Archives de la catégorie ‘DROIT DE L HOMME’


yamnaa

 

Yasmine Naciri, la gagnante du prix de la meilleure bloggeuse du Morocco Web Awards 2014 dît MWA a été sélectionnée comme finaliste dans la catégorie « favori du public français » dans The BOBs 2014 (Best of the Blogs)  un concours international de blogs organisé annuellement par la radiotélévision allemande DW.

Sur la plateforme destinée aux votes , the BOBs décrit l’auteur des « chroniques de Yamna » comme suit :

bobs yamna

Seule à représenter la blogoma en particulier et la jeunesse et femme marocaines en général lors de cette cyber-compétition internationale, Yasmine est première dans sa catégorie avec plus de 1400 votes suivi du blog camerounais de Biocamer (413 votes) traitant des questions d’environnement puis la page twitter du bloggeur sénégalais Cheikh Fall alias @Cypher007( 314 votes) et enfin le blog AFP Making Of avec 185 votes .

Dans une semaine, le verdict des 15 membres du jury sera donné. Les lauréats de cette 10ème édition des Bobs seront proclamés le 7 mai. Ceux qui auront été choisis par le jury seront invités par la Deutsche Welle à participer au Forum mondial des Médias qui se tient à Bonn du 30 juin au 2 juillet 2014. Ils recevront leur trophée dans le cadre d’une cérémonie le 30 juin. Cette année, le thème de la conférence est : « De l’information à la participation – Les défis pour les médias ».

Très bon courage Yamna !

 

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Réalisé par Bouraque Tarek ( Facebook https://www.facebook.com/profile.php?id=100001221584791 )

Commentaire : Alae Bennani



Le taux de participation aux éléctions législatives marocains du vendredi a atteint les 45,4%. Un chiffre qui en dit long sur l’abstention du vote des boycotteurs. Al Adl et le Mouvement du 20 février parlent d’une victoire et d’un vote de sanction.

« 45,4% sur les 13 millions et demi qui on voté est une victoire pour nous, les boycotteurs car cela nous fait, avec un simple calcul mental, quelques 6 millions de marocains qui ont réellement voté sur 21 millions de marocains en âge de vote. », explique Abouaamar Tafnout, l’une des figures actives du M20F. Pour ce dernier tout comme pour les Adlistes boycotteurs, les chiffres sont non seulement faibles mais irréalistes. Benajeh Hassan, chef du bureau du porte parole d’Al Adl avance que « Le taux de participation est un chiffre falsifié et nous ne sommes pas les seuls à le dire. Même les observateurs ont remarqué des irrégularités. Ce sont toujours les mêmes personnes qui organisent les éléctions, les mêmes méthodes de pression exercées et les mêmes magouilles de corruption. Les boycotteurs n’ont pas été pris en considération et c’est eux qui on triomphé dans ces élections de 2011. En tout cas, les résultats finaux vont tout dévoiler ».

L’espoir des boycotteurs

Mais, à la veille des résultats, déjà, certains membres du M20F avaient exprimé leur joie concernant la victoire du PJD. Abouaamar, pour son compte exprime son espoir pour le PJD mais reste réticent pour ne montrer aucune émotion déplacée : « Le PJD est une expérience à essayer. C’est un parti qu’on respecte beaucoup de part sa ponctualité et sont travail sérieux. J’espère que pour une fois nous aurons tort d’avoir boycotter même si je reste sceptique concernant leur idéologie ». D’une vision plus conservatrice et plus jalouse, Al Adl revient aux constantes de la démocratie et dénoncent les mauvaises bases sur lesquelles se construit la politique du pays. L’avis de Benajeh vire au désespoir : « Que certains exprime leur joie ou leur colère, elle n’est pas là la vrai question. Il ne faut pas oublier l’amère vérité qui est que le M20F a fait plusieurs revendications et voulait voir naitre une constitution démocratique émanant de la voix du peuple. Que nenni ! Rien de tous cela n’a été réalisé ! ». Pour ce dernier, les chiffres ont été un fiasco et « les élections ont été un chaos d’abstentions et le futur gouvernement ne gouvernera pas. » Mais, cet adliste ne nie pas le fait qu’il existe « forcement de bonnes volontés, mais ces dernières s’asphyxient aussitôt à cause de la mauvaise foi de la gouvernance. » Et la personne que Benajeh montre du doigt est « le roi qui monopolise tous les pouvoirs. Nous avons toujours demandé à ce que les problèmes du pays se règlent à partir de leur racine », explique le chef du bureau du porte parole d’Al Adl. En tout cas, Adlistes ou M20F, les deux parlent d’un résultat à la base « faussé ». « . Je pense que les résultats des élections en faveur du PJD expriment un vote de sanction. Les gens ont choisi le moins pire des partis politiques. », nous révèle Abouaamar.

Manifestations aujourd’hui et toujours

 

Grands nombres des marocains pensaient que le M20F se calmerait après la montée du PJD, l’ex-opposition du gouvernement. Mais les manifestants sont loin d’arrêter leur marche et leur militantisme. « Si les choses vont de l’avant nous allons le constater et l’approuver car nous sommes pour le changement et pour l’évolution de notre pays. On ne manifeste pas pour le plaisir mais pour bien faire bouger la situation actuelle du Maroc. On revendique quand cela va mal et j’espère que les choses n’iront que vers l’amélioration désormais. », précise Abouaamar. Même son de cloche du côté d’Al Adl avec un vocabulaire plus tenace, le chef du bureau du porte parole de l’Adl réaffirme son appartenance au mouvement contestataire : « Nous avons décidez avec le M20F de persister nos manifestations et aujourd’hui nous organisons des marches dans plus de 80 villes du royaume afin d’exprimer notre refus catégorique des résultats trichés des éléctions et de confirmer la persistance de nos marches avec le M20F dont nous faisons partie. », conclut Benajeh.  Décidément le PJD a déjà la tâche dure. Le gouvernement acquis, reste à conquérir maintenant le cœur des boycotteurs…

 


Les péripéties d’Un film ont tourné au cauchemar. Critiqué fortement puis rapidement retiré des salles de cinéma, ce film aux scènes et au langage osés raconte l’histoire d’un réalisateur en quête de production du film de l’année. Fatym Layachi, comédienne du film, nous explique le mauvais sort qu’a connu ce dernier.

Un film, œuvre controversée pour cause de «<em>scènes osées</em>» et de «<em>mots crus</em>». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.Un film, œuvre controversée pour cause de «scènes osées» et de «mots crus». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.

Nombreux parmi ceux qui ont vu Un Film disent ne pas avoir saisi le message du film. Quelle histoire raconte-t-il au juste ?
C’est l’histoire d’un jeune réalisateur qui a envie de faire son premier film et ne sait pas comment s’y prendre. Il cherche le sujet idéal, le scénario parfait. C’est une quête d’inspiration et de créativité. Mais, dans cette quête assez délirante, il entraîne deux personnes avec lui, sa femme et son meilleur ami, qui sont tous les deux comédiens, et les embarque dans son imaginaire. Le film est une production à 100 % marocaine et a été fait un peu «à la cow-boy», sans aucun financement, dans une sorte d’urgence et dans des conditions assez rock’nroll. Mais il a été réalisé avec énormément de sincérité de la part de toute l’équipe. Nous avons cru à ce projet, et nous avons tous accepté de le faire sans aucune contrepartie.

Cinématographiquement parlant, comment jugez-vous la qualité du film ? 
Même si nous avons fait ce film à l’arrache, il a été travaillé avec rigueur : un scénario écrit, des plans bien étudiés… Il y avait forcément peu de moyens techniques mais suffisamment de lumière, un son irréprochable et énormément de professionnalisme.

Un film contient des scènes et un langage assez osés. Quelle est le bien-fondé de la démarche ?
Il n’y a pas d’autre philosophie que celle de la sincérité. Le langage est en effet cru mais jamais gratuit. Je défie quiconque de faire de la poésie ou de parler un langage soutenu dans un bar, là où les propos crus sont par ailleurs tenus… Les mots rudes et le langage frontal, quand ils sont là, c’est que la scène ne peut avoir de sens sans eux… Le langage est forcément intime et tiré du quotidien marocain.

«Un film ne peut pas plaire à certains. Mais la polémique est démesurée et ne parle plus de cinéma mais de dépravation des mœurs, d’atteinte à la pudeur»

La polémique autour de ce film vaut-elle la peine ? 
Je trouve cette polémique ahurissante. Si ce film ne plaît pas à certains, c’est un choix et c’est le propre de toute œuvre d’art. Malheureusement, la polémique, que je juge démesurée, ne parle plus de cinéma mais de phénomène de société, de dépravation des mœurs et d’atteinte à la pudeur.
Nous n’avons obligé personne à aller le voir. La critique est acceptable. Mais la censure, est inadmissible. Je ne comprends pas le fait que, sous la pression de certains liberticides, le film soit retiré des salles de cinéma. Il y a énormément de musique et de film qui ne me plaisent pas, mais ces réalisations ont le droit d’exister, tout comme moi, vous et votre journal.

La comédienne Fatym LayachiLa comédienne Fatym Layachi. Photo Yassine TOUMI

Qui est la cible d’Un film ?
Quand on réalise un film, on a envie que cela plaise au plus grand nombre de spectateurs. Après, si on se penche sur la commission qui donne le visa d’exploitation et sa décision d’interdire ce film aux moins des 16 ans, je trouve cela tout à fait normal et légitime. C’est un devoir de mettre en garde les familles et leur dire que ce n’est pas un film pour les enfants.

Comment concevez-vous le flop du film ?
Je ne peux pas parler de flop, car, pour qu’il y ait un échec commercial, il faut que le film ait d’abord une vie commerciale. Un film, qui est retiré quatre jours après sa diffusion en salles, est un cas très grave.
Sous prétexte qu’un film ne plaît pas à certains, on le retire des salles. D’ailleurs, après la sortie du film, pendant la première semaine, la presse culturelle a fait du bon travail, en parlant du film et en le critiquant. Mais, dès que le débat s’est déplacé sur le terrain de l’analyse sociologique, le film a été retiré. Il faut donner à ce film le droit d’exister ! C’est un droit que nous accorde d’ailleurs la nouvelle Constitution…

Un film a-t-il participé ou participera-t-il à des festivals ?
Il a déjà participé au Festival national du festival de Tanger où il a été primé. Il a eu le Prix de la première œuvre, et Fahd Benchemsi a eu le Prix du meilleur second rôle. Ensuite, il a été sélectionné pour le Festival de Cannes dans cadre du programme « Cinémas du monde». Pour le festival de Marrakech, il a été jugé hors délai.


Ce sont des partis locaux comme les autres, avec ou sans programme électoral…. À ceci près que leurs noms et leur discours sont assez rigolos… Aperçu des partis MDR marocains !

Parmi les candidats : le Parti du savon noir, le Parti de l’âne démocratique ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines.

« Le Parti du sabone el beldi [savon noir] est le symbole de la lutte contre les saletés du pays. Nos orientations politiques sont de gauche-droite, Nord-Sud et horizontale-verticale… Glissez avec le Parti du sabone el beldi (PSB) et ne vous arrêtez jamais de militer ! »… C’est avec ces phrases bizarres et à peine déchiffrables que commence son discours de campagne le docteur Koteha, mascotte du PSB. D’une durée de trois minutes, la réalisation satirique du réalisateur artistique marocain Rachid Jadir ne manque pas d’humour. Des vidéos sur Youtube aux groupes Facebook, les partis, qui tournent à la dérision les programmes politiques en cette période de campagne électorale, fourmillent sur la Toile marocaine. Outre le PSB, le PÂDM, le PUV et le PTK sont les plus appréciés.

Revendications

حزب الصابون البلدي

Le PSB, avec ses 3 105 membres, semble être un simple parti humoristique marocain. Mais une fois que l’on l’analyse, le discours du Dr Koteha met, en réalité, à nu les revendications des manifestants avec un brin d’exagération, empli de sous-entendus. « Concernant les droits de la femme, nous lui donnerons l’occasion de se venger de toutes les années de déperdition et de hogra. Nous lui accorderons un mariage de quatre hommes jusqu’à l’infini, et nous imposerons à ces derniers le voile et des lunettes de soleil. Nous donnerons aussi aux femmes la liberté de se déshabiller et nous veillerons à ce qu’elles soient transparentes et bien formées… », peut-on écouter dans la vidéo du PSB. Pour le slogan, les interprétations sont les bienvenus. « Notre slogan est le suivant : ensemble pour lutter contre alfassas et almoufssissines… » Sûrement une méchante dyslexie du Dr Koteha, qui voulait parler de « dépravation » et de « dépravés». « Une blague sur El Fassi », conclut Rachid Jadir.

Si le PSB est le seul parti humoristique à avoir, à sa façon, vraiment joué le jeu de la campagne électorale, d’autres ont de leur côté un programme, des commentaires ou des idéologies assez insolites. Avec ses 626 membres, le Parti de l’âne démocratique marocain (PÂDM) tient un discours bref, concis mais très populaire. En guise d’insoumission, le parti met les points sur les «i» : « Nous mourrons, oui, mais nous ôterons la selle de nos dos… », peut-on lire dans la présentation de la page Facebook du PÂDM.

Concernant les motifs qui poussent certains à y « militer », ils convergent vers la même chose, et le message est même à connotation phallocratique : « Après une longue réflexion, nous avons décidé de voter pour le parti de l’âne car son programme est clair et très long et ne connaît que la droiture… Votez [pour] l’âne et vous ne serez jamais déçus ! ».

« No, we cant ! »

Le Parti ultra-vide (PUV), quant à lui, n’a « pas de programme, pas de vision, pas de stratégie. Il ne propose rien et ne mettra rien en œuvre pour y parvenir. Quand il n’applique pas à la lettre la politique de la chaise vide, le PUV se réunit à huis clos pour exclure les illuminés qui tenteraient de faire quelque chose », peut-on lire sur la page Facebook de ce parti. Rassemblant autour de lui 136 membres, le slogan du PUV peut paraître très anti-Obama : « No, we cant! » Les partisans de cette formation ce sont amusés à faire leurs propres propositions. Par exemple : « On sera de droite les jours pairs et de gauche les jours impairs », ou encore « Une carte de paresse sera distribuée au plus inactifs… », peut-on lire sur l’un des commentaires. Dans un discours plus « politique », le PUV se prononce : « Position officielle du PUV concernant les élections : on ne sait pas. Aucun de nos militants ne s’est penché sur le sujet. » Et pour couronner le tout, le PUV n’est pas un fanatique du boycott, encore moins du vote : « Certains appellent au vote, d’autres au boycott, le PUV n’appelle à rien du tout ! »

D’autres partis, tels que le Parti de tassa et kartassa (Parti de l’alcool et du plomb) ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines (PSLSCM), ont une rhétorique nettement plus libertaire. Ils promettent en effet dans leur programme électoral de « rapprocher les dealers de drogues et les citoyens », d’« accorder des réductions pour les fêtards » ou même de « miser sur l’enseignement en prônant les valeurs de la soumission.» ça promet pour le prochain gouvernement (version humoristique).


Le 31 octobre 2011, les Palestiniens ont vécu à Paris une journée historique. Leur État a obtenu le statut de membre à part entière à l’Unesco, l’un des principaux organes de l’ONU. Mécontents, Les États-Unis d’Amérique ont bloqué ipso facto leur financement de l’Unesco.
Le pourquoi du comment avec Gabriel Banon, ex-conseiller de Yasser Arafat.

 Gabriel Banon : «<em> C’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël, et maintenant il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance  le reconnaisse</em>». l’État palestinien</em>».Gabriel Banon : « C’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël, et maintenant il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance le reconnaisse». l’État palestinien».

Après l’admission de la Palestine à l’Unesco, en tant que membre à part entière, à quoi rime le mécontentement américain ?
Le président Obama est en pleine campagne électorale pour un deuxième mandat, et, par conséquent, il a besoin de l’appui du Congress et de tous les Démocrates. Chez ces derniers ainsi qu’au Sénat, il y a un grand nombre – ou plutôt une majorité de membres – qui soutiennent Israël. Inconditionnellement. Il est obligé de prendre une position dans cette optique d’élection même si cela peut aller à l’encontre de ses propres déclarations. Ceci, dans la mesure où le président américain a déclaré qu’il était pour un État palestinien dans les frontières de 1967. C’est une politique purement intérieure.

L’Unesco cherche-t-elle a démontrer son indépendance vis-à-vis des États-Unis ? 
Pas vraiment. La question, c’est que l’Unesco s’est retrouvée face à un blocage total. Le processus d’Oslo est mort et Netanyahou l’avait même dit en affirmant : « J’ai tué le processus d’Oslo. » Le Quartet [États-Unis, Russie, UE, ONU] s’agite beaucoup mais ne fait rien de concret. Autrement, c’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël ; et, maintenant, il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance reconnaisse l’État palestinien. Ceci dit, on savait que la situation serait sans issue. Bien que les deux tiers des États membres de l’assemblée soient pour la création d’un État palestinien. Par sa reconnaissance en tant qu’État, la Palestine a décroché une victoire diplomatique indéniable. Je suis convaincu qu’entre Israël et la Palestine, le processus de paix va s’accélérer. Et ce sera déjà cela de gagné.

« Je suis convaincu qu’entre Israël et la Palestine, le processus de paix va s’accélérer. Et ce sera déjà cela de gagné ».

À votre avis, où est- ce que le conflit israélo-palestinien bloque ? Qui le bloque ? 
Le processus de paix est bloqué parce que Netanyahou est prisonnier d’une fragile majorité à la Knesset. En face, il existe une minorité d’extrémistes extrêmement puissante. Netanyahou tient beaucoup à son siège : il ne faut pas oublier cela. Un vrai chef d’État aurait pris ses responsabilités quitte à perdre la fonction de Premier ministre.

Gabriel BanonGabriel Banon

Qu’est-ce que le Printemps arabe a apporté à ce conflit ? 
Là où le Printemps arabe a cartonné, c’est surtout en Égypte et aujourd’hui en Syrie. Il a changé la donne de la politique étrangère, car Israël se disait être le seul État démocratique dans un contexte arabe qui ne serait jamais ouvert à la démocratie.
Aujourd’hui, le monde arabe démontre qu’il peut changer et qu’il veut lui aussi la démocratie. D’ailleurs, à la place d’Israël, je serais content car il y ait à l’avenir des partenaires beaucoup plus fiables et bien plus puissants.
C’est grâce à l’intervention de l’Égypte, en outre, que le soldat Shalit a été libéré. Le Printemps arabe pose beaucoup de problèmes aux Israéliens, car les rapports vont inéluctablement changer.

Israël osera-t-il déclarer la guerre à l’Iran ? 
Je n’ai pas une boule de cristal, mais je ne pense pas qu’Israël attaquera l’Iran. Ceci dit, c’est toute une manœuvre en cours en Israël et dont l’objectif est de profiter du nouveau rapport de l’AIÉA [Agence internationale de l’énergie atomique] et avec pour finalité de pousser l’ONU à durcir les sanctions envers Ahmadinejad et, idéalement, de faire tomber son régime.
Des actions que je juge peu efficaces, car, justement, elles ne menacent pas l’Iran mais tentent timidement de l’étouffer petit à petit en soutenant les opposants…

Quelles sont les erreurs commises par Yasser Arafat et qui ont peut-être handicapé le processus de paix ? 
J’étais un grand partenaire d’Arafat. Il a fait des erreurs comme tout chef d’État, mais elles n’étaient pas fatales. Ses options étaient saines, objectives et constantes.
Par exemple, il a toujours pris une position courageuse en disant que les Palestiniens ne sont pas en guerre contre les juifs mais que les Palestiniens ont un différend avec les Israéliens.
Il était toujours convaincu que les deux entités pouvaient vivre ensemble. Sa politique a été, dans ce sens, claire.


Sous le thème « Sensibiliser et prévenir la pneumonie », les laboratoires Pfizer ont organisé une conférence de presse à l’occasion de la Journée mondiale de la pneumonie, lundi dernier à Casablanca. L’objectif de la conférence était de mettre en exergue cette maladie. Plusieurs spécialistes  sont intervenus lors de cette rencontre. Parmi eux, le Professeur Mohamed Tawfik El Fassi Fihri, chef de service de  pneumologie à l’hôpital Ibn Sina, à Rabat.

 

Mohamed Tawfik El Fassi Fihri, chef de service de  pneumologie à l’hôpital Ibn Sina, à Rabat.   Photo Yassine TOUMI

Mohamed Tawfik El Fassi Fihri, chef de service de pneumologie à l’hôpital Ibn Sina, à Rabat. Photo Yassine TOUMI

Le vaccin est disponible

« La pneumonie est  dû à un microbe qui touche les poumons. Il y a les pneumonies virales et bactériennes. Ces dernières se traitent par des antibiotiques, mais les virales peuvent s’aggraver sans traitement antibiotique», explique le Professeur. Cette maladie atteint surtout les âges sensibles : les moins de 5 ans et les plus de 60 ans. Pour ce qui est de la prévention, le Professeur met l’accent sur une hygiène impeccable, pas uniquement pendant les périodes épidémiques, mais quotidiennement. Un état nutritionnel satisfaisant et une amélioration des facteurs environnementaux sont eux aussi à prendre en considération. « Si on fait cela, c’est déjà un mur assez puissant contre la maladie.

De plus, il y a le vaccin maintenant». L’anti-peumococique 13-Valents répond aux critères des autorités de santé et est mis gratuitement à disposition des enfants dans tous les dispensaires de santé. Pour ce qui est de la prise en charge, « elle se fait selon le profil du patient. Chacun a droit à un traitement diffèrent, car la maladie engendre des conséquences qui diffèrent d’une personne à une autre », précise El Fassi Fihri. Le hic est qu’il n’y a pas d’association au Maroc qui lutte contre la pneumonie. «

Et le secteur de la santé n’est pas encore conscient de la gravité de cette maladie », révèle le médecin. En ce qui concerne la recherche et le développement, le professeur, avoue que « la pneumonie n’a jamais été un axe de recherche prioritaire et qu’il y a d’autres créneaux qui sont plus encouragés… » .

Pas assez de R&D …

Côté financement, le professeur résume cela en quelques mots : « l’argent est le nerf de la guerre. Si on arrive à prouver à nos décideurs qu’il est moins cher de prévenir que de guérir, l’argent nous parviendra ». Le diagnostic reste lui aussi un des problèmes que rencontre la lutte contre la pneumonie au Maroc. Rappelons que cette maladie est la première cause de mortalité infantile dans le monde chez les  enfants de moins de 5 ans et que dans le monde arabe. Le Maroc enregistre, tout comme l’Algérie, 14% de décès d’enfant de moins de 5 ans à cause de cette maladie.◆