé de me convaincre mais les raisons sont autres.

 

J’ai pris la décision de voter pour donner tort aux boycotteurs et empêcher les politiciens dépravés de décrocher encore une fois la tête du futur gouvernement. Ma décision de voter vient aussi du fait que je suis optimiste. Tout est entrain de muter vers l’amélioration. Rien au Maroc n’est plus comme auparavant. Pour la petite histoire, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais j’ai constaté durant la campagne électorale la présence d’un type de femmes voilées en jellaba, manches retroussées entrain de faire la promotion de leur parti, et ces femmes là m’ont assuré n’avoir pas touché un sou de corruption. Ces femmes là le font par amour au Pays, par amour à leur mari ou encore par éveil- tout simplement. Partout dans le monde nous assistons à des scènes de corruption dans ce genre de jeu politique… Il ne faut quand même pas chercher la perfection, encore moins vouloir agir en terme de transmutation de valeurs morales. La philosophie du marteau est entrain de s’installer petit à petit au Maroc. Il faut fustiger les dépravés et leur lancer un regard noir… ; en votant. Le RNI a un programme économique alléchant et c’est normal. Le PJD a un programme social dévoué et c’est obligé. L’USFP pour son compte a derrière lui des légendes qui peuvent à n’importe quel moment de la vie politique du Maroc ressusciter. Les autres parties ont eux aussi de l’ambition mais pas assez de communication, pas assez de conscience, pas assez de mentalité 2.0. Je vote donc par élimination. Non pas parce que je n’ai pas le choix mais par ce que j’ai un pressentiment aussi qu’il faut voter cette année là. Nous avons tous une nouvelle responsabilité qui surgit de je ne sais ou –comme l’envie de manger, de rigoler, de dormir- nous avons une envie d’être politiquement responsable. Sans le vote, aucune trace de notre action ne sera retenue. Quand on ne participe pas à un événement national, j’ai personnellement l’impression d’avoir raté une chance de me responsabiliser, de donner mon avis, de me battre contre une loi, une croyance, un circulaire…

La jeunesse marocaine fuit les urnes non seulement parce que les institutions sont dépravées, mais aussi parce que les règles du jeu politique sans dur à comprendre. La règle du jeu est tout de même simple –simpliste j’allais dire- c’est prendre une décision. Et c’est ce que j’ai fait aujourd’hui – et j’estime que ca comment par là- j’ai décidé de voter. J’estime aussi que chacun d’entre nous devrait convaincre le maximum de son entourage à voter. C’est un projet d’avenir collectif et il faut le réussir. Le boycott n’a pas de double choix. Le boycotteur va constamment avec l’idée du tous-pourris, alors que tout le monde sait que nous sommes un tantinet responsables de ce tous-pourri et c’est pourquoi il faut donner sa voix… « On n’est pas assez impliqués », me diraient certains. Et bien votez et proposons tous un nouveau contrat social. Internet au Maroc jouit d’une immense démocratie. Avouons alors qu’une grande partie de cette dernière et acquis. Avons-nous fait assez de bonnes actions avec ? « Mais je n’ai  pas envie de voter, c’est mon droit», va rétorquer un boycotteur. En s’unissant, nos votes tonifieront cette démocratie incomplète… répondrais-je. Enfin, je vote aussi pour faire de la force de notre union un énorme pas social de changement, sans violence ni baltajisme. Je vote car plus on vote et plus notre pouvoir est légitime. Je vote car plus on vote et plus nous mettrons de la pression positive sur nos élus que nous avons-nous même choisi, pour une fois. Je vote, oui,  mais si on continu dans la même trajectoire de la dépravation, c’est la première et la dernière fois que je vote, ce vendredi 25 Novembre 2011.


Une liste de sites marocains aurait été piratée par des hackers algériens. L’opération aurait été menée en réponse à une attaque hacktiviste marocaine contre plusieurs sites gouvernementaux algériens.

Hackers
Dimanche (06 novembre 2011) , des hacktivistes marocains auraient piraté des sites gouvernementaux et financiers algériens parmi lesquels figurent ceux  de la Direction générale des impôts, le ministère de l’Énergie et des Mines, la Direction des grandes entreprises, la Wilaya, le site du foncier économique algérien ou encore le Ministère de l’Industrie algérien, d’après le site algérien « Tout sur l’Algérie » (TSA). «174 sites ont été piratés par des hackers algériens», a indiqué mardi un des hackers dans un message adressé au site algérien TSA. Mais, en visitant cette liste exagérée « où les noms des sites sont répétés plus de deux fois », comme le fait remarquer un internaute marocain, seuls une dizaine de sites marocains auraient succombé aux coups de l’attaque cybercriminelle algérienne. Jusqu’à hier, tous les sites marocains de ladite liste étaient opérationnels, hormis innovate.ma et buzznbuzz.net.

Des messages flous, mais haineux

Les hacktivistes algériens, durant ces derniers jours, n’ont pas lésiné sur les messages de haine qu’on pouvait lire mardi sur les sites marocains piratés : « F*** triple Hack », ou encore «En réponse à un groupe de marocains idiots ». Du côté marocain, le verbe a été moins vulgaire mais plus populiste. L’occasion prétexte aurait été la fête de la Marche verte, célébrée dimanche.

Les sites marocains hackés comporttaient des messages insultants.Les sites marocains hackés comporttaient des messages insultants.

Sur un arrière-plan noir, avec la musique de l’hymne national comme fond sonore, les hacktivistes marocains ont laissé le message « Les forces de dissuasion marocaines défendent les intérêts suprêmes du Royaume » sur le site de la Direction générale des impôts algérienne. Signant leur « exploit » par Xdz-Team, ces hacktivistes marocains affichent leur royalisme par d’autres messages comme « Dieu, la Patrie et le Roi » et « Le Sahara est marocain, n’en déplaise aux Algériens ».

Ce qui reste flou dans cette histoire, c’est que d’autres hacktivistes marocains ou algériens auraient piraté des sites de leur propre pays afin d’étaler leur savoir en la matière. « Dans le temps, les guerres se menaient au front et non pas en face d’un écran », commentait un internaute algérien sur le site TSA. Mais, les internautes marocains préfèrent ne pas donner de dimension politique à cet incident, car « il n’est question que d’une faille informatique générale, il ne faut pas exagérer ! », conclut un marocain sur le réseau de microblogging, Twitter.


En novembre 2010, les fortes pluies qui se sont abattues sur le Maroc, et surtout sur la région de Casablanca ont causé d’énormes dégâts. La Lydec a-t-elle retenu la leçon et prévu un plan pour contrer les aléas de la pluviométrie ? Réponses et clarifications d’une responsable.

Les réseaux aménagés pour les pluies sont dimensionnés pour des pluies décennales avec un seuil technique fixé par le contrat de gestion déléguée.  Photo Yassine TOUMILes réseaux aménagés pour les pluies sont dimensionnés pour des pluies décennales avec un seuil technique fixé par le contrat de gestion déléguée. Photo Yassine TOUMI

Il a fallu quelques heures de pluie pour voir, ces derniers jours, des égouts bouchés et des rues inondées. Jean’s mouillés jusqu’aux genoux, un passant ne cache pas sa colère : « Sajid, le ministère de l’Équipement et la Lydec sont tous responsables de la situation chaotique de Casablanca. Le mot gestion, chez eux, fait défaut ».

Le Soir échos s’est adressé aux «mis en cause» pour avoir des réponses aux questions que se posent le citoyen lambda.Alors que Sajid est resté injoignable, au ministère de l’Équipement c’est  Khadija Bourara, conseillère en communication du ministre qui nopus apprend qu’ « Un livre blanc, récemment publié, contient toutes les réponses que se poseraient les gens sur les questions d’infrastructure et de gestion d’intempéries. Il faut passer le prendre au ministère ou le commander».

Seule Bouchra Ghiati, directeur de la communication à la Lydec a bien voulu s’expliquer et faire la part des choses. « Les réseaux aménagés pour les pluies sont dimensionnés pour des pluies décennales (22 mm/heure, NDA), un seuil technique fixé par le contrat de gestion déléguée. C’est donc une pluie plus que centennale qui a été enregistrée fin novembre 2010, dépassant tous les précédents records avec un cumul de précipitations sur 24h équivalent à 50 % du total annuel habituel», précise-t-elle. De plus, le désastre est naturel et il serait malhonnête de ne culpabiliser que les humains.

Les chantiers et travaux, tels que le Tramway ou le TGV, seront  mis sous haute protection contre les intempéries.

« Oued Bouskoura est sorti de son lit et a inondé les quartiers riverains de la route d’El Jadida au quartier Beau Séjour. Plusieurs bassins d’orage ont débordé et plusieurs quartiers d’habitats informels non équipés ont été inondés. L’élévation du niveau de la nappe phréatique et les ruissellements ont, en outre, provoqué l’inondation de sous-sols et de nombreux postes de distribution publique d’électricité. », remarque Bouchra Ghiati. Mais, du moment que la situation reste gérable, et une fois que la nature attaque, la Lydec contre-attaque. « Nos équipes se sont mobilisées pour faciliter l’écoulement des eaux (ouverture des tampons de regards, dégagement des ordures et gravas apportés par les ruissellements, pompage des trémies…) et à intervenir, avec l’appui de la Protection Civile dans les zones non équipées », détaille Bouchra. Quelque 350 000 m³ ont été pompés  dans 16 douars à Casablanca. En ce qui concerne l’assainissement, près de 710 collaborateurs de Lydec (sur les 1200 mobilisés) et 200 agents d’entreprises sous-traitantes ont été déployés sur le terrain avec 19 hydro-cureuses et 50 motopompes. Si l’année 2010 était hyper-pluvieuse, la Lydec ne se mobilise pas que dans les cas critiques.

De Charybde en Scylla

Hormis la gestion des eaux, la Lydec fait aussi dans l’écologie. Les égouts, remplis de gravats de chantier, de déchets ménagers, de sacs en plastique, de filasses en provenance des industries textiles entre autres, sont  péniblement nettoyés. « De septembre 2010 à fin août 2011, nos actions ont permis de retirer plus de 25.000 m3 de sédiments (soit l’équivalent de la charge de 950 camions semi remorques), d’évacuer des rejets en mer avec plus de 3.800 m3 de sable (soit l’équivalent de la charge de 190 camions semi-remorques, NDA) et de nettoyer plus de 90.000 ouvrages (grilles et avaloirs, NDA) », explique Bouchra. En plus de cela, la directrice de communication de la Lydec parle «d’efforts supplémentaires », fournis pour éviter le drame avant d’ajouter  « Durant le 1er semestre 2011, Lydec a renforcé la capacité de pompage à l’échelle de la ville, ainsi que les moyens d’intervention de proximité (pompes et groupes électrogènes) dans les zones à risque. Ces moyens ont été décentralisés pour être au plus près des points sensibles. De leur côté, les autorités prévoient d’intensifier les actions de mise en conformité avec les règles de l’urbanisme, telles que l’interdiction de construire en zone inondable, la suppression des rampes d’accès aux trottoirs ou la mise aux normes des sous-sols (installation de pompe et de clapet anti-retour…) ».

23,5 millions de DH pour l’eau

Question budget, notre interlocutrice communique au Soir échos les chiffres phares « Les réalisations, à l’horizon 2015, ont concerné le Passage sous le Pont Longométal (9 millions DH HT), le Pont Carnaud (3,7 millions DH HT), la Trémie Voie des préfectures (7 millions DH HT) et une solution provisoire pour le quartier Mabrouka Al Hofra (3,8 millions DH HT.) »  En ce qui concerne les chantiers et travaux, tels que le Tramway ou le TGV, ils seront notamment soumis à une haute protection contre les intempéries. « Les trémies équipées de stations de pompage (Mosquée Hassan II, Allée de l’Aude, Al Qods, Voie des Préfectues, Roudani, Bd 2 Mars) ont été dotées en 2010 de sondes ultra son ou piézométriques de mesure de hauteur d’eau.

Ces informations sont transmises par les systèmes de télé-alarme vers le Bureau Central de Conduite. Pour les trémies non équipées de stations de pompage (Carnaud, Sous pont ONE, Longométal, Ouled Ziane, Zerktouni et Résistance), Lydec a programmé la mise en place de sondes de télé-surveillance durant le 4ème trimestre 2011. » conclut Bouchra.

Si la Lydec peine a gérer les débordements pluviaux, les autorités se doivent de faire respecter les règles de civisme et les Marocains devraient faire preuve de tolérance.◆

PS: Pensez à simuler vos votes SVP, comme ça, nous avons une idée sur les prochaines élections marocaines du 25 Novembre 2011 . http://bit.ly/shpt4a  Merci .


Plusieurs livres demeurent inaccessibles aux lecteurs marocains et leurs auteurs ne sont pas toujours les bienvenus chez nos censeurs. Souvent, leurs contenus abordent une trinité intouchable chez nous : le Sahara, la religion et la monarchie.

Les lecteurs restent encore otages d’une pratique qui n’est pas prête de disparaître.

Au Maroc, certains livres à polémique sont encore victimes de censure. Motif, un contenu «inapproprié» à la culture, aux mœurs et aux sacralités du pays. Pourtant, la nouvelle Constitution garantit la liberté dans la perception de ces dernières, d’autant plus que la personne du roi n’est plus sacrée, mais respect lui est du.

Avant le discours royal du 9 mars 2011, des caisses de livres trouvaient de grandes difficultés à traverser nos frontières pour trouver place sur les présentoirs des librairies. Aujourd’hui, les choses ne semblent pas avoir changé.
Qu’en est-il donc des raisons de cette censure ? La réponse la plus fréquente et la plus abattue reste : «Le système est ainsi fait…On n’y peut rien !».

Ali Amar, dont le livre Mohammed VI, le grand malentendu, a subi le niet du censeur, ne mâche pas ses mots pour nous donner son avis : «C’est une forme d’infantilisation du Marocain. Il n’est pas censé lire autre chose que ce que l’État lui propose dans son programme scolaire. Une autre vision des choses pourra le révolter, lui changer son impression sur l’état des choses. Je trouve que l’État doit se décider a nous considérer comme des personnes majeures et vaccinées. Le discours de l’État est en pure contradiction avec celui de la Constitution. La féodalité existe dans le génome de la nation. Il n’y a pas d’autres solutions que de laisser les Marocains choisir ce qu’ils veulent lire eux même…».

«Le Marocain n’est pas censé lire autre chose que ce que l’État lui enseigne dans son programme scolaire».
Ali Amar, journaliste-écrivain censuré.

Les libraires, eux, ne cachent pas leur colère : «On fait la commande de livres que nous voulons proposer à nos lecteurs et avant même qu’il ne les lisent, les responsables du bureau des publications étrangères passent directement la liste au bureau de censure ! La législation a toujours du retard sur la réalité, mais je pense qu’elle va céder », nous révèle Pierre Hamelin, directeur de la Librairie des colonnes à Tanger. «La censure est une longue tradition au Maroc et beaucoup de livres en sont victimes. C’est la preuve que la liberté d’expression n’est pas encore acquise au Maroc», explique le journaliste-écrivain censuré Ali Amar.

Il y a bien une liste…

Interrogée sur la possibilité d’avoir une liste officielle des livres censurés, Rachida Nour, chef de l’unité des publications étrangères au Ministère de la Communication, se prononce après hésitation : «  Il n’y a pas de liste officielle. L’intervention dépend des contenus de chaque livre : omission volontaire ou involontaire de l’expression «Sahara marocain» dans les ouvrages contenant des cartes géographiques, contenu à caractère pornographique, propagande anti-Islam ou encore des livres touchant aux sacralités du pays. Une fois ces livres détectés ou commandés, nous les exposons à Monsieur le ministre (Khalid Naciri, ndlr) pour qu’il décide de leur sort…». Ce dernier, en réponse à cette même question, se suffira d’un «Non !» sec.

Pourtant, plusieurs libraires nous listent une douzaine de livres qu’ils avaient commandés mais que «le bureau de censure» avait refusé de faire entrer sur le territoire. Évidemment, les livres censurés les plus connus par les Marocains restent
Notre Ami le roi, de Gilles Perrault et Mohamed VI, Le grand malentendu, d’Ali Amar. D’autres livres moins connus sont énumérés par les libraires à savoir Réquisitoire contre un despote, de Mohamed Diouri, Tazmamart : une prison de la mort au Maroc, de Christine Serfaty, Les versets sataniques, de Salmane Rochdy, ou encore Le dernier roi, de J.P. Tuquoi. «Le livre le plus récent qui nous a été refusé est Le dernier combat du Captain Ni’mat, du marocain Mohamed Leftah parce qu’il aborde le thème de l’homosexualité…», nous confie une libraire.
Après moult tentatives pour envoyer cette liste «noire» au ministre de la communication, ce dernier en accuse finalement réception en nous promettant de la regarder de près, mais « plus tard ». Report justifié, vu l’agenda politique serré du gouvernement….

N.B : Contacté vendredi , pour me dire ce qu’il en pense de cette liste, ce dernier (Naciri) me dit d’un air nerveux et effrayant :  » Je vois que votre mission est accomplie, l’article est déjà écrit. Excusez moi! « , et il me raccrocha au Nez !

  LISTE  DES LIVRES CENSURES:

Dernier combat du Captain Nimat de Mohamed Leftah
Notre Ami le Roi, Gilles Perrault
Mohamed VI , le grand malentendu, Ali Amar
le dernier roi, Jean Pierre Turquoi
Les 3 rois, Ignace Dalle

[Tazmamart : une prison de la mort au Maroc] par Christine-Daure-Serfaty

[Dans les prisons du roi, écrits de Kénitra sur le Maroc] par Abraham Serfaty.
[Les versets sataniques] par Salman Rushdie

[À qui appartient le Maroc ?] et [Réquisitoire contre un despote] par Moumen Diouri

[Oufkir un destin marocain] par Stephen Smith

[Le commandeur des croyants] par John Waterbury

[La monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir] par Maâti Monjib


Le Maroc a célébré jeudi la Journée internationale de l’alphabétisation. Une occasion pour l’AMDH de faire une mise au point sur les avancées ainsi que les imperfections de l’enseignement au Maroc. Ahmed El Hayej, membre de l’AMDH et chargé du comité socioéconomique et culturel de l’association, a accordé au Soir échos une interview à ce propos.

Quel est la situation actuelle de l’alphabétisation dans l’enseignement marocain ?
L’analphabétisme a très peu régressé au Maroc malgré les efforts de l’État. La lutte ne se limite pas aux mises à jour des programmes scolaires mais doit respecter le droit universel à la scolarité.

Pensez-vous que l’existence d’un système parallèle de missions éducatives étrangères et d’écoles privées favorise l’équité en terme d’accès à un enseignement de qualité ?
Parallèlement aux écoles publiques qui se détériorent malgré le plan d’urgence qui lui a été consacré, le privé a au moins le mérite de respecter les normes universelles du droit à l’enseignement, bien qu’il est payant. Mais il ne faut pas se leurrer, le privé, tout comme les missions connaissent une politique de sélectivité et de népotisme. Là où ils dépassent de loin le public, c’est dans l’enseignement pré-scolaire. Ce dernier n’a malheureusement pas lieu au Maroc. Dans tout le reste des niveaux, le public connaît des effectifs démesurés dans une salle de cours restreinte. C’est désolant.

Les programmes scolaires sont-ils adaptés à l’évolution du savoir scolaire ?
Nos programmes scolaires ont connu une légère évolution mais leur établissement se font à la hâte. Il n’existe pas de consultant, pas de spécialistes et pas de propositions de la part du corps enseignant pour apporter les améliorations nécessaires. Malheureusement, nos programmes scolaires souffrent d’un ensemble de valeurs contradictoires inculquées sur le tas à des élèves qui n’ont pas encore d’acquis suffisants pour les assimiler toutes. Le seul objectif que se partagent l’enseignant et l’élève n’est plus de maîtriser le programme mais de le finir.

Le budget alloué à l’enseignement est-il suffisant pour compenser les lacunes du secteur ?
Le financement de l’enseignement a  augmenté cette année mais sa gestion n’est pas du tout transparente. Il y a encore des institutions de l’enseignement qui ne sont pas encore claires dans leurs dépenses. De plus, plusieurs rénovations dans le secteur sont ou inutiles ou mal-étudiées et troublent l’ambiance de l’école. C’est ce qui pousse  les étudiants à l’indifférence, l’absentéisme…

Le départ volontaire a particulièrement porté sur les enseignants. Quelles sont les causes de cette « fuite » du corps enseignant ?
Je trouve que c’est un acte irréfléchi. Nous avons besoin de ces enseignants et le ministère oublie souvent que ce ne sont pas uniquement les ressources matérielles qui doivent être mises à jour mais aussi les ressources humaines. Cela me désole personnellement de voir un enseignant se charger d’une salle de cours sur-chargée et qui se voit obligé d’enseigner cinq à six matières par semaine. Ce n’est pas du tout didactique !

Que pensez-vous des cours du soir ? L’État peut- il les contrôler ?
L’État ne peut pas contrôler les cours de soutien. De plus, le financement de ce genre de cours parascolaires n’est pas prévu dans les charges du ministère de l’Enseignement. Très souvent, les cours de soutien sont une perte de temps pour l’étudiant et une perte d’argent pour les parents.

Les derniers chiffres parlent d’un taux d’analphabétisme de 30%. A votre avis, ces chiffres sont-ils fiables ?
30% n’est pas un chiffre fiable tout simplement parce que les institutions qui sont arrivées à ces chiffres là n’ont pas fait d’appel à d’autres observateurs et analystes spécialistes en la matière. Il faut confronter les chiffres à d’autres réalités. Il faut se poser aussi cette question fatidique : est -ce que ceux qui ont des diplômes sont vraiment lettrés …

Que reproche l’AMDH au ministère de l’Enseignement ?
L’improvisation, l’amateurisme et pas de confrontation avec les expériences réussies. Le ministère de l’enseignement souffre de manque de vision. Sa politique est très court-termiste et ce qui importe au ministère c’est la quantité et non pas la qualité. Avec les objectifs du millénaire, le ministère doit atteindre les 100% d’alphabétisation à tout prix…

Dans tout cela, quel est l’avenir de l’enseignement de l’amazigh à votre avis ?
La nouvelle constitution parle de l’Amazigh en tant que langue officielle mais aucun communiqué du ministère n’évoque des projets concrets de son application dans les programmes scolaires. C’est dire!◆