Archives de septembre, 2011


Les rencontres culturelles judéo-marocaines sont souvent l’occasion de cerner plusieurs quiproquos entre l’Islam et le Judaïsme. Rencontre avec Simon Ley, directeur du musée judéo-marocain.

«Entre les religions, la tolérance n’a jamais existé», a estimé Simon Lévy. Photo Yassine TOUMI

Organisé par la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, en partenariat avec le Mimouna club , le 3e Colloque annuel des journées juives marocaines s’est tenu mercredi  21 septembre, à Ifrane à l’Université Al-Akhawayn et a été suivi d’un second à Casablanca, organisé jeudi, au Musée du patrimoine judéo-marocain, dans le quartier de l’Oasis. Thème du débat : « Mohamed V, un juste parmi les Nations ». Une opportunité pour la communauté juive de rendre hommage à la tolérance universaliste du sultan. D’autres sujets ont été traités, tels que la darija dans les livres juifs et l’identité israélienne. Simon Levy, en aparté, nous livre quelques unes de ses positions sur ses sujets.

Pourquoi le fait de souligner que les juifs écrivaient en darija est important ?
C’est plus important que c’en a l’air. La majorité pense que les juifs parlent uniquement hébreu, alors que ce n’est pas vrai. Les juifs parlaient et écrivaient en darija comme les Marocains musulmans. Depuis 1860, l’Alliance israélite universelle, la plus grande association française de juifs, a imposé au Maroc d’enseigner uniquement la langue française au juifs. La langue qui progresse le plus au Maroc, c’est le français, pourquoi ? Parce que l’on ne fait aucun effort pour que l’arabe soit puissant. L’arabe est simple à l’oral mais compliqué à l’écrit. C’est malheureux.

Pourquoi dites-vous que l’Histoire du Maroc n’est pas intégrale et nous n’en avons que des bribes  ?
Malheureusement, dans les écoles marocaines, on n’enseigne que les exploits et les bonnes actions des sultans qui ont gouverné le Maroc. L’histoire du Maroc n’est pas uniquement faite de cela. Il  existe bien d’autres personalités et évènements majeurs, parfois désenchantants, qui ont marqué l’Histoire du Maroc et qui ne sont pas enseignés…

Y a-t-il une crise de l’Autre au Maroc dans le domaine religieux ?
Entre les religions, la tolérance n’a jamais existé. Elles se supportent. Les religions ne s’acceptent pas, ni au Maroc ni ailleurs.
Personnellement, je pense que si les trois religions monothéistes ont un même Dieu, cela signifie que c’est une même religion. Elles n’ont pas forcément les mêmes rites   et les mêmes traditions, mais c’est la même croyance. Est-ce qu’il n’est pas temps que les théologiens reconnaissent cela ?

Que va être le sort d’Israël après une reconnaissance de l’État palestinien ?
L’État d’Israël sera plus fort après la reconnaissance de l’État Palestinien, parce qu’il aura réglé une grande partie de ses problèmes. En tout cas, c’est mon souhait. J’espère que cette année, la question de la paix va être réglée une fois pour toute. Je trouve cela ridicule qu’un homme intelligent comme Obama n’ait pas compris cela, alors qu’il s’est fait élire pour ce problème précisément. Et le monde entier lui a fait confiance …

Êtes-vous pour ou contre la réouverture de l’ambassade d’Israël au Maroc ?
Cela n’est pas un problème. C’est simplement une politique pour faire plaisir à Israël et aux USA. Est-ce qu’on avait déjà eu un problème auparavant quand elle était ouverte ? Non. Mais il faut qu’Israël elle aussi donne quelque chose en retour.
En Israël, les gens commencent à prendre conscience du Printemps arabe. Il se trouve qu’une nouvelle jeunesse est plus souple et qu’il faut ouvrir avec elle un nouveau débat en Tunisie, en égypte, en Libye… Les leaders israéliens doivent revoir leur façon de faire la politique et l’adapter au nouveau visage du monde arabe. Reprendre un mouvement et des objectifs vers la paix, je le répète : vers la paix !

Quand et qui va nominer feu Mohamed V, « un juste parmi les nations », lui qui avait refusé de mettre en œuvre la politique judéophobe du gouvernement de Vichy ?
Nous considérons feu Mohamed V comme un juste parmi les nations, c’est déjà fait. Il y a plusieurs avenues Mohamed V à Israël.

Vous avez dernièrement critiqué la suppression du mot « juif » de la nouvelle Constitution marocaine et son remplacement par le mot « hébraïque ». Pourquoi ? 
Ceux, qui ont eu honte de mettre le mot «  juif » dans la nouvelle Constitution et ont cherché à le remplacer par le mot « hébraïque », n’ont rien compris à l’Histoire. « Hébraïque » ne veut rien dire du tout dans la Constitution.ça relève de l’Histoire ; ça date d’il y a 5 000 ans.
D’un côté, le Maroc fait un pas en avant en disant qu’il faut reconnaitre l’existence des juifs au Maroc, et, de l’autre, nous n’allons pas les appeler officiellement des juifs ? Qu’est ce que cela veut dire ? C’est ridicule. Je suis heureux d’avoir des droits au Maroc. Je ne me considère pas hébreu mais juif.


La préfecture de Ben M’sik s’active de plus en plus dans le social et la santé. La semaine dernière, un centre médico-social de diagnostic multi-spécialisé et un espace pour jeunes à la citée Djamaa ont été inaugurés pour un coût global de 7 millions de DH

Les habitants de la préfecture des arrondissements de Ben M’sik pourront bénéficier de plusieurs services de santé proposés par le nouveau centre. Photos Yassine TOUMI

Les projets sociaux vont bon train à la préfecture Ben M’sik. La semaine dernière, Mustafa Khidri, gouverneur de la préfecture d’arrondissements de Ben M’sik, a procédé à l’inauguration de deux importants projets dépendants du territoire de la préfecture : le centre médico-social de diagnostic multi-spécialisé et l’Espace des jeunes de la cité Djamaa, deux  entités qui promettent de rendre le sourire aux habitants de Ben M’sik. « Avant, nous étions contraints de nous diriger vers d’autres centres hospitaliers. En terme de proximité, nous avions réellement besoin de ce centre médical », témoigne une femme du quartier. Même chose pour le foyer des jeunes. Certains, parmi ces derniers, sont aux anges : « Je suis heureux car je ne vais plus devoir glander. Maintenant, j’ai un lieu où je peux exercer mes passions et mes hobbies », nous confie Omar, un bachelier de vingt ans.

Un centre de désennui total

A proximité de Lahraouine, le centre de jeunesse à tout pour plaire et attirer une jeunesse en manque d’activités. L’Espace des jeunes de la citée Djamaa est le fruit d’un partenariat, notamment avec l’INDH : le conseil de la ville de Casablanca a participé à la construction d’un centre d’un coût de 2 200 000 de DH. S’additionne à ce montant la participation du ministère de la Jeunesse et des sports, avec une enveloppe de 200 000 de DH. L’INDH, pour sa part, a participé à l’aménagement du centre avec un montant de 400 000 de DH. Le coût global du projet avoisine les 3 000 000 de DH.
Le centre, construit sur deux étages, est étendu sur une superficie de 404 m². La mezzanine comporte la direction, une salle aux activités diverses et une salle d’informatique et d’animations. Le premier étage abrite une bibliothèque et une salle de lecture, un autre centre d’informatique, une salle de réunion, une table de ping-pong, une autre salle pour la formation d’agents de sécurité privés et un centre multimédia équipé des dernières technologies.

Le coût global de l’Espace des jeunes de la citée Djamaa s’élève à 4 millions de DH.

Le second étage comporte un club d’escrime, une salle de billard et une troisième réservée aux férus de jeux d’échecs. Une autre salle a été consacrée pour les amateurs d’arts martiaux – tels le karaté – et d’aérobic. Coût d’adhésion à cette merveille : 50 DH par mois mais : «  L’adhésion peut même être gratuite ! Notre objectif, c’est d’abord d’accueillir les jeunes et leur faire profiter des activités proposées», nous confie Mouhcine Abdellatif, directeur du centre.

Des services médicaux à volonté

Faisant parti du Programme de lutte contre l’exclusion sociale en milieu urbain, le centre médico-social de diagnostic multi-spécialisé est l’œuvre de plusieurs intervenants. La commune de Casablanca a fait don du terrain foncier, alors que l’INDH a aidé à la construction du centre avec une participation de 1 850 000 de DH. Le Lions Club, quant à lui, a offert au centre un fauteuil dentaire équipé ainsi que d’autres accessoires médicaux et une enveloppe de 220 000 de DH. L’Association Amal d’Hémodialyse, en plus de l’aménagement du centre, a participé au projet avec une enveloppe de 250 000 DH, alors que la délégation du ministère de la Santé veille au bon fonctionnement du centre médico-social et a apporté un montant participatif de1 000 000 de DH. Coût global des cotisations pour ce nouveau centre : 4 000 000 DH.

Les habitants de la préfecture des arrondissements de Ben M’sik, estimés à quelque 295 099 personnes, pourront bénéficier de plusieurs services de santé proposés par le nouveau centre. Sur une superficie globale de 604 m² et aménagé sur 2 étages. Le centre comporte plusieurs spécialités : gynécologie, médecine interne, ophtalmologie, Oto-rhino-laryngologie, orthopédie, rhumatologie, chirurgie générale, médecine du sport et pédiatrie.◆


Plusieurs livres demeurent inaccessibles aux lecteurs marocains et leurs auteurs ne sont pas toujours les bienvenus chez nos censeurs. Souvent, leurs contenus abordent une trinité intouchable chez nous : le Sahara, la religion et la monarchie.

Les lecteurs restent encore otages d’une pratique qui n’est pas prête de disparaître.

Au Maroc, certains livres à polémique sont encore victimes de censure. Motif, un contenu «inapproprié» à la culture, aux mœurs et aux sacralités du pays. Pourtant, la nouvelle Constitution garantit la liberté dans la perception de ces dernières, d’autant plus que la personne du roi n’est plus sacrée, mais respect lui est du.

Avant le discours royal du 9 mars 2011, des caisses de livres trouvaient de grandes difficultés à traverser nos frontières pour trouver place sur les présentoirs des librairies. Aujourd’hui, les choses ne semblent pas avoir changé.
Qu’en est-il donc des raisons de cette censure ? La réponse la plus fréquente et la plus abattue reste : «Le système est ainsi fait…On n’y peut rien !».

Ali Amar, dont le livre Mohammed VI, le grand malentendu, a subi le niet du censeur, ne mâche pas ses mots pour nous donner son avis : «C’est une forme d’infantilisation du Marocain. Il n’est pas censé lire autre chose que ce que l’État lui propose dans son programme scolaire. Une autre vision des choses pourra le révolter, lui changer son impression sur l’état des choses. Je trouve que l’État doit se décider a nous considérer comme des personnes majeures et vaccinées. Le discours de l’État est en pure contradiction avec celui de la Constitution. La féodalité existe dans le génome de la nation. Il n’y a pas d’autres solutions que de laisser les Marocains choisir ce qu’ils veulent lire eux même…».

«Le Marocain n’est pas censé lire autre chose que ce que l’État lui enseigne dans son programme scolaire».
Ali Amar, journaliste-écrivain censuré.

Les libraires, eux, ne cachent pas leur colère : «On fait la commande de livres que nous voulons proposer à nos lecteurs et avant même qu’il ne les lisent, les responsables du bureau des publications étrangères passent directement la liste au bureau de censure ! La législation a toujours du retard sur la réalité, mais je pense qu’elle va céder », nous révèle Pierre Hamelin, directeur de la Librairie des colonnes à Tanger. «La censure est une longue tradition au Maroc et beaucoup de livres en sont victimes. C’est la preuve que la liberté d’expression n’est pas encore acquise au Maroc», explique le journaliste-écrivain censuré Ali Amar.

Il y a bien une liste…

Interrogée sur la possibilité d’avoir une liste officielle des livres censurés, Rachida Nour, chef de l’unité des publications étrangères au Ministère de la Communication, se prononce après hésitation : «  Il n’y a pas de liste officielle. L’intervention dépend des contenus de chaque livre : omission volontaire ou involontaire de l’expression «Sahara marocain» dans les ouvrages contenant des cartes géographiques, contenu à caractère pornographique, propagande anti-Islam ou encore des livres touchant aux sacralités du pays. Une fois ces livres détectés ou commandés, nous les exposons à Monsieur le ministre (Khalid Naciri, ndlr) pour qu’il décide de leur sort…». Ce dernier, en réponse à cette même question, se suffira d’un «Non !» sec.

Pourtant, plusieurs libraires nous listent une douzaine de livres qu’ils avaient commandés mais que «le bureau de censure» avait refusé de faire entrer sur le territoire. Évidemment, les livres censurés les plus connus par les Marocains restent
Notre Ami le roi, de Gilles Perrault et Mohamed VI, Le grand malentendu, d’Ali Amar. D’autres livres moins connus sont énumérés par les libraires à savoir Réquisitoire contre un despote, de Mohamed Diouri, Tazmamart : une prison de la mort au Maroc, de Christine Serfaty, Les versets sataniques, de Salmane Rochdy, ou encore Le dernier roi, de J.P. Tuquoi. «Le livre le plus récent qui nous a été refusé est Le dernier combat du Captain Ni’mat, du marocain Mohamed Leftah parce qu’il aborde le thème de l’homosexualité…», nous confie une libraire.
Après moult tentatives pour envoyer cette liste «noire» au ministre de la communication, ce dernier en accuse finalement réception en nous promettant de la regarder de près, mais « plus tard ». Report justifié, vu l’agenda politique serré du gouvernement….

N.B : Contacté vendredi , pour me dire ce qu’il en pense de cette liste, ce dernier (Naciri) me dit d’un air nerveux et effrayant :  » Je vois que votre mission est accomplie, l’article est déjà écrit. Excusez moi! « , et il me raccrocha au Nez !

  LISTE  DES LIVRES CENSURES:

Dernier combat du Captain Nimat de Mohamed Leftah
Notre Ami le Roi, Gilles Perrault
Mohamed VI , le grand malentendu, Ali Amar
le dernier roi, Jean Pierre Turquoi
Les 3 rois, Ignace Dalle

[Tazmamart : une prison de la mort au Maroc] par Christine-Daure-Serfaty

[Dans les prisons du roi, écrits de Kénitra sur le Maroc] par Abraham Serfaty.
[Les versets sataniques] par Salman Rushdie

[À qui appartient le Maroc ?] et [Réquisitoire contre un despote] par Moumen Diouri

[Oufkir un destin marocain] par Stephen Smith

[Le commandeur des croyants] par John Waterbury

[La monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir] par Maâti Monjib


La deuxième édition du Marrakech Art Fair (30 septembre au 3 octobre 2011) connaîtra la présence d’un artiste d’un genre particulier. Fusionnant corps, religion, ironie et humour, Mehdi George Lahlou dérange. Et les attaques contre son audace, jugées insultantes envers la religion, ont déjà commencé.

« Scandale à Marrakech: invitation d’un pseudo-artiste qui utilise des versets coraniques dans des projets à caractère sexuel ». C’est ainsi que titrait le confrère Attajdid (porte-plume du Mouvement unicité et réforme, arrière base idéologique des islamistes du PJD) dans son édition d’hier. L’artiste en question est Mehdi George Lahlou, un photographe franco-marocain qui n’hésite pas à franchir le pas et aller au-delà du politiquement et socialement correct dans ses oeuvres. Sur une de ses oeuvres, on retrouve ainsi des textes sacrés…inscrits sur un corps masculin complètement dénudé. Sur une autre, un religieux portant l’habit d’un moine chrétien…et un volume du coran. Et, entre autres audaces, un danseur du ventre aux lascifs déhanchements. De l’audace, Mehdi George Lahlou en a. Et si sous d’autres cieux, son art amuse, plait, interpelle, au Maroc, il a commencé par choquer. Et pour cause, les oeuvres de Lahlou sont au programme de la deuxième édition du Marrakech Art Fair (30 septembre au 3 octobre 2011). En attendant, une véritable levée de boucliers a été enclenchée contre lui. Mehdi George Lahlou se dit aujourd’hui  perdu  . « Il y a une semaine j’étais très enthousiaste à l’idée de participer au Marrakech Art Fair, mais après avoir vu et lu les réactions extrémistes de quelques internautes et d’une certaine presse par rapport à mes réalisations, je me sens un peu découragé…C’est ma galerie parisienne, la Dix9 qui m’a proposé à Marrakech Art Fair. Et j’avoue que je ne se sens pas encore près pour confronter le public marocain», se justifie l’artiste. Contacté par le Soir Echos, Hicham Daoudi, directeur d’Art Holding Morocco qui organise l’événement rassure. « Aucune réalisation choquante ne va être exposée », affirme-t-il. Pour autant, les détracteurs de l’artiste aiguisent leurs armes.

Incitation à la haine

Pour Mustapha El Khalfi, membre du PJD , «ledit artiste entre dans une confusion grave atteignant toute l’identité musulmane des Marocains. Non seulement il insulte toutes les religions, mais il y a d’autres vidéos de lui, d’autres images où les symboles musulmans sont bafoués. C’est une atteinte à l’art en lui même ». « C’est malheureux de voir la réputation de ce festival entachée par cette présence. Le Marrakech Art Fair est une foire artistique de renom qui fait appel à de grands artistes », dit El Khalfi, sous couvert d’anonymat, en guise de défense du photographe. Ce dernier précise que son travail n’est en rien dirigé contre l’islam. « C’est une poétisation de l’islam et de la religion en général. Et au Marrakech Art Fair, il n’y aura pas cette photo où je pose nu avec des versets coraniques sur mon corps. Par contre, j’exposerais volontiers le tableau-portrait représentant mon visage et une pastèque ou encore la photo où je fais de la danse orientale. J’aime me travestir et interroger certaines traditions à travers l’art », nous explique-t-il. Célèbre par ses œuvres dès 2009, il ne cesse de répéter qu’il ne s’en prend ni à l’islam, ni au christianisme.

Corps et religion, indissociables

« Je ne comprends pas pourquoi les gens bloquent sur ce qui est choquant. Mes réalisations ont forcément un public avisé mais il y a d’autres thèmes que je traite mis à part le corps et la religion», ajoute Lahlou. Et d’apporter une clarification de taille : «  je suis moi-même très religieux, et pratiquant. Je fais ma prière aussi. Les gens qui m’insultent et me menacent doivent comprendre que le corps et la religion sont indissociables. »

Qu’en disent nos islamistes ? Mustapha El Khalfi va jusqu’à dénoncer le gouvernement pour ce type de tolérance inappropriée dans un pays musulman : «  Le pire, c’est que l’exposition est soutenue et sponsorisée par les ministères de la Culture et du Tourisme. Ces derniers doivent prendre leur part de responsabilité car faire la promotion d’une personne qui insulte l’islam est inadmissible. Je pense qu’en cas de bavure je pense qu’il faut appliquer la loi qui est claire sur les atteintes aux mœurs et à la religion», conclut El Khalfi.


Mohamed Lahna a un handicap : Le Maroc ne l’encourage pas pour devenir un champion handisport mondial.

« Moi, Mohamed Lahna, champion handisportif marocain, cherche désespérément sponsor… ».Cette phrase, le ministère de la jeunesse et des sports à du la lire grand nombre de fois,certes distraitement, inatentivement… . Lahna a un rêve : Être sur le podium des jeux olympiques de 2016 au Brésil. Son cauchemar : Que le Maroc continue de handicaper son palmarès. Confessions….

Que représente pour vous la médaille récente remporter à Pékin en deuxième position du championnat du monde de para-triathlon ?

C’est ma première médaille de haut niveau. Celle de l’année dernière, je l’avais raté à 4 seconde près. Mais, je me suis donc rattrapé cette année… Je suis très heureux d’être arrivé à ce résultat.

Comment êtes vous arrivé à ces performances ?

C’est un long parcours la para-triathlon car cette activité sportive demande beaucoup de travail assidu et régulier et petit à petit le niveau progresse et avec lui la difficulté. Ces trois dernières années ont été très dur pour moi, donc une deuxième place à Pekin est un grand succès pour moi.

Quelles sont les personnes phares qui vous ont aidé et soutenu pour devenir ce que vous êtes aujourd’hui ?

Plusieurs personnes m’ont aidé durant mon parcours. Mais les plus prégnant sont Abdeljalil El Biar ,le premier marocain médaillé paralympique de natation, et Patrice Ascargorta , médecin prothésiste français. L’année dernière, javais pas assez de matériel pour m’entraîner . J’avais pas de prothèses et grâce à Patrice et le service des anciens combattants j’ai maintenant des prothèse pour la natation, la course et le cyclisme…

Quels sont vos objectifs futurs?

Mon objectif serai de participer et de remporter les jeux olympiques de 2016 au Brésil et d’améliorer mon timing. J’aspire aussi à remporter la médaille d’or du championnat du monde en Nouvelle-Zélande .

Vous cherchez encore et toujours des sponsors ? C’est difficile d’en trouver ?

C’est un peu dommage. Il y a une grande discrimination au Maroc envers les handisports. Les sportifs valides ont des bourses alors que rien n’est consacré aux champions handicapés. J’ai maintes fois envoyer des demandes au ministère de la jeunesse et des sport : Aucune réponse. Je ne peux pas continuer sans le soutien de l’Etat. Je demande à être traité comme des personnes valides. Les handisports marocains ont fait leur preuves et sont même des fois beaucoup plus performant que les champions valides. Le ministère de la jeunesse et des sports et le comité olympique sont responsables de ma stagnation. Ils ont parlé d’un projet pour les handisports, mais 2016, c’est loin.

Vous vous en sortez comment donc ?

Je m’auto-financais avec mon travail avant. Maintenant, je ne travail plus car je veux me consacrer à 100% au sport. Puisqu’aucune aide ne m’atteint, je me vois obliger de chercher à nouveau un « petit job à mi-temps »… C’est triste, je sais, mais c’est la réalité. Je tiens à remercier précisément, le seul club de fitness qui m’offre une adhésion gratuite, le Sport Plazza. J’apprécie beaucoup son geste.

Qu’est ce que le handicap pour vous ? Existe-il vraiment ?

Quand je m’entraîne des fois au parc , les gens me regardent et disent « Mskine… » . Je trouve cela méchant de leur part, car je ne me considère pas mesquin du tout… Les mentalités doivent évoluer. On doit être traité comme tout le monde. Le handicap, c’est dans la tête, c’est les autres qui le créent. Les gens aiment placer des obstacles. J’aime le Maroc mais je ne pense pas que c’est réciproque car je me vois obliger de m’entraîner à l’étranger faute de financement .Ça c’est un handicap !


DHL Express Maroc et l’Association Al-Wafae étaient samedi 19 septembre  au collège et lycée Moulay-Abdellah Amghar à El Jadida pour distribuer des vélos aux élèves isolés. Chaque année, DHL International organise la journée du Volontariat, ou opération Volunteer Day. Le volontaire de cette année été l’Association Al-Wafae pour la culture, le développement social et la lutte contre la déperdition scolaire à El-Jadida. La journée de samedi était un jour de joie pour les écoliers de la région. Mais il y a un deal à respecter….

 

 

Au collège et lycée Moulay-Abdellah Amghar, samedi à El-Jadida, l’ambiance était détendue. Musiques avec DJ, musiciens ghyata et nombre d’enfants heureux. «Les enfants ont passé une journée agréable, durant laquelle ils se sont vus remettre des bicyclettes neuves, qui pourront les aider à se déplacer dans les meilleures conditions et à les encourager à ne pas arrêter leurs études à cause de la longue distance qui sépare leur foyer de l’école et la non disponibilité des moyens scolaire adéquats», nous confie Saïd Gelmassi, président de l’association Al-Wafae. Le deal étant le suivant : les élèves gardent leurs vélos; l’association leur demande, en contrepartie, de venir régulièrement à l’école. Le vélo est confisqué si l’élève arrête sa scolarité. Les organisateurs de l’événement ont donc distribué les vélos malgré quelques malentendus : « On ne m’a pas donné de vélo, à moi. C’est parce que j’habite tout près de l’école. C’est vraiment injuste !», proteste l’un des élèves de cette école. Problème de logistique Certains «cancres» se sont même livrés au jeu de l’usurpation d’identité. « Mais c’est pas possible!, s’indigne l’une des organisatrices de l’événement. Ce garçon, c’est la troisième fois qu’il se présente pour avoir une bicyclette !» Pour calmer les esprits, les vélos ont été retirés du terrain jusqu’à ce que les responsables arrivent avec la bonne liste… « Nous avons distribué 100 bicyclettes pour un budget de plus de 100 000 dirhams. Il est injuste de donner plus d’un vélo à un élève. », clarifie Faysal El Hajjami, directeur général de DHL Express Maghreb. En plus de la bicyclette, chaque élève a reçu un casque de sécurité ainsi qu’une pompe à air et un permis de conduire symbolique. Un certificat d’engagement a été remis à chacun d’eux. «La bicyclette ne deviendra la propriété de l’élève que lorsqu’il obtiendra son brevet de collège », peut-on lire dans ce document. Rappelons que cet événement est la première édition du genre. DHL Express Maghreb a d’autres activités «humanitaires», telles que le GoGreen, pour l’environnement, le GoHelp pour le management des catastrophes naturelles, et, enfin, le GoTeach pour l’éducation.◆


Le Mouvement Vigilance Citoyenne (MVC), association politique créée début août, a publié dimanche son premier communiqué, tirant la sonnette d’alarme sur la situation politique actuelle du pays.

« Le seuil de participation, s’il est déterminé pour des résultats tactiques et courts, nous n’irons pas très loin», s’inquiète le MVC. Photo Yassine TOUMI

«Nous suivons les préparatifs des prochaines élections et notons le règne de la confusion et l’improvisation dans le processus en marche, ainsi que le manque de clarté dans les choix des politiciens, chose qui trouble la gestion de la chose politique entière ».
C’est par ce constat que le Mouvement Vigilance Citoyenne fait son entrée politique. Pour le MVC,  la dynamique politique en cours est globalement positive, mais le chemin est encore long.

Représentativité électorale

Contacté par Le Soir échos, le chargé de communication du MVC, Mohamed Bachir Znagui, commence par là où ça fait le plus mal : « Il y a un déséquilibre exagéré au niveau du découpage électoral. On a l’impression que l’État ne fait pas la différence entre les régions surpeuplées et celles dépeuplées. On est pour un découpage privilégiant certaines régions à forte concentration de la population. Le taux de 25 % ne doit certes pas être dépassé mais il faut faire des exceptions quand même… ». Pour ce qui est des listes électorales, Mohamed Znagui souhaite élargir le taux de participation en général afin de « provoquer » la transparence…

En ce qui concerne la représentativité des femmes et des jeunes, le chargé de communication du MVC sort le grand jeu : « Le Maroc avait signé pour 2015 un engagement avec les États -Unis partant sur les bases du principe de parité hommes-femmes. Je juge que du moment que nos élections se dérouleront en 2011, cet engagement doit être respecté.»

Les jeunes, pour leur compte, représentent l’un des problèmes majeurs à considérer car « ils sont devenus très actifs dans notre société et les vieux politiciens doivent faire preuve de galanterie et de fair-play et leur céder leur place. », nous affirme Znagui. « Nous sommes par contre, contre la règle des 40 ans », enchaîne-t-il. « Nous demandons à ce que les autorités se plient à l’âge universelle ».

«Franchement, il y a des déclarations antidémocratiques qui me font très peur…. ».
Mohamed Bachir Znagui, chargé de communication du MVC.

Pour ce qui est du seuil de participation en général, Znagui précise que le MVC a une logique très simple : « Le seuil de participation, s’il est déterminé pour des résultats tactiques et courts, nous n’irons pas très loin avec cette transition démocratique. Mais, nous proposons aux autorités d’élever le seuil vers 6%, voire 7% pour plus de crédibilité. Ce n’est pas une invitation à favoriser les minorités mais à garantir leur droit… ».

Observations mitigées

Znagui évoque avec réserve le projet de loi N°30-11 relatif aux conditions et modalités d’observation neutre et indépendante des élections . Pour lui, comparé aux normes internationales «le Maroc est en-deçà du niveau souhaitable… ». Mais sur ce point, uniquement, le chargé de com’ reste optimiste : «  Il reste beaucoup à faire mais c’est un bon début». Du côté des médias, Znagui Bachir voit rouge. Il juge que « les médias publics sont obligés de préparer les citoyens marocains aux futures élections et les informer sur les nouveautés au lieu de donner aux partis politiques des quotas de campagne électorale à tort et à travers… . »

Le MVC va encore plus loin dans son « utopie politique ». Pour Znagui, il faut faire comme à l’international: « Mettre en place une caisse électorale où toutes les opérations financières sont contrôlées. C’est la seule manière d’éviter la corruption…. »
En somme, le MVC a fait ses propositions et compte les faire valider car « nous sommes un mouvement sérieux avec des objectifs démocratiques et plus aucune décision ne doit se passer au-dessous de la table. Il faut instaurer le plus tôt possible un débat public exempt de chantage auquel nous avons affaire de la part des partis politiques. Franchement, il y a des déclarations antidémocratiques qui me font très peur…. », conclut Znagui.