Archives de la catégorie ‘Audiovisuelle’


Réalisé par Bouraque Tarek ( Facebook https://www.facebook.com/profile.php?id=100001221584791 )

Commentaire : Alae Bennani

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Les péripéties d’Un film ont tourné au cauchemar. Critiqué fortement puis rapidement retiré des salles de cinéma, ce film aux scènes et au langage osés raconte l’histoire d’un réalisateur en quête de production du film de l’année. Fatym Layachi, comédienne du film, nous explique le mauvais sort qu’a connu ce dernier.

Un film, œuvre controversée pour cause de «<em>scènes osées</em>» et de «<em>mots crus</em>». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.Un film, œuvre controversée pour cause de «scènes osées» et de «mots crus». Ci dessous : la comédienne Fatym Layachi.

Nombreux parmi ceux qui ont vu Un Film disent ne pas avoir saisi le message du film. Quelle histoire raconte-t-il au juste ?
C’est l’histoire d’un jeune réalisateur qui a envie de faire son premier film et ne sait pas comment s’y prendre. Il cherche le sujet idéal, le scénario parfait. C’est une quête d’inspiration et de créativité. Mais, dans cette quête assez délirante, il entraîne deux personnes avec lui, sa femme et son meilleur ami, qui sont tous les deux comédiens, et les embarque dans son imaginaire. Le film est une production à 100 % marocaine et a été fait un peu «à la cow-boy», sans aucun financement, dans une sorte d’urgence et dans des conditions assez rock’nroll. Mais il a été réalisé avec énormément de sincérité de la part de toute l’équipe. Nous avons cru à ce projet, et nous avons tous accepté de le faire sans aucune contrepartie.

Cinématographiquement parlant, comment jugez-vous la qualité du film ? 
Même si nous avons fait ce film à l’arrache, il a été travaillé avec rigueur : un scénario écrit, des plans bien étudiés… Il y avait forcément peu de moyens techniques mais suffisamment de lumière, un son irréprochable et énormément de professionnalisme.

Un film contient des scènes et un langage assez osés. Quelle est le bien-fondé de la démarche ?
Il n’y a pas d’autre philosophie que celle de la sincérité. Le langage est en effet cru mais jamais gratuit. Je défie quiconque de faire de la poésie ou de parler un langage soutenu dans un bar, là où les propos crus sont par ailleurs tenus… Les mots rudes et le langage frontal, quand ils sont là, c’est que la scène ne peut avoir de sens sans eux… Le langage est forcément intime et tiré du quotidien marocain.

«Un film ne peut pas plaire à certains. Mais la polémique est démesurée et ne parle plus de cinéma mais de dépravation des mœurs, d’atteinte à la pudeur»

La polémique autour de ce film vaut-elle la peine ? 
Je trouve cette polémique ahurissante. Si ce film ne plaît pas à certains, c’est un choix et c’est le propre de toute œuvre d’art. Malheureusement, la polémique, que je juge démesurée, ne parle plus de cinéma mais de phénomène de société, de dépravation des mœurs et d’atteinte à la pudeur.
Nous n’avons obligé personne à aller le voir. La critique est acceptable. Mais la censure, est inadmissible. Je ne comprends pas le fait que, sous la pression de certains liberticides, le film soit retiré des salles de cinéma. Il y a énormément de musique et de film qui ne me plaisent pas, mais ces réalisations ont le droit d’exister, tout comme moi, vous et votre journal.

La comédienne Fatym LayachiLa comédienne Fatym Layachi. Photo Yassine TOUMI

Qui est la cible d’Un film ?
Quand on réalise un film, on a envie que cela plaise au plus grand nombre de spectateurs. Après, si on se penche sur la commission qui donne le visa d’exploitation et sa décision d’interdire ce film aux moins des 16 ans, je trouve cela tout à fait normal et légitime. C’est un devoir de mettre en garde les familles et leur dire que ce n’est pas un film pour les enfants.

Comment concevez-vous le flop du film ?
Je ne peux pas parler de flop, car, pour qu’il y ait un échec commercial, il faut que le film ait d’abord une vie commerciale. Un film, qui est retiré quatre jours après sa diffusion en salles, est un cas très grave.
Sous prétexte qu’un film ne plaît pas à certains, on le retire des salles. D’ailleurs, après la sortie du film, pendant la première semaine, la presse culturelle a fait du bon travail, en parlant du film et en le critiquant. Mais, dès que le débat s’est déplacé sur le terrain de l’analyse sociologique, le film a été retiré. Il faut donner à ce film le droit d’exister ! C’est un droit que nous accorde d’ailleurs la nouvelle Constitution…

Un film a-t-il participé ou participera-t-il à des festivals ?
Il a déjà participé au Festival national du festival de Tanger où il a été primé. Il a eu le Prix de la première œuvre, et Fahd Benchemsi a eu le Prix du meilleur second rôle. Ensuite, il a été sélectionné pour le Festival de Cannes dans cadre du programme « Cinémas du monde». Pour le festival de Marrakech, il a été jugé hors délai.


Une liste de sites marocains aurait été piratée par des hackers algériens. L’opération aurait été menée en réponse à une attaque hacktiviste marocaine contre plusieurs sites gouvernementaux algériens.

Hackers
Dimanche (06 novembre 2011) , des hacktivistes marocains auraient piraté des sites gouvernementaux et financiers algériens parmi lesquels figurent ceux  de la Direction générale des impôts, le ministère de l’Énergie et des Mines, la Direction des grandes entreprises, la Wilaya, le site du foncier économique algérien ou encore le Ministère de l’Industrie algérien, d’après le site algérien « Tout sur l’Algérie » (TSA). «174 sites ont été piratés par des hackers algériens», a indiqué mardi un des hackers dans un message adressé au site algérien TSA. Mais, en visitant cette liste exagérée « où les noms des sites sont répétés plus de deux fois », comme le fait remarquer un internaute marocain, seuls une dizaine de sites marocains auraient succombé aux coups de l’attaque cybercriminelle algérienne. Jusqu’à hier, tous les sites marocains de ladite liste étaient opérationnels, hormis innovate.ma et buzznbuzz.net.

Des messages flous, mais haineux

Les hacktivistes algériens, durant ces derniers jours, n’ont pas lésiné sur les messages de haine qu’on pouvait lire mardi sur les sites marocains piratés : « F*** triple Hack », ou encore «En réponse à un groupe de marocains idiots ». Du côté marocain, le verbe a été moins vulgaire mais plus populiste. L’occasion prétexte aurait été la fête de la Marche verte, célébrée dimanche.

Les sites marocains hackés comporttaient des messages insultants.Les sites marocains hackés comporttaient des messages insultants.

Sur un arrière-plan noir, avec la musique de l’hymne national comme fond sonore, les hacktivistes marocains ont laissé le message « Les forces de dissuasion marocaines défendent les intérêts suprêmes du Royaume » sur le site de la Direction générale des impôts algérienne. Signant leur « exploit » par Xdz-Team, ces hacktivistes marocains affichent leur royalisme par d’autres messages comme « Dieu, la Patrie et le Roi » et « Le Sahara est marocain, n’en déplaise aux Algériens ».

Ce qui reste flou dans cette histoire, c’est que d’autres hacktivistes marocains ou algériens auraient piraté des sites de leur propre pays afin d’étaler leur savoir en la matière. « Dans le temps, les guerres se menaient au front et non pas en face d’un écran », commentait un internaute algérien sur le site TSA. Mais, les internautes marocains préfèrent ne pas donner de dimension politique à cet incident, car « il n’est question que d’une faille informatique générale, il ne faut pas exagérer ! », conclut un marocain sur le réseau de microblogging, Twitter.


Les 27 et 28 octobre s’est tenue à Marrakech la Conférence internationale sur « l’Impact des médias sociaux sur les organisations et les entreprises » (SMI’2011). Entretien avec Marouane Harmach, consultant en intelligence économique et réseaux sociaux.

internet

Il y a près de 3 905 080 d’internautes marocains, uniquement sur facebook.

HarmachMarouane Hamrach

Quels types d’outils en matière de réseaux sociaux sont-ils utilisés par les Marocains. Pourquoi s’attachent-ils à certains plus qu’à d’autres ?
Les Marocains utilisent pleins de médias sociaux. Les raisons qui font que les Marocains sont plus actifs sur un réseau social plutôt que sur un autre sont d’ordre sociologique mais aussi linguistique. La star du web reste facebook avec plus de 3,9 millions de comptes ouverts au Maroc. Ce site monopolise la plus grande part de l’espace d’expression et de partage sur le web. Ensuite, nous avons les réseaux sociaux professionnels tels que Viadeo, avec à peu près 200 000 personnes en langue française. Sur le même registre, il faut aussi compter Linkedin, qui reste moins prisé pour ses origines anglo-saxonnes mais bien parti pour rattraper Viadeo. On a aussi d’autres réseaux sociaux et microblogs, comme Twitter. La twittoma marocaine compte entre 18 000 et 40 000 actifs. Notons l’arrivée d’un nouveau venu Google +, qui n’a pas encore trouvé sa place. Mais je pense que ça va venir.
Quid des réseaux marocains?
Il y a évidemment des sites et autres réseaux qui ont du succès. Je pense à Aalam Jadid, par exemple, mais qui se cherche encore car il a un nouveau concurrent, bladibook.
On a vu lors des conférences qu’il y a 5 acteurs d’influence sur les réseaux sociaux. Les créateurs d’idées, les amplificateurs, les curateurs, les commentateurs et les observateurs. Où se positionnent les internautes marocains ? 
Globalement, puisque nous sommes dans une communauté active, on est beaucoup plus des créateurs d’idées, des commentateurs et un peu observateurs. Les internautes marocains n’ont malheureusement pas encore atteint la maturité des autres pays pour remplir les 5 cases du schéma. Mais, grosso modo, ils arrivent à mobiliser les foules et c’est déjà ça…
Les internautes marocains utilisent-ils intelligemment les réseaux sociaux ? 
Cela dépend des gens. Sur facebook, il y en a qui l’utilisent pour écouter de la musique, discuter avec des amis ou s’informer. Il y en a d’autres qui sont à la recherche d’un emploi ou d’un stage. Facebook est à la base un réseau de partage, pas plus. Il y a d’autres réseaux sociaux plus spécialisés en cela. Est-ce que les Marocains utilisent intelligemment les réseaux sociaux? La réponse est oui, mais la majorité ne fait pas attention au temps fou qu’elle perd devant l’écran, l’utilisation des applications non sécurisées et les arnaques dans lesquelles nombre d’internautes tombent. Il faut savoir qu’un réseau social est un espace grandiose de liberté d’expression, et chacun est responsable de ce qu’il y exprime.
Les entreprises marocaines doivent-elles se mettre aux réseaux sociaux. 
Il y a près de 3 905 080 d’internautes marocains, uniquement sur facebook. Donc les entreprises ont forcément leurs clients sur ces réseaux sociaux, et ils doivent les conquérir. C’est une forme de communication intéressante à ne pas ignorer. Chaque entreprise doit avoir son empreinte digitale sur le web afin de comprendre les attentes et desiderata des clients potentiels ou déjà acquis.
Comment les entreprises et les organisations marocaines utilisent les réseaux sociaux?
Hit Radio qui a réussi à créer une relation de sympathie grâce à Internet. Il y a aussi les trois opérateurs téléphoniques qui s’essayent au webmarketing. Après, il y a d’autres entreprises qui communiquent comme la Lydec, la Marocaine des jeux et la Loterie nationale. Pour les partis politiques, l’usage reste une simple formalité, obligatoire et saisonnière…
Quelles sont les limites des réseaux sociaux et les pièges à éviter ?
On doit savoir que tout ce qui est publié sur les réseaux sociaux est la propriété de tout le monde. Il n’y a pas d’intimité. Sachez qu’une fois une photo publiée sur facebook, elle devient sa propriété… On risque de nous retrouver dans des situations embarrassantes comme ce fut le cas de la famille de Yasmina Baddou. Il y a des dangers, et il faut faire très attention. Même chose pour les entreprises qui risquent d’y perdre toute leur réputation. Des chartes d’utilisation sont notamment souhaitables à instaurer.
Faudrait-il établir des barrières légales à l’utilisation d’Internet ?
Oui, car il y a des dérapages qui méritent d’être sanctionnés. Et non, car cela risque de limiter la liberté d’expression. ◆

 

PS: Pensez à simuler vos votes SVP, comme ça, nous avons une idée sur les prochaines élections marocaines du 25 Novembre 2011 . http://bit.ly/shpt4a  Merci .


« Les dérives sexuelles sur Internet au Maroc », tel est le thème d’une étude dont les grandes lignes ont été présentées par Imane Kendili, psychiatre, psychologue et addictologue au CHU Ibn-Rochd, lors du 15e Congrès marocain de sexologie, qui s’est tenu les 14, 15,16 octobre à Casablanca.

Tous les jours, un tiers des 12-18 ans se connecteraient à Internet, et presque la moitié le feraient durant une à trois heures.Tous les jours, un tiers des 12-18 ans se connecteraient à Internet, et presque la moitié le feraient durant une à trois heures.

Le Congrès marocain de sexologie aura été moins théorique cette année. La 15e édition s’est penchée sur  les rapports des Marocains à internet. Parmi les sujets traités dans cette étude, qui sera prochainement publiée, on retrouve « Internet et les violences sexuelles au Maroc»,  «La cyberaddiction sexuelle au Maroc» ou encore «Couples, infidélité et Internet au Maroc».

L’étude a été réalisée par les psychiatres membres de l’Association marocaine universitaire de santé sexuelle (Amuss), Imane Kendili, Roquia Benjelloun, Adil Khoubila et Nadia Kadiri, en collaboration avec le laboratoire de Santé mentale, de Cognition et de Psychopathologie et le Centre psychiatrique universitaire Ibn-Rochd. Sur les objectifs de cette étude, les chercheurs avancent que «dans un pays comme le Maroc où les tabous et les non-dits sévissent, Internet représente un espace de liberté empreint d’anonymat où l’individu vit des échanges divers hors du regard sociétal mais réalise aussi des penchants ou fantasmes pouvant conduire  à des mésusages dont découlent  des dérives certaines que nous nous sommes proposés de sillonner».

L’étude signale notamment que le Maroc se situe à la tête des pays africains en termes d’intensité de connectivité avec un taux de pénétration de 41,3 %, laissant derrière l’Italie avec 37 % et l’Espagne à 34 %.

«Le Maroc compte, en janvier 2011, près de 13 millions d’internautes, un chiffre en hausse continue. De plus, le nombre d’internautes est presque dix fois supérieur au nombre d’accès à Internet. Cela s’explique par le fait que les Marocains ne se connectent pas forcément depuis leurs domiciles, mais aussi à partir des cybercafés. En effet, le pays compte un très grand nombre de cybercafés avec un prix qui varie entre trois et six dirhams pour une heure de connexion », selon les auteurs de l’étude.

Autre constat, à l’échelle du monde  arabe, le Maroc, encore une fois, est le pays «qui a le plus de pages Web référencées par Google».

Technicité de la méthode

Le phénomène de cette excessive «cyberexistence» des Marocains et les psychopathologies, que génère un phénomène jamais étudié au Maroc auparavant, constituent l’esprit de cette étude. Toutefois, l’étude fait face à plusieurs critiques quant aux échelles sur lesquelles elle doit se baser. Imane Kendili évoque les Critères de Griffiths (1996), les Critères diagnostiques des dépendances comportementales de Goodman (1990), les Critères de Young, les Critères diagnostiques de l’usage problématique d’Internet de Beard et Wolf (2001) et les Critères diagnostiques d’addiction à Internet chez les élèves de collège Ko et al (2009). En ce qui concerne les personnes interrogées, l’étude a tenté de cibler un échantillon diversifié. Le premier questionnaire a été distribué dans des établissements universitaires publics «sans oublier la crainte qui pouvait émaner de la vague islamiste et les grèves ainsi que les insultes et les réactions agressives verbales ou écrites», remarque la psychanalyste. Le deuxième questionnaire, destiné aux adolescents de 12 à 18 ans, comporte 58 items et explore les domaines suivants : données socio-démographiques, usage général d’Internet, comportement vis-à-vis de la Toile, vie et violence sexuelles sur Internet. Les chercheurs ont pris soin de poser un questionnaire 3-en-1 avec 3 variations interrogeant distinctement les plus de 18 ans, les moins de 18 ans et un autre questionnaire en ligne destiné au grand public. En ce qui concerne le type de question qui ont été posées, l’étude s’est appuyée sur des «interrogations d’ordre général», «Internet et vous», «Votre vie intime», ou encore  des «Questions pour les couples ».

Quant aux paramètres, l’étude intéressée est basée sur le «sentiment de perte de contrôle» vis-à-vis d’Internet chez les Marocains et «l’usage et la durée excessifs passés sur Internet ». L’étude révèle notamment des chiffres emblématiques. « Sur un échantillon de 600 Marocains, 16,5 % ont une durée de connexion de 3 à 8 heures par jour alors que 3,3 % passent plus de 8 heures devant leurs ordinateurs quotidiennement. » Pour ce qui est de la fréquence de la connexion, « 75,6 % des Marocains se connectent le plus souvent le soir dont 64,9 % à des sites de discussion en ligne. Pour ceux qui ne se contrôlent pas du tout, le chiffre atteint 11,4 % », dévoile l’étude.

Les 12-18 ans encore plus accro

Pour les jeunes Marocains âgés entre 12 et 18 ans, Imane Kendili avoue qu’« il n’est pas si facile de poser des questions qui relèvent du tabou à des personnes si jeunes.» Mais, sur des questions plus vagues, les réponses ont été spectaculaires. «32,8  % d’entre eux se connectent tous les jours et 46,6% se connectent à Internet durant une à trois heures quotidiennement Au-delà de 8 heures de connexion par jour, ils sont à peine 7,8% à l’avouer», indique l’étude. Pour ce qui est de la soirée, les 12-18 ans atteignent les 64,7% alors que 57,8% ne peuvent vraiment pas se passer d’Internet. Bref, dans l’ensemble de l’échantillon, la cyberaddiction est aigüe.

Parmi les solutions que propose l’étude, mise à part l’urgence de tirer la sonnette d’alarme, il y a  la nécessité d’établir des campagnes de sensibilisation, de prévention et de sécurisation. Le Centre  d’addiction en ligne (Cali) est aussi là pour aider les «drogués» au Web, via un dispositif payant.

En attendant la publication de cette étude, n’oublions jamais, après tout, l’existence inéluctable de notre cher monde réel…


Réseaux sociaux, cyberréputation, Community Management, Social Shopping… tout un jargon professionnel, celui des médias sociaux. Très utiles pour améliorer l’image, ils pleuvent sur les entreprises marocaines aussi.

Seulement 7 % des entreprises, dans le monde, seraient en mesure d’intégrer les médias sociaux dans leurs activités de marketing.Seulement 7 % des entreprises, dans le monde, seraient en mesure d’intégrer les médias sociaux dans leurs activités de marketing.

Marrakech accueille les 27 et 28 octobre une conférence internationale sur le thème « L’impact des médias sociaux sur les organisations et les entreprises». Cette conférence, SMI’2011, sera organisée par le cabinet international de conseil et de formation, iCompetences. On y discutera du futur des entreprises en relation avec les médias sociaux. Le directeur général d’iCompetences pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Farid Yandouz, livre au Soir échos les grandes lignes des débats prévus lors de cet événement mondialement prisé.

Quel est l’impact des médias sociaux aujourd’hui ? 
Le constat que font tous les professionnels des médias sociaux est le suivant : les médias sociaux sont partie intégrante de notre quotidien professionnel. Leur impact est à prendre en considération. Il est multidimensionnel. Il peut influer sur le fonctionnement intérieur de l’entreprise,  sur les salariéspar exemple, leur productivité et leur créativité. Et il peut avoir un impact externe sur le business de l’entreprise, son chiffre d’affaires et son environnement externe, que ce soient ses concurrents ou ses clients. Concrètement, s’il y a un buzz, il est reflété par l’image que l’entreprise veut véhiculer.

Comment se travaillent L’e-réputation et le rapport client-entreprise ?
La e-réputation de l’entreprise est amplifiée par les médias sociaux. Elle se travaille à l’aide des RP, les réseaux sociaux, la communication interne et externe. C’est l’art de gérer la crise de tous les côtés. Tous les flux d’information qui circulent concernant le produit de l’entreprise doivent être maîtrisés pour améliorer son image. Pour ce qui est du rapport client-entreprise, il y a plus de facilité de communication et plus de réactivité face à la satisfaction ou l’insatisfaction des clients. Mais aussi, plus de défis à gérer cette communication face à une communauté qui réagit à chaud, en direct et parfois même de manière agressive. L’effet des médias sociaux se caractérise par cet effet de chaîne qui fait que les gens adoptent ce que pensent ou disent les autres…

La culture du Community Management est-elle à l’ordre du jour aujourd’hui dans les entreprises ?
Animer les échanges sur les médias sociaux pour une société ou une marque est un vrai challenge. Fédérer ces échanges, en tenant compte de la multiplicité des médias sociaux, des attentes de la marque, et des règles de bonne conduite au sein de cette communauté, est un travail colossal et complexe qui requiert des professionnels. Les intervenants à la conférence SMI’2011 partageront les bonnes pratiques en terme de Community Management et on verra comment et pourquoi les entreprises devront faire appel à des professionnels pour animer et fédérer leur présence sur les médias sociaux.

Quel usage doit-on faire aujourd’hui des réseaux sociaux dans les entreprises ?
L’usage des réseaux sociaux pour une entreprise doit être un levier de communication interne et externe pour mieux vendre l’image et réconforter les stratégies. C’est repenser la manière avec laquelle on doit vendre un  produit et s’inspirer des bonnes pratiques pour être plus compétitif. Les réseaux sociaux ne segmentent pas, comme dans la méthode traditionnelle, mais rénovent et revoient la philosophie même de l’entreprise.

Les entreprises marocaines suivent-elles convenablement la cadence de l’évolution des médias sociaux ?
En effet, plusieurs entreprises gèrent leur image grâce aux médias sociaux. Il y a énormément de réussites mais il y a encore des entreprises qui s’initient à l’usage de ces médias car il ne faut pas commettre d’erreur sur la Toile. Il faut créer une présence, une stratégie de médias sociaux. Il faut s’orienter sur ce que les gens veulent voir.

Quel est l’intérêt d’assister à la conférence SMI’2011 ? 
Comme en atteste la Harvard Business Review, les trois quarts des entreprises ne savent pas où la plupart de leurs clients parlent de leurs marques et de leurs produits et une fraction de 7 % seulement est en mesure d’intégrer les médias sociaux dans ses activités de marketing.
SMI’2011 permettra, à ceux qui vont y assister, de mieux s’imprégner des bonnes pratiques des experts internationaux. Ces derniers seront présents parmi nous afin de développer ou de raffiner leur approche et leur stratégie vis-à-vis des médias sociaux afin de réconforter leur avantage concurrentiel. Il s’agit aussi d’une excellente opportunité de rencontre et de reséautage entre les professionnels et les dirigeants.◆

Bio’ express

Farid YandouzLe parcours de Farid Yandouz est significatif. Il est le directeur général d’iCompetences (Région Afrique & Moyen-Orient) depuis 2010.

Le premier titre qu’il décroche est celui d’ingénieur d’État de l’Institut national des postes et des télécommunications (Maroc). Il est, par la suite, diplômé de l’Université de Coventry, où il obtient un Master of Science in OperationofManagement / ICT (with Distinction).

Il est lauréat de la bourse d’excellence Chevening Scholarship (financée par le UK Foreign & Commonwealth Office) 2003.
Ses multiples acquis lui ont permis de contribuer au développement de la présence de la firme américaine au Maghreb et en Afrique subsaharienne.


Bien que déficient visuel, Driss Meroudi maîtrise l’arabe, le français, l’anglais, l’espagnol. Mais c’est d’abord un jeune qui chante sa douleur à travers le langage sans concession du rap. Son seul handicap : le regard des autres… Portrait d’un clairvoyant.

Le rappeur Driss Meroudi.  Photo Yassine TOUMI

 

Le rappeur Driss Meroudi. Photo Yassine TOUMI

À 22 ans, Driss Meroudi a d’ores et déjà un passé. Enfant, il a du mal à se faire des amis à cause de sa déficience visuelle. Plus tard, il se livre à la plus belle des expériences musicales, découvrant la puissance des mots à travers le rap, chose très appréciée par les membres de son entourage. Grâce à eux et au rap, il arrive à exorciser ses peines mais aussi à transmettre un message universel, celui prônant l’égalité entre êtres humains et le dépassement de leurs différences, de leurs handicaps.

«Je suis né dans un bidonville à Hay Mohammadi, où j’ai passé sept années. J’y ai intègré une école consacrée aux déficients visuels. Avec les promesses du ministère de l’Habitat, nos bidonvilles finissent par disparaître, et nous nous  sommes retrouvés dans une maison décente», nous raconte Driss.

Cette joie est assombrie par le peu d’enthousiasme des enfants de son quartier pour ce nouveau venu, malvoyant.

Le rap comme lunettes de vue

Avec son Bac littéraire et ses bonnes connaissances en anglais, le jeune rappeur entame sa dernière année de licence ès lettres anglaises, en vue de l’enseigner plus tard dans une école au Hay Mohammadi. Outre l’apprentissage de cette langue dans un but professionnel conventionnel, il se met à  avoir recours dans ses morceaux qui répandent l’amour et la tolérance.

«L’amour du rap m’est venu en écoutant plusieurs rappeurs de l’époque, marocains inclus», indique-t-il. En 2007, l’enfant prodige pense sérieusement à la création d’un groupe de musique, composé de trois autres de ses amis, dont deux sont déficients visuels. «Nizar Zayd, Zakaria Wadih, Jorgan Hansson, un ami suisse, et moi-même. L’idée de la création du groupe Blind-boyz & G est née en 2007. Nous sommes le premier groupe de déficients visuels dans le monde arabe». Au tout début, les Blind-boyz &G avait un espoir quelque peu excessif. «Le matériel coûtait cher, et face à notre handicap, les gens handicapaient la procédure…», s’irrite Driss.

Heureusement, il trouve refuge auprès d’une association près de chez lui : l’association Kira 13. «C’est ainsi que trois titres ont pu voir le jour : Oum El Mekfouf, Sahara 4 Ever – en anglais, français et arabe –, Untrue Love, Let’s have a Party et Poverty. Nous nous produisons souvent en plein-air, grâce aux organisateurs de la Commune urbaine du Hay Mohammadi, l’association française DIA de l’Initiative urbaine et le réseau des associations de Hay Mohammadi», explique Driss. Les Blid-Boyz & G rencontrent des problèmes financiers, comme la majorité des artistes des quartiers populaires. À cela s’ajoute l’attitude rétive des sponsors potentiels. Malgré tout, «rien ne peut nous arrêter», prévient l’artiste. Si Driss a un message à transmettre, c’est bien celui-ci : «Sur le plan national, nous représentons une communauté marocaine. L’État doit ouvrir l’œil sur notre futur, car nous, nous l’avons déjà fait…», conclut le rappeur.◆