Archives de la catégorie ‘Internet’


yamnaa

 

Yasmine Naciri, la gagnante du prix de la meilleure bloggeuse du Morocco Web Awards 2014 dît MWA a été sélectionnée comme finaliste dans la catégorie « favori du public français » dans The BOBs 2014 (Best of the Blogs)  un concours international de blogs organisé annuellement par la radiotélévision allemande DW.

Sur la plateforme destinée aux votes , the BOBs décrit l’auteur des « chroniques de Yamna » comme suit :

bobs yamna

Seule à représenter la blogoma en particulier et la jeunesse et femme marocaines en général lors de cette cyber-compétition internationale, Yasmine est première dans sa catégorie avec plus de 1400 votes suivi du blog camerounais de Biocamer (413 votes) traitant des questions d’environnement puis la page twitter du bloggeur sénégalais Cheikh Fall alias @Cypher007( 314 votes) et enfin le blog AFP Making Of avec 185 votes .

Dans une semaine, le verdict des 15 membres du jury sera donné. Les lauréats de cette 10ème édition des Bobs seront proclamés le 7 mai. Ceux qui auront été choisis par le jury seront invités par la Deutsche Welle à participer au Forum mondial des Médias qui se tient à Bonn du 30 juin au 2 juillet 2014. Ils recevront leur trophée dans le cadre d’une cérémonie le 30 juin. Cette année, le thème de la conférence est : « De l’information à la participation – Les défis pour les médias ».

Très bon courage Yamna !

 

Publicités

Réalisé par Bouraque Tarek ( Facebook https://www.facebook.com/profile.php?id=100001221584791 )

Commentaire : Alae Bennani



Le taux de participation aux éléctions législatives marocains du vendredi a atteint les 45,4%. Un chiffre qui en dit long sur l’abstention du vote des boycotteurs. Al Adl et le Mouvement du 20 février parlent d’une victoire et d’un vote de sanction.

« 45,4% sur les 13 millions et demi qui on voté est une victoire pour nous, les boycotteurs car cela nous fait, avec un simple calcul mental, quelques 6 millions de marocains qui ont réellement voté sur 21 millions de marocains en âge de vote. », explique Abouaamar Tafnout, l’une des figures actives du M20F. Pour ce dernier tout comme pour les Adlistes boycotteurs, les chiffres sont non seulement faibles mais irréalistes. Benajeh Hassan, chef du bureau du porte parole d’Al Adl avance que « Le taux de participation est un chiffre falsifié et nous ne sommes pas les seuls à le dire. Même les observateurs ont remarqué des irrégularités. Ce sont toujours les mêmes personnes qui organisent les éléctions, les mêmes méthodes de pression exercées et les mêmes magouilles de corruption. Les boycotteurs n’ont pas été pris en considération et c’est eux qui on triomphé dans ces élections de 2011. En tout cas, les résultats finaux vont tout dévoiler ».

L’espoir des boycotteurs

Mais, à la veille des résultats, déjà, certains membres du M20F avaient exprimé leur joie concernant la victoire du PJD. Abouaamar, pour son compte exprime son espoir pour le PJD mais reste réticent pour ne montrer aucune émotion déplacée : « Le PJD est une expérience à essayer. C’est un parti qu’on respecte beaucoup de part sa ponctualité et sont travail sérieux. J’espère que pour une fois nous aurons tort d’avoir boycotter même si je reste sceptique concernant leur idéologie ». D’une vision plus conservatrice et plus jalouse, Al Adl revient aux constantes de la démocratie et dénoncent les mauvaises bases sur lesquelles se construit la politique du pays. L’avis de Benajeh vire au désespoir : « Que certains exprime leur joie ou leur colère, elle n’est pas là la vrai question. Il ne faut pas oublier l’amère vérité qui est que le M20F a fait plusieurs revendications et voulait voir naitre une constitution démocratique émanant de la voix du peuple. Que nenni ! Rien de tous cela n’a été réalisé ! ». Pour ce dernier, les chiffres ont été un fiasco et « les élections ont été un chaos d’abstentions et le futur gouvernement ne gouvernera pas. » Mais, cet adliste ne nie pas le fait qu’il existe « forcement de bonnes volontés, mais ces dernières s’asphyxient aussitôt à cause de la mauvaise foi de la gouvernance. » Et la personne que Benajeh montre du doigt est « le roi qui monopolise tous les pouvoirs. Nous avons toujours demandé à ce que les problèmes du pays se règlent à partir de leur racine », explique le chef du bureau du porte parole d’Al Adl. En tout cas, Adlistes ou M20F, les deux parlent d’un résultat à la base « faussé ». « . Je pense que les résultats des élections en faveur du PJD expriment un vote de sanction. Les gens ont choisi le moins pire des partis politiques. », nous révèle Abouaamar.

Manifestations aujourd’hui et toujours

 

Grands nombres des marocains pensaient que le M20F se calmerait après la montée du PJD, l’ex-opposition du gouvernement. Mais les manifestants sont loin d’arrêter leur marche et leur militantisme. « Si les choses vont de l’avant nous allons le constater et l’approuver car nous sommes pour le changement et pour l’évolution de notre pays. On ne manifeste pas pour le plaisir mais pour bien faire bouger la situation actuelle du Maroc. On revendique quand cela va mal et j’espère que les choses n’iront que vers l’amélioration désormais. », précise Abouaamar. Même son de cloche du côté d’Al Adl avec un vocabulaire plus tenace, le chef du bureau du porte parole de l’Adl réaffirme son appartenance au mouvement contestataire : « Nous avons décidez avec le M20F de persister nos manifestations et aujourd’hui nous organisons des marches dans plus de 80 villes du royaume afin d’exprimer notre refus catégorique des résultats trichés des éléctions et de confirmer la persistance de nos marches avec le M20F dont nous faisons partie. », conclut Benajeh.  Décidément le PJD a déjà la tâche dure. Le gouvernement acquis, reste à conquérir maintenant le cœur des boycotteurs…

 


Les péripéties d’Un film ont tourné au cauchemar. Critiqué fortement puis rapidement retiré des salles de cinéma, ce film aux scènes et au langage osés raconte l’histoire d’un réalisateur en quête de production du film de l’année. Fatym Layachi, comédienne du film, nous explique le mauvais sort qu’a connu ce dernier.

Un film, œuvre controversée pour cause de «<em>scènes osées</em>» et de «<em>mots crus</em>». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.Un film, œuvre controversée pour cause de «scènes osées» et de «mots crus». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.

Nombreux parmi ceux qui ont vu Un Film disent ne pas avoir saisi le message du film. Quelle histoire raconte-t-il au juste ?
C’est l’histoire d’un jeune réalisateur qui a envie de faire son premier film et ne sait pas comment s’y prendre. Il cherche le sujet idéal, le scénario parfait. C’est une quête d’inspiration et de créativité. Mais, dans cette quête assez délirante, il entraîne deux personnes avec lui, sa femme et son meilleur ami, qui sont tous les deux comédiens, et les embarque dans son imaginaire. Le film est une production à 100 % marocaine et a été fait un peu «à la cow-boy», sans aucun financement, dans une sorte d’urgence et dans des conditions assez rock’nroll. Mais il a été réalisé avec énormément de sincérité de la part de toute l’équipe. Nous avons cru à ce projet, et nous avons tous accepté de le faire sans aucune contrepartie.

Cinématographiquement parlant, comment jugez-vous la qualité du film ? 
Même si nous avons fait ce film à l’arrache, il a été travaillé avec rigueur : un scénario écrit, des plans bien étudiés… Il y avait forcément peu de moyens techniques mais suffisamment de lumière, un son irréprochable et énormément de professionnalisme.

Un film contient des scènes et un langage assez osés. Quelle est le bien-fondé de la démarche ?
Il n’y a pas d’autre philosophie que celle de la sincérité. Le langage est en effet cru mais jamais gratuit. Je défie quiconque de faire de la poésie ou de parler un langage soutenu dans un bar, là où les propos crus sont par ailleurs tenus… Les mots rudes et le langage frontal, quand ils sont là, c’est que la scène ne peut avoir de sens sans eux… Le langage est forcément intime et tiré du quotidien marocain.

«Un film ne peut pas plaire à certains. Mais la polémique est démesurée et ne parle plus de cinéma mais de dépravation des mœurs, d’atteinte à la pudeur»

La polémique autour de ce film vaut-elle la peine ? 
Je trouve cette polémique ahurissante. Si ce film ne plaît pas à certains, c’est un choix et c’est le propre de toute œuvre d’art. Malheureusement, la polémique, que je juge démesurée, ne parle plus de cinéma mais de phénomène de société, de dépravation des mœurs et d’atteinte à la pudeur.
Nous n’avons obligé personne à aller le voir. La critique est acceptable. Mais la censure, est inadmissible. Je ne comprends pas le fait que, sous la pression de certains liberticides, le film soit retiré des salles de cinéma. Il y a énormément de musique et de film qui ne me plaisent pas, mais ces réalisations ont le droit d’exister, tout comme moi, vous et votre journal.

La comédienne Fatym LayachiLa comédienne Fatym Layachi. Photo Yassine TOUMI

Qui est la cible d’Un film ?
Quand on réalise un film, on a envie que cela plaise au plus grand nombre de spectateurs. Après, si on se penche sur la commission qui donne le visa d’exploitation et sa décision d’interdire ce film aux moins des 16 ans, je trouve cela tout à fait normal et légitime. C’est un devoir de mettre en garde les familles et leur dire que ce n’est pas un film pour les enfants.

Comment concevez-vous le flop du film ?
Je ne peux pas parler de flop, car, pour qu’il y ait un échec commercial, il faut que le film ait d’abord une vie commerciale. Un film, qui est retiré quatre jours après sa diffusion en salles, est un cas très grave.
Sous prétexte qu’un film ne plaît pas à certains, on le retire des salles. D’ailleurs, après la sortie du film, pendant la première semaine, la presse culturelle a fait du bon travail, en parlant du film et en le critiquant. Mais, dès que le débat s’est déplacé sur le terrain de l’analyse sociologique, le film a été retiré. Il faut donner à ce film le droit d’exister ! C’est un droit que nous accorde d’ailleurs la nouvelle Constitution…

Un film a-t-il participé ou participera-t-il à des festivals ?
Il a déjà participé au Festival national du festival de Tanger où il a été primé. Il a eu le Prix de la première œuvre, et Fahd Benchemsi a eu le Prix du meilleur second rôle. Ensuite, il a été sélectionné pour le Festival de Cannes dans cadre du programme « Cinémas du monde». Pour le festival de Marrakech, il a été jugé hors délai.


Ce sont des partis locaux comme les autres, avec ou sans programme électoral…. À ceci près que leurs noms et leur discours sont assez rigolos… Aperçu des partis MDR marocains !

Parmi les candidats : le Parti du savon noir, le Parti de l’âne démocratique ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines.

« Le Parti du sabone el beldi [savon noir] est le symbole de la lutte contre les saletés du pays. Nos orientations politiques sont de gauche-droite, Nord-Sud et horizontale-verticale… Glissez avec le Parti du sabone el beldi (PSB) et ne vous arrêtez jamais de militer ! »… C’est avec ces phrases bizarres et à peine déchiffrables que commence son discours de campagne le docteur Koteha, mascotte du PSB. D’une durée de trois minutes, la réalisation satirique du réalisateur artistique marocain Rachid Jadir ne manque pas d’humour. Des vidéos sur Youtube aux groupes Facebook, les partis, qui tournent à la dérision les programmes politiques en cette période de campagne électorale, fourmillent sur la Toile marocaine. Outre le PSB, le PÂDM, le PUV et le PTK sont les plus appréciés.

Revendications

حزب الصابون البلدي

Le PSB, avec ses 3 105 membres, semble être un simple parti humoristique marocain. Mais une fois que l’on l’analyse, le discours du Dr Koteha met, en réalité, à nu les revendications des manifestants avec un brin d’exagération, empli de sous-entendus. « Concernant les droits de la femme, nous lui donnerons l’occasion de se venger de toutes les années de déperdition et de hogra. Nous lui accorderons un mariage de quatre hommes jusqu’à l’infini, et nous imposerons à ces derniers le voile et des lunettes de soleil. Nous donnerons aussi aux femmes la liberté de se déshabiller et nous veillerons à ce qu’elles soient transparentes et bien formées… », peut-on écouter dans la vidéo du PSB. Pour le slogan, les interprétations sont les bienvenus. « Notre slogan est le suivant : ensemble pour lutter contre alfassas et almoufssissines… » Sûrement une méchante dyslexie du Dr Koteha, qui voulait parler de « dépravation » et de « dépravés». « Une blague sur El Fassi », conclut Rachid Jadir.

Si le PSB est le seul parti humoristique à avoir, à sa façon, vraiment joué le jeu de la campagne électorale, d’autres ont de leur côté un programme, des commentaires ou des idéologies assez insolites. Avec ses 626 membres, le Parti de l’âne démocratique marocain (PÂDM) tient un discours bref, concis mais très populaire. En guise d’insoumission, le parti met les points sur les «i» : « Nous mourrons, oui, mais nous ôterons la selle de nos dos… », peut-on lire dans la présentation de la page Facebook du PÂDM.

Concernant les motifs qui poussent certains à y « militer », ils convergent vers la même chose, et le message est même à connotation phallocratique : « Après une longue réflexion, nous avons décidé de voter pour le parti de l’âne car son programme est clair et très long et ne connaît que la droiture… Votez [pour] l’âne et vous ne serez jamais déçus ! ».

« No, we cant ! »

Le Parti ultra-vide (PUV), quant à lui, n’a « pas de programme, pas de vision, pas de stratégie. Il ne propose rien et ne mettra rien en œuvre pour y parvenir. Quand il n’applique pas à la lettre la politique de la chaise vide, le PUV se réunit à huis clos pour exclure les illuminés qui tenteraient de faire quelque chose », peut-on lire sur la page Facebook de ce parti. Rassemblant autour de lui 136 membres, le slogan du PUV peut paraître très anti-Obama : « No, we cant! » Les partisans de cette formation ce sont amusés à faire leurs propres propositions. Par exemple : « On sera de droite les jours pairs et de gauche les jours impairs », ou encore « Une carte de paresse sera distribuée au plus inactifs… », peut-on lire sur l’un des commentaires. Dans un discours plus « politique », le PUV se prononce : « Position officielle du PUV concernant les élections : on ne sait pas. Aucun de nos militants ne s’est penché sur le sujet. » Et pour couronner le tout, le PUV n’est pas un fanatique du boycott, encore moins du vote : « Certains appellent au vote, d’autres au boycott, le PUV n’appelle à rien du tout ! »

D’autres partis, tels que le Parti de tassa et kartassa (Parti de l’alcool et du plomb) ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines (PSLSCM), ont une rhétorique nettement plus libertaire. Ils promettent en effet dans leur programme électoral de « rapprocher les dealers de drogues et les citoyens », d’« accorder des réductions pour les fêtards » ou même de « miser sur l’enseignement en prônant les valeurs de la soumission.» ça promet pour le prochain gouvernement (version humoristique).


Fondateur d’AB-CB (Amine Bendriouich Culture & Bullshit), Amine Bendriouich, 25 ans, compte déjà un prix, le Créateurope, qu’il a décroché à Berlin en 2009, et, surtout, une vision unique de l’habit. Dans cet entretien, il nous apporte son regard sur la manière dont nous, Marocains, nous habillons. Un moment de pure vérité.

Amine Bendriouich : «<em> Si les gnaouas existaient à New York, les gens s’inspireraient d’eux et feraient de ce modèle une fusion mystique et moderne .</em>»  Photo FRANK SCHOEPGENSAmine Bendriouich : « Si les gnaouas existaient à New York, les gens s’inspireraient d’eux et feraient de ce modèle une fusion mystique et moderne .» Photo FRANK SCHOEPGENS

Quel regard portez-vous, en tant que styliste, sur la manière de s’habiller des Marocains ? 
Ça dépend. Je n’aime pas les généralités, mais il me semble que l’on a beaucoup perdu de la classe que l’on avait. Aujourd’hui, on est entré dans une standardisation de l’aspect vestimentaire. C’est comme si nous étions tous invités à une soirée et on nous a demandé de suivre le même dress code. Tous les hommes sont en chemises blanches ou polo et un jean ,et les femmes aussi, même si elles osent un peu plus.
Il reste encore beaucoup d’effort à faire, notamment sur le plan de l’imagination.

Pourquoi y a-t-il encore ceux qui ne savent pas marier les couleurs ou avoir un goût vestimentaire propre à eux ? 
Les gens qui ont un style distingué ne s’affichent justement pas beaucoup au Maroc, à cause du regard de l’autre, de la société qui les juge. Mais la donne change. Petit à petit, on commence à s’assumer et s’accepter comme on est. Certains préfèrent se montrer même si leur aspect vestimentaire est jugé saugrenu.

Sommes-nous des fashion victims ? 
On peut dire que nous le sommes; c’est péjoratif comme notion. Quand certains jeunes veulent briser les limites de leur paraître, ils cherchent à imiter le style des mannequins qui posent pour les magazines, ou bien ils achètent des tenues et accessoires vues dans des soirées ou des séries télévisées.

À votre avis, de qui s’inspire la majorité des Marocains pour s’habiller ?
Malheureusement, nombre de gens s’inspirent des séries pourries et traduites en darija qui passent à la télévision. D’autres s’inspirent de leurs amis qui ont fait le choix d’un style qui les arrange.
En général – et ce qui est déjà un grand pas –, la communauté de la mode que nous avons ici au Maroc s’est inspirée des styles des genres de musiques internationales tels que le rock, le hip hop, le punk, etc. Nous restons, encore une fois, otages de l’ostentatoire et du spectacle. Et nous oublions que notre culture est aussi riche en sources d’inspiration. Si les gnaouas existaient à New York, les gens s’inspireraient d’eux et feraient de ce modèle une fusion mystique et moderne. C’est ce que l’on n’a pas encore exploité.

«On est rentré dans une standardisation vestimentaire. C’est comme si nous étions tous invités à une soirée et que l’on nous ait demandé de suivre le même dress code».

Existe-t-il des coachs pour l’image au Maroc, de façon à aider les gens à améliorer leur manière de se vêtir ? 
Pas vraiment, et c’est tant mieux. Les coachs n’ont rien à nous enseigner sauf, peut-être, une manière de se voir et de se présenter dans la société. Avec toutes les limites de la démarche. J’essaye moi-même de comprendre pourquoi ce style serait meilleur que l’autre. Je peux à la limite donner des conseils, mais le plus important pour moi, c’est que chacun doit s’habiller de la manière dans laquelle il se sent le plus à l’aise.
Le style ou la tendance du moment obsède les gens, et c’est pourquoi il ne faut pas les suivre d’une manière irréfléchie. Être soi-même, c’est chic.

Vos créations s’inspirent de l’univers urbain. Pensez-vous que les Marocains accepteraient des styles nouveaux. Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
Notre société est de plus en plus urbaine. À un certain moment, il faut commencer à assumer cela. Je ne peux pas dire mieux que le naturaliste français Georges-Louis Leclerc de Buffon : « Le style est l’Homme même ». Hassan II, lui aussi, comprenait très bien cette phrase.
Il existe des gens qui portent un sac de patates et que l’on trouve extraordinaires. D’autres peuvent porter les costumes et les robes les plus in du moment, et ils vont avoir l’air de rien.
Pour moi, le vêtement est l’accessoire de l’attitude. Et c’est l’attitude qui dit au monde qui nous sommes.


Organisée autour du thème « Explorer les frontières », la deuxième édition de TEDx Casablanca se voulait un moyen de redéfinir les barrières entre politique et économie, sphère privée et publique et même la vie et (le droit à) la mort. Compte-rendu.

Abdelhadi Tazi, ex conseiller de feu Hassan II et ancien historien du Royaume.  Photo Brahim TAOUGARAbdelhadi Tazi, ex conseiller de feu Hassan II et ancien historien du Royaume. Photo Brahim TAOUGAR

Aux Etats-Unis, l’événement, vieux de 25 ans, est considéré comme un des plus grands rendez-vous d’intellectuels. Le concept a émergé pour la première fois à Monterrey en Californie. Depuis, TED (Technology Entertainment Design), et connaissant un succès chaque fois plus grand, s’est développé dans le monde entier, traitant de  divers sujets, du moment comme d’ordre philosophique. Samedi, Le TEDx Casablanca en était à sa deuxième édition. « La 1ère édition TEDx Casablanca s’est tenue en septembre 2010 et a été la déclinaison du concept américain au Maroc et c’était aussi la première dans le Maghreb et elle avait coïncidé avec celle de TEDx Carthage en Tunisie ».

« La seule frontière qui reste, c’est l’univers que nous n’avons pas totalement exploré et nos convictions qui nous enchaînent ».
Fadhila Brahimi, coach.

C’est avec un amour paternel que Réda El Ourouba, l’un des initiateurs et organisateur du TEDx Casablanca, nous a  parlé, samedi, de cette dernière. Pour lui, le rassemblement est un « spectacle »  d’idées et de partage. « Avec tout le cœur que les huit  membres de notre équipe mettent à l’ouvrage, nous comptons faire de cet événement une rencontre de qualité ». Hormis le TEDx Casablanca, TEDx est passé par Al Akhawayn, Rabat, Agadir. Des cycles TEDx sont aussi en préparation à Kénitra et  à Tanger ainsi qu’au niveau de tout le réseau des écoles ISCAE. Pour Réda, la spécificité du TEDx Casablanca du samedi se résume en deux points «  Il est le cinquième en terme de notoriété dans la région MENA et nous sommes les premiers en termes d’audience au Maghreb », explique-t-il. Si TEDx Casablanca 2010 avait comme thème «Cinq qualités qui font échouer à l’école mais réussir dans la vie», celui de cette année a été plus bref mais plus pertinent : Explorer les frontières. « On entend dire que les marchés surveillent l’évolution politique future de pays comme l’Espagne et on se pose donc la question fatidique: quelles frontières y a-t-il, par exemple, entre l’économie et la politique ? La France, pays laïc, vit des débats houleux sur sur la religion, alors on se demande quelles frontières il y a entre la sphère privée et publique du religieux? Certains personnes veulent s’euthanasier… Y a-t-il une frontière entre  vie et  mort ? Le concept doit être redéfini. C’est cela le but. », nous résume Réda.

                                                                          Reda El Ourouba, l’un des initiateur du TEDx Casablanca

La fin des frontières

Cette phrase, tous les invités TEDx Casablanca l’on répétée samedi, mais c’est Fadhila Brahimi, fille de parents algériens, mais surtout coach et initiatrice du concept de Personnel Branding en France qui a déclenché des applaudissements quand elle l’a annoncé en premier. « La seule frontière qui reste, c’est l’univers que nous n’avons pas totalement exploré et nos convictions qui nous enchaînent », explique Fadhila. Cette dernière se définit en tant qu’exploratrice, car « nous ne devons pas oublier que nous le sommes tous par nature… ». Pour explorer les frontières, Fadhila juge que nous manquons de courage et qu’il faut passer par des étapes : « Se protéger, avoir de l’empathie mais aussi porter de l’intérêt aux autres… », dit-elle. Le message féministe le plus fort, c’est elle qui le transmet. « La femme aujourd’hui a ce don de nous montrer comment nous pouvons vivre ensemble malgré toutes nos différences ! », martèle-t-elle.

De la religion et du handicap

Si TEDx Casablanca est une rencontre d’idées, aucune limite ne devrait être tenue contre les discours théologiques. C’était en tout cas la conviction de deux des intervenants de cet événement, Hamza Aboulfeth, président de la société d’hébergement web, Genious Communication et Abdelhadi Tazi, historien du Royaume et conseiller de Feu Hassan II. « Je ne veux pas sombrer dans le prosélytisme, mais Dieu TED ! , témoigne Hamza avec humour, en parlant des frontières célestes et terrestres. Il t’aide si tu l’implores, mais à côté, il faut travailler dur. » De sa part, l’historien évoque une citation duProphète qui a ému l’audience : « le messager de Dieu a dit : faites attention! Nous sommes, tout un chacun, responsables et maîtres de nos actes… ». Mais, pour Amina Slaoui, présidente de l’Association marocaine des handicapés et Adil Fakir, directeur de la régie publicitaire de la SNRT, la vraie croyance c’est de croire en soi quelle que soit notre perception des choses. « Il faut rejeter le statu quo. Nous avons le pouvoir de dire non ! », constate Adil. Amina Slaoui a de son côté franchi une énorme limite : « J’ai dépassé les frontières de la mort et de la peur après mon accident à vélo », raconte-t-elle.

Samedi, TEDx Casablanca avait consacré beaucoup de surprises aux invités. L’une des plus belles fût, le surpassement d’une frontière virtuelle anonyme : @CitizenKayen , un grand actif de la twittoma qui n’est personne d’autre que… Adel Fakir !