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Les péripéties d’Un film ont tourné au cauchemar. Critiqué fortement puis rapidement retiré des salles de cinéma, ce film aux scènes et au langage osés raconte l’histoire d’un réalisateur en quête de production du film de l’année. Fatym Layachi, comédienne du film, nous explique le mauvais sort qu’a connu ce dernier.

Un film, œuvre controversée pour cause de «<em>scènes osées</em>» et de «<em>mots crus</em>». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.Un film, œuvre controversée pour cause de «scènes osées» et de «mots crus». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.

Nombreux parmi ceux qui ont vu Un Film disent ne pas avoir saisi le message du film. Quelle histoire raconte-t-il au juste ?
C’est l’histoire d’un jeune réalisateur qui a envie de faire son premier film et ne sait pas comment s’y prendre. Il cherche le sujet idéal, le scénario parfait. C’est une quête d’inspiration et de créativité. Mais, dans cette quête assez délirante, il entraîne deux personnes avec lui, sa femme et son meilleur ami, qui sont tous les deux comédiens, et les embarque dans son imaginaire. Le film est une production à 100 % marocaine et a été fait un peu «à la cow-boy», sans aucun financement, dans une sorte d’urgence et dans des conditions assez rock’nroll. Mais il a été réalisé avec énormément de sincérité de la part de toute l’équipe. Nous avons cru à ce projet, et nous avons tous accepté de le faire sans aucune contrepartie.

Cinématographiquement parlant, comment jugez-vous la qualité du film ? 
Même si nous avons fait ce film à l’arrache, il a été travaillé avec rigueur : un scénario écrit, des plans bien étudiés… Il y avait forcément peu de moyens techniques mais suffisamment de lumière, un son irréprochable et énormément de professionnalisme.

Un film contient des scènes et un langage assez osés. Quelle est le bien-fondé de la démarche ?
Il n’y a pas d’autre philosophie que celle de la sincérité. Le langage est en effet cru mais jamais gratuit. Je défie quiconque de faire de la poésie ou de parler un langage soutenu dans un bar, là où les propos crus sont par ailleurs tenus… Les mots rudes et le langage frontal, quand ils sont là, c’est que la scène ne peut avoir de sens sans eux… Le langage est forcément intime et tiré du quotidien marocain.

«Un film ne peut pas plaire à certains. Mais la polémique est démesurée et ne parle plus de cinéma mais de dépravation des mœurs, d’atteinte à la pudeur»

La polémique autour de ce film vaut-elle la peine ? 
Je trouve cette polémique ahurissante. Si ce film ne plaît pas à certains, c’est un choix et c’est le propre de toute œuvre d’art. Malheureusement, la polémique, que je juge démesurée, ne parle plus de cinéma mais de phénomène de société, de dépravation des mœurs et d’atteinte à la pudeur.
Nous n’avons obligé personne à aller le voir. La critique est acceptable. Mais la censure, est inadmissible. Je ne comprends pas le fait que, sous la pression de certains liberticides, le film soit retiré des salles de cinéma. Il y a énormément de musique et de film qui ne me plaisent pas, mais ces réalisations ont le droit d’exister, tout comme moi, vous et votre journal.

La comédienne Fatym LayachiLa comédienne Fatym Layachi. Photo Yassine TOUMI

Qui est la cible d’Un film ?
Quand on réalise un film, on a envie que cela plaise au plus grand nombre de spectateurs. Après, si on se penche sur la commission qui donne le visa d’exploitation et sa décision d’interdire ce film aux moins des 16 ans, je trouve cela tout à fait normal et légitime. C’est un devoir de mettre en garde les familles et leur dire que ce n’est pas un film pour les enfants.

Comment concevez-vous le flop du film ?
Je ne peux pas parler de flop, car, pour qu’il y ait un échec commercial, il faut que le film ait d’abord une vie commerciale. Un film, qui est retiré quatre jours après sa diffusion en salles, est un cas très grave.
Sous prétexte qu’un film ne plaît pas à certains, on le retire des salles. D’ailleurs, après la sortie du film, pendant la première semaine, la presse culturelle a fait du bon travail, en parlant du film et en le critiquant. Mais, dès que le débat s’est déplacé sur le terrain de l’analyse sociologique, le film a été retiré. Il faut donner à ce film le droit d’exister ! C’est un droit que nous accorde d’ailleurs la nouvelle Constitution…

Un film a-t-il participé ou participera-t-il à des festivals ?
Il a déjà participé au Festival national du festival de Tanger où il a été primé. Il a eu le Prix de la première œuvre, et Fahd Benchemsi a eu le Prix du meilleur second rôle. Ensuite, il a été sélectionné pour le Festival de Cannes dans cadre du programme « Cinémas du monde». Pour le festival de Marrakech, il a été jugé hors délai.

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Ce sont des partis locaux comme les autres, avec ou sans programme électoral…. À ceci près que leurs noms et leur discours sont assez rigolos… Aperçu des partis MDR marocains !

Parmi les candidats : le Parti du savon noir, le Parti de l’âne démocratique ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines.

« Le Parti du sabone el beldi [savon noir] est le symbole de la lutte contre les saletés du pays. Nos orientations politiques sont de gauche-droite, Nord-Sud et horizontale-verticale… Glissez avec le Parti du sabone el beldi (PSB) et ne vous arrêtez jamais de militer ! »… C’est avec ces phrases bizarres et à peine déchiffrables que commence son discours de campagne le docteur Koteha, mascotte du PSB. D’une durée de trois minutes, la réalisation satirique du réalisateur artistique marocain Rachid Jadir ne manque pas d’humour. Des vidéos sur Youtube aux groupes Facebook, les partis, qui tournent à la dérision les programmes politiques en cette période de campagne électorale, fourmillent sur la Toile marocaine. Outre le PSB, le PÂDM, le PUV et le PTK sont les plus appréciés.

Revendications

حزب الصابون البلدي

Le PSB, avec ses 3 105 membres, semble être un simple parti humoristique marocain. Mais une fois que l’on l’analyse, le discours du Dr Koteha met, en réalité, à nu les revendications des manifestants avec un brin d’exagération, empli de sous-entendus. « Concernant les droits de la femme, nous lui donnerons l’occasion de se venger de toutes les années de déperdition et de hogra. Nous lui accorderons un mariage de quatre hommes jusqu’à l’infini, et nous imposerons à ces derniers le voile et des lunettes de soleil. Nous donnerons aussi aux femmes la liberté de se déshabiller et nous veillerons à ce qu’elles soient transparentes et bien formées… », peut-on écouter dans la vidéo du PSB. Pour le slogan, les interprétations sont les bienvenus. « Notre slogan est le suivant : ensemble pour lutter contre alfassas et almoufssissines… » Sûrement une méchante dyslexie du Dr Koteha, qui voulait parler de « dépravation » et de « dépravés». « Une blague sur El Fassi », conclut Rachid Jadir.

Si le PSB est le seul parti humoristique à avoir, à sa façon, vraiment joué le jeu de la campagne électorale, d’autres ont de leur côté un programme, des commentaires ou des idéologies assez insolites. Avec ses 626 membres, le Parti de l’âne démocratique marocain (PÂDM) tient un discours bref, concis mais très populaire. En guise d’insoumission, le parti met les points sur les «i» : « Nous mourrons, oui, mais nous ôterons la selle de nos dos… », peut-on lire dans la présentation de la page Facebook du PÂDM.

Concernant les motifs qui poussent certains à y « militer », ils convergent vers la même chose, et le message est même à connotation phallocratique : « Après une longue réflexion, nous avons décidé de voter pour le parti de l’âne car son programme est clair et très long et ne connaît que la droiture… Votez [pour] l’âne et vous ne serez jamais déçus ! ».

« No, we cant ! »

Le Parti ultra-vide (PUV), quant à lui, n’a « pas de programme, pas de vision, pas de stratégie. Il ne propose rien et ne mettra rien en œuvre pour y parvenir. Quand il n’applique pas à la lettre la politique de la chaise vide, le PUV se réunit à huis clos pour exclure les illuminés qui tenteraient de faire quelque chose », peut-on lire sur la page Facebook de ce parti. Rassemblant autour de lui 136 membres, le slogan du PUV peut paraître très anti-Obama : « No, we cant! » Les partisans de cette formation ce sont amusés à faire leurs propres propositions. Par exemple : « On sera de droite les jours pairs et de gauche les jours impairs », ou encore « Une carte de paresse sera distribuée au plus inactifs… », peut-on lire sur l’un des commentaires. Dans un discours plus « politique », le PUV se prononce : « Position officielle du PUV concernant les élections : on ne sait pas. Aucun de nos militants ne s’est penché sur le sujet. » Et pour couronner le tout, le PUV n’est pas un fanatique du boycott, encore moins du vote : « Certains appellent au vote, d’autres au boycott, le PUV n’appelle à rien du tout ! »

D’autres partis, tels que le Parti de tassa et kartassa (Parti de l’alcool et du plomb) ou encore le Parti des sauterelles libérales socialistes centristes marocaines (PSLSCM), ont une rhétorique nettement plus libertaire. Ils promettent en effet dans leur programme électoral de « rapprocher les dealers de drogues et les citoyens », d’« accorder des réductions pour les fêtards » ou même de « miser sur l’enseignement en prônant les valeurs de la soumission.» ça promet pour le prochain gouvernement (version humoristique).


Nous vivons une crise politique assidue. Nous avons tous pris –même si tard un peu- conscience de notre inconscience. Les responsabilités politiques sont entrain de « dégager » en réponse intelligible aux nombreux « DEGAGE » scandés dans les manifestations de février 2011 ou bien avant. Combien de fois avons-nous entendu cette phrase nauséabonde et migraineuse : «  je m’en fous. Lah Ghaleb. Ils sont tous des voleurs. » A ce point, nous lâchons prise, nous les marocains ? Je n’ai jamais connu de marocains qui rendent les armes ainsi ? Les boycotteurs iront se réfugier dans le temple du M20F ? Ce dernier n’est qu’un paracétamol social, un défouloir magnifique de revendications et son existence est certes inéluctable, mais en parallèle, l’acte du vote est une complémentarité nécessaire.

Si j’ai pris la décision aujourd’hui de voter, ce n’est pas parce qu’hier ou la semaine dernière mais amis USFPistes ou RNIstes ou PJDistes (ou autres) m’ont fait un lavage de cerveau ou ont essayé de me convaincre mais les raisons sont autres.

 

J’ai pris la décision de voter pour donner tort aux boycotteurs et empêcher les politiciens dépravés de décrocher encore une fois la tête du futur gouvernement. Ma décision de voter vient aussi du fait que je suis optimiste. Tout est entrain de muter vers l’amélioration. Rien au Maroc n’est plus comme auparavant. Pour la petite histoire, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais j’ai constaté durant la campagne électorale la présence d’un type de femmes voilées en jellaba, manches retroussées entrain de faire la promotion de leur parti, et ces femmes là m’ont assuré n’avoir pas touché un sou de corruption. Ces femmes là le font par amour au Pays, par amour à leur mari ou encore par éveil- tout simplement. Partout dans le monde nous assistons à des scènes de corruption dans ce genre de jeu politique… Il ne faut quand même pas chercher la perfection, encore moins vouloir agir en terme de transmutation de valeurs morales. La philosophie du marteau est entrain de s’installer petit à petit au Maroc. Il faut fustiger les dépravés et leur lancer un regard noir… ; en votant. Le RNI a un programme économique alléchant et c’est normal. Le PJD a un programme social dévoué et c’est obligé. L’USFP pour son compte a derrière lui des légendes qui peuvent à n’importe quel moment de la vie politique du Maroc ressusciter. Les autres parties ont eux aussi de l’ambition mais pas assez de communication, pas assez de conscience, pas assez de mentalité 2.0. Je vote donc par élimination. Non pas parce que je n’ai pas le choix mais par ce que j’ai un pressentiment aussi qu’il faut voter cette année là. Nous avons tous une nouvelle responsabilité qui surgit de je ne sais ou –comme l’envie de manger, de rigoler, de dormir- nous avons une envie d’être politiquement responsable. Sans le vote, aucune trace de notre action ne sera retenue. Quand on ne participe pas à un événement national, j’ai personnellement l’impression d’avoir raté une chance de me responsabiliser, de donner mon avis, de me battre contre une loi, une croyance, un circulaire…

La jeunesse marocaine fuit les urnes non seulement parce que les institutions sont dépravées, mais aussi parce que les règles du jeu politique sans dur à comprendre. La règle du jeu est tout de même simple –simpliste j’allais dire- c’est prendre une décision. Et c’est ce que j’ai fait aujourd’hui – et j’estime que ca comment par là- j’ai décidé de voter. J’estime aussi que chacun d’entre nous devrait convaincre le maximum de son entourage à voter. C’est un projet d’avenir collectif et il faut le réussir. Le boycott n’a pas de double choix. Le boycotteur va constamment avec l’idée du tous-pourris, alors que tout le monde sait que nous sommes un tantinet responsables de ce tous-pourri et c’est pourquoi il faut donner sa voix… « On n’est pas assez impliqués », me diraient certains. Et bien votez et proposons tous un nouveau contrat social. Internet au Maroc jouit d’une immense démocratie. Avouons alors qu’une grande partie de cette dernière et acquis. Avons-nous fait assez de bonnes actions avec ? « Mais je n’ai  pas envie de voter, c’est mon droit», va rétorquer un boycotteur. En s’unissant, nos votes tonifieront cette démocratie incomplète… répondrais-je. Enfin, je vote aussi pour faire de la force de notre union un énorme pas social de changement, sans violence ni baltajisme. Je vote car plus on vote et plus notre pouvoir est légitime. Je vote car plus on vote et plus nous mettrons de la pression positive sur nos élus que nous avons-nous même choisi, pour une fois. Je vote, oui,  mais si on continu dans la même trajectoire de la dépravation, c’est la première et la dernière fois que je vote, ce vendredi 25 Novembre 2011.


Le 31 octobre 2011, les Palestiniens ont vécu à Paris une journée historique. Leur État a obtenu le statut de membre à part entière à l’Unesco, l’un des principaux organes de l’ONU. Mécontents, Les États-Unis d’Amérique ont bloqué ipso facto leur financement de l’Unesco.
Le pourquoi du comment avec Gabriel Banon, ex-conseiller de Yasser Arafat.

 Gabriel Banon : «<em> C’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël, et maintenant il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance  le reconnaisse</em>». l’État palestinien</em>».Gabriel Banon : « C’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël, et maintenant il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance le reconnaisse». l’État palestinien».

Après l’admission de la Palestine à l’Unesco, en tant que membre à part entière, à quoi rime le mécontentement américain ?
Le président Obama est en pleine campagne électorale pour un deuxième mandat, et, par conséquent, il a besoin de l’appui du Congress et de tous les Démocrates. Chez ces derniers ainsi qu’au Sénat, il y a un grand nombre – ou plutôt une majorité de membres – qui soutiennent Israël. Inconditionnellement. Il est obligé de prendre une position dans cette optique d’élection même si cela peut aller à l’encontre de ses propres déclarations. Ceci, dans la mesure où le président américain a déclaré qu’il était pour un État palestinien dans les frontières de 1967. C’est une politique purement intérieure.

L’Unesco cherche-t-elle a démontrer son indépendance vis-à-vis des États-Unis ? 
Pas vraiment. La question, c’est que l’Unesco s’est retrouvée face à un blocage total. Le processus d’Oslo est mort et Netanyahou l’avait même dit en affirmant : « J’ai tué le processus d’Oslo. » Le Quartet [États-Unis, Russie, UE, ONU] s’agite beaucoup mais ne fait rien de concret. Autrement, c’est l’ONU qui a créé l’État d’Israël ; et, maintenant, il faut lui refiler le malheureux bébé pour que cette instance reconnaisse l’État palestinien. Ceci dit, on savait que la situation serait sans issue. Bien que les deux tiers des États membres de l’assemblée soient pour la création d’un État palestinien. Par sa reconnaissance en tant qu’État, la Palestine a décroché une victoire diplomatique indéniable. Je suis convaincu qu’entre Israël et la Palestine, le processus de paix va s’accélérer. Et ce sera déjà cela de gagné.

« Je suis convaincu qu’entre Israël et la Palestine, le processus de paix va s’accélérer. Et ce sera déjà cela de gagné ».

À votre avis, où est- ce que le conflit israélo-palestinien bloque ? Qui le bloque ? 
Le processus de paix est bloqué parce que Netanyahou est prisonnier d’une fragile majorité à la Knesset. En face, il existe une minorité d’extrémistes extrêmement puissante. Netanyahou tient beaucoup à son siège : il ne faut pas oublier cela. Un vrai chef d’État aurait pris ses responsabilités quitte à perdre la fonction de Premier ministre.

Gabriel BanonGabriel Banon

Qu’est-ce que le Printemps arabe a apporté à ce conflit ? 
Là où le Printemps arabe a cartonné, c’est surtout en Égypte et aujourd’hui en Syrie. Il a changé la donne de la politique étrangère, car Israël se disait être le seul État démocratique dans un contexte arabe qui ne serait jamais ouvert à la démocratie.
Aujourd’hui, le monde arabe démontre qu’il peut changer et qu’il veut lui aussi la démocratie. D’ailleurs, à la place d’Israël, je serais content car il y ait à l’avenir des partenaires beaucoup plus fiables et bien plus puissants.
C’est grâce à l’intervention de l’Égypte, en outre, que le soldat Shalit a été libéré. Le Printemps arabe pose beaucoup de problèmes aux Israéliens, car les rapports vont inéluctablement changer.

Israël osera-t-il déclarer la guerre à l’Iran ? 
Je n’ai pas une boule de cristal, mais je ne pense pas qu’Israël attaquera l’Iran. Ceci dit, c’est toute une manœuvre en cours en Israël et dont l’objectif est de profiter du nouveau rapport de l’AIÉA [Agence internationale de l’énergie atomique] et avec pour finalité de pousser l’ONU à durcir les sanctions envers Ahmadinejad et, idéalement, de faire tomber son régime.
Des actions que je juge peu efficaces, car, justement, elles ne menacent pas l’Iran mais tentent timidement de l’étouffer petit à petit en soutenant les opposants…

Quelles sont les erreurs commises par Yasser Arafat et qui ont peut-être handicapé le processus de paix ? 
J’étais un grand partenaire d’Arafat. Il a fait des erreurs comme tout chef d’État, mais elles n’étaient pas fatales. Ses options étaient saines, objectives et constantes.
Par exemple, il a toujours pris une position courageuse en disant que les Palestiniens ne sont pas en guerre contre les juifs mais que les Palestiniens ont un différend avec les Israéliens.
Il était toujours convaincu que les deux entités pouvaient vivre ensemble. Sa politique a été, dans ce sens, claire.


Fondateur d’AB-CB (Amine Bendriouich Culture & Bullshit), Amine Bendriouich, 25 ans, compte déjà un prix, le Créateurope, qu’il a décroché à Berlin en 2009, et, surtout, une vision unique de l’habit. Dans cet entretien, il nous apporte son regard sur la manière dont nous, Marocains, nous habillons. Un moment de pure vérité.

Amine Bendriouich : «<em> Si les gnaouas existaient à New York, les gens s’inspireraient d’eux et feraient de ce modèle une fusion mystique et moderne .</em>»  Photo FRANK SCHOEPGENSAmine Bendriouich : « Si les gnaouas existaient à New York, les gens s’inspireraient d’eux et feraient de ce modèle une fusion mystique et moderne .» Photo FRANK SCHOEPGENS

Quel regard portez-vous, en tant que styliste, sur la manière de s’habiller des Marocains ? 
Ça dépend. Je n’aime pas les généralités, mais il me semble que l’on a beaucoup perdu de la classe que l’on avait. Aujourd’hui, on est entré dans une standardisation de l’aspect vestimentaire. C’est comme si nous étions tous invités à une soirée et on nous a demandé de suivre le même dress code. Tous les hommes sont en chemises blanches ou polo et un jean ,et les femmes aussi, même si elles osent un peu plus.
Il reste encore beaucoup d’effort à faire, notamment sur le plan de l’imagination.

Pourquoi y a-t-il encore ceux qui ne savent pas marier les couleurs ou avoir un goût vestimentaire propre à eux ? 
Les gens qui ont un style distingué ne s’affichent justement pas beaucoup au Maroc, à cause du regard de l’autre, de la société qui les juge. Mais la donne change. Petit à petit, on commence à s’assumer et s’accepter comme on est. Certains préfèrent se montrer même si leur aspect vestimentaire est jugé saugrenu.

Sommes-nous des fashion victims ? 
On peut dire que nous le sommes; c’est péjoratif comme notion. Quand certains jeunes veulent briser les limites de leur paraître, ils cherchent à imiter le style des mannequins qui posent pour les magazines, ou bien ils achètent des tenues et accessoires vues dans des soirées ou des séries télévisées.

À votre avis, de qui s’inspire la majorité des Marocains pour s’habiller ?
Malheureusement, nombre de gens s’inspirent des séries pourries et traduites en darija qui passent à la télévision. D’autres s’inspirent de leurs amis qui ont fait le choix d’un style qui les arrange.
En général – et ce qui est déjà un grand pas –, la communauté de la mode que nous avons ici au Maroc s’est inspirée des styles des genres de musiques internationales tels que le rock, le hip hop, le punk, etc. Nous restons, encore une fois, otages de l’ostentatoire et du spectacle. Et nous oublions que notre culture est aussi riche en sources d’inspiration. Si les gnaouas existaient à New York, les gens s’inspireraient d’eux et feraient de ce modèle une fusion mystique et moderne. C’est ce que l’on n’a pas encore exploité.

«On est rentré dans une standardisation vestimentaire. C’est comme si nous étions tous invités à une soirée et que l’on nous ait demandé de suivre le même dress code».

Existe-t-il des coachs pour l’image au Maroc, de façon à aider les gens à améliorer leur manière de se vêtir ? 
Pas vraiment, et c’est tant mieux. Les coachs n’ont rien à nous enseigner sauf, peut-être, une manière de se voir et de se présenter dans la société. Avec toutes les limites de la démarche. J’essaye moi-même de comprendre pourquoi ce style serait meilleur que l’autre. Je peux à la limite donner des conseils, mais le plus important pour moi, c’est que chacun doit s’habiller de la manière dans laquelle il se sent le plus à l’aise.
Le style ou la tendance du moment obsède les gens, et c’est pourquoi il ne faut pas les suivre d’une manière irréfléchie. Être soi-même, c’est chic.

Vos créations s’inspirent de l’univers urbain. Pensez-vous que les Marocains accepteraient des styles nouveaux. Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
Notre société est de plus en plus urbaine. À un certain moment, il faut commencer à assumer cela. Je ne peux pas dire mieux que le naturaliste français Georges-Louis Leclerc de Buffon : « Le style est l’Homme même ». Hassan II, lui aussi, comprenait très bien cette phrase.
Il existe des gens qui portent un sac de patates et que l’on trouve extraordinaires. D’autres peuvent porter les costumes et les robes les plus in du moment, et ils vont avoir l’air de rien.
Pour moi, le vêtement est l’accessoire de l’attitude. Et c’est l’attitude qui dit au monde qui nous sommes.


Organisée autour du thème « Explorer les frontières », la deuxième édition de TEDx Casablanca se voulait un moyen de redéfinir les barrières entre politique et économie, sphère privée et publique et même la vie et (le droit à) la mort. Compte-rendu.

Abdelhadi Tazi, ex conseiller de feu Hassan II et ancien historien du Royaume.  Photo Brahim TAOUGARAbdelhadi Tazi, ex conseiller de feu Hassan II et ancien historien du Royaume. Photo Brahim TAOUGAR

Aux Etats-Unis, l’événement, vieux de 25 ans, est considéré comme un des plus grands rendez-vous d’intellectuels. Le concept a émergé pour la première fois à Monterrey en Californie. Depuis, TED (Technology Entertainment Design), et connaissant un succès chaque fois plus grand, s’est développé dans le monde entier, traitant de  divers sujets, du moment comme d’ordre philosophique. Samedi, Le TEDx Casablanca en était à sa deuxième édition. « La 1ère édition TEDx Casablanca s’est tenue en septembre 2010 et a été la déclinaison du concept américain au Maroc et c’était aussi la première dans le Maghreb et elle avait coïncidé avec celle de TEDx Carthage en Tunisie ».

« La seule frontière qui reste, c’est l’univers que nous n’avons pas totalement exploré et nos convictions qui nous enchaînent ».
Fadhila Brahimi, coach.

C’est avec un amour paternel que Réda El Ourouba, l’un des initiateurs et organisateur du TEDx Casablanca, nous a  parlé, samedi, de cette dernière. Pour lui, le rassemblement est un « spectacle »  d’idées et de partage. « Avec tout le cœur que les huit  membres de notre équipe mettent à l’ouvrage, nous comptons faire de cet événement une rencontre de qualité ». Hormis le TEDx Casablanca, TEDx est passé par Al Akhawayn, Rabat, Agadir. Des cycles TEDx sont aussi en préparation à Kénitra et  à Tanger ainsi qu’au niveau de tout le réseau des écoles ISCAE. Pour Réda, la spécificité du TEDx Casablanca du samedi se résume en deux points «  Il est le cinquième en terme de notoriété dans la région MENA et nous sommes les premiers en termes d’audience au Maghreb », explique-t-il. Si TEDx Casablanca 2010 avait comme thème «Cinq qualités qui font échouer à l’école mais réussir dans la vie», celui de cette année a été plus bref mais plus pertinent : Explorer les frontières. « On entend dire que les marchés surveillent l’évolution politique future de pays comme l’Espagne et on se pose donc la question fatidique: quelles frontières y a-t-il, par exemple, entre l’économie et la politique ? La France, pays laïc, vit des débats houleux sur sur la religion, alors on se demande quelles frontières il y a entre la sphère privée et publique du religieux? Certains personnes veulent s’euthanasier… Y a-t-il une frontière entre  vie et  mort ? Le concept doit être redéfini. C’est cela le but. », nous résume Réda.

                                                                          Reda El Ourouba, l’un des initiateur du TEDx Casablanca

La fin des frontières

Cette phrase, tous les invités TEDx Casablanca l’on répétée samedi, mais c’est Fadhila Brahimi, fille de parents algériens, mais surtout coach et initiatrice du concept de Personnel Branding en France qui a déclenché des applaudissements quand elle l’a annoncé en premier. « La seule frontière qui reste, c’est l’univers que nous n’avons pas totalement exploré et nos convictions qui nous enchaînent », explique Fadhila. Cette dernière se définit en tant qu’exploratrice, car « nous ne devons pas oublier que nous le sommes tous par nature… ». Pour explorer les frontières, Fadhila juge que nous manquons de courage et qu’il faut passer par des étapes : « Se protéger, avoir de l’empathie mais aussi porter de l’intérêt aux autres… », dit-elle. Le message féministe le plus fort, c’est elle qui le transmet. « La femme aujourd’hui a ce don de nous montrer comment nous pouvons vivre ensemble malgré toutes nos différences ! », martèle-t-elle.

De la religion et du handicap

Si TEDx Casablanca est une rencontre d’idées, aucune limite ne devrait être tenue contre les discours théologiques. C’était en tout cas la conviction de deux des intervenants de cet événement, Hamza Aboulfeth, président de la société d’hébergement web, Genious Communication et Abdelhadi Tazi, historien du Royaume et conseiller de Feu Hassan II. « Je ne veux pas sombrer dans le prosélytisme, mais Dieu TED ! , témoigne Hamza avec humour, en parlant des frontières célestes et terrestres. Il t’aide si tu l’implores, mais à côté, il faut travailler dur. » De sa part, l’historien évoque une citation duProphète qui a ému l’audience : « le messager de Dieu a dit : faites attention! Nous sommes, tout un chacun, responsables et maîtres de nos actes… ». Mais, pour Amina Slaoui, présidente de l’Association marocaine des handicapés et Adil Fakir, directeur de la régie publicitaire de la SNRT, la vraie croyance c’est de croire en soi quelle que soit notre perception des choses. « Il faut rejeter le statu quo. Nous avons le pouvoir de dire non ! », constate Adil. Amina Slaoui a de son côté franchi une énorme limite : « J’ai dépassé les frontières de la mort et de la peur après mon accident à vélo », raconte-t-elle.

Samedi, TEDx Casablanca avait consacré beaucoup de surprises aux invités. L’une des plus belles fût, le surpassement d’une frontière virtuelle anonyme : @CitizenKayen , un grand actif de la twittoma qui n’est personne d’autre que… Adel Fakir !


Une liste de sites marocains aurait été piratée par des hackers algériens. L’opération aurait été menée en réponse à une attaque hacktiviste marocaine contre plusieurs sites gouvernementaux algériens.

Hackers
Dimanche (06 novembre 2011) , des hacktivistes marocains auraient piraté des sites gouvernementaux et financiers algériens parmi lesquels figurent ceux  de la Direction générale des impôts, le ministère de l’Énergie et des Mines, la Direction des grandes entreprises, la Wilaya, le site du foncier économique algérien ou encore le Ministère de l’Industrie algérien, d’après le site algérien « Tout sur l’Algérie » (TSA). «174 sites ont été piratés par des hackers algériens», a indiqué mardi un des hackers dans un message adressé au site algérien TSA. Mais, en visitant cette liste exagérée « où les noms des sites sont répétés plus de deux fois », comme le fait remarquer un internaute marocain, seuls une dizaine de sites marocains auraient succombé aux coups de l’attaque cybercriminelle algérienne. Jusqu’à hier, tous les sites marocains de ladite liste étaient opérationnels, hormis innovate.ma et buzznbuzz.net.

Des messages flous, mais haineux

Les hacktivistes algériens, durant ces derniers jours, n’ont pas lésiné sur les messages de haine qu’on pouvait lire mardi sur les sites marocains piratés : « F*** triple Hack », ou encore «En réponse à un groupe de marocains idiots ». Du côté marocain, le verbe a été moins vulgaire mais plus populiste. L’occasion prétexte aurait été la fête de la Marche verte, célébrée dimanche.

Les sites marocains hackés comporttaient des messages insultants.Les sites marocains hackés comporttaient des messages insultants.

Sur un arrière-plan noir, avec la musique de l’hymne national comme fond sonore, les hacktivistes marocains ont laissé le message « Les forces de dissuasion marocaines défendent les intérêts suprêmes du Royaume » sur le site de la Direction générale des impôts algérienne. Signant leur « exploit » par Xdz-Team, ces hacktivistes marocains affichent leur royalisme par d’autres messages comme « Dieu, la Patrie et le Roi » et « Le Sahara est marocain, n’en déplaise aux Algériens ».

Ce qui reste flou dans cette histoire, c’est que d’autres hacktivistes marocains ou algériens auraient piraté des sites de leur propre pays afin d’étaler leur savoir en la matière. « Dans le temps, les guerres se menaient au front et non pas en face d’un écran », commentait un internaute algérien sur le site TSA. Mais, les internautes marocains préfèrent ne pas donner de dimension politique à cet incident, car « il n’est question que d’une faille informatique générale, il ne faut pas exagérer ! », conclut un marocain sur le réseau de microblogging, Twitter.