Marocains et Audiovisuel : Qui a raison, qui a tort.

Publié: août 10, 2011 dans Audiovisuelle, Cause humaine, maroc, Nationalisme, Politique, société

A chaque ramadan, ce sont les mêmes questions qui reviennent : nos chaines de télévision répondent-elles vraiment aux attentes des Marocains ? Qu’est-ce que nos chaînes ont apporté de nouveau cette année ? Ou sommes-nous condamnés à subir les mêmes formules? Décryptage.

Depuis quelques années, plusieurs téléspectateurs marocains zappent nerveusement vers d’autres chaînes. D’autres jurent même n’avoir plus allumé leur téléviseur depuis des lustres. La cause de ce comportement : une grille de programmes télévisés totalement décalée par rapport aux attentes du public. Un réalisateur de la télévision nationale marocaine ayant requis l’anonymat va jusqu’à crier au complot : « les médias tendent à nous abrutir. Il faut absolument faire quelque chose». Mais au vu des taux d’audience, qui battent ce ramadan tous les records, ces propos sont à nuancer. Y a-t-il vraiment un décalage ou est-ce la majorité de la société marocaine qui aspire à ce type de contenu ?

La réponse est unanime : le public est exagérément disparate. Zouhair Zrioui, directeur d’antenne et des programmes de 2M ajoute qu’«il n’y a jamais eu d’étude sérieuse autorisant quelqu’un à affirmer que la grille des programmes de nos chaînes nationales est mauvaise ou bonne». Pour preuve, il nous parle de l’un des récents succès de la chaîne : «Je vous donne l’exemple de Sabahiyat 2M. Nous avons tourné les pilotes devant un panel composé de différentes souches sociales et qui a décidé de la validation du produit télévisé. L’émission connaît aujourd’hui un grand succès ! ». Lobbying anti-réformiste Mais, diffuser une émission qui ne vise qu’une seule cible est un jeu d’enfants. La difficulté réside dans le fait de satisfaire toute une famille. Pour Aissa Wahbi, directeur de programmation d’Al Amazighia, « le public cherche des produits télévisés marocains à 100 %. Regardez par exemple la série Hdidane. Cette dernière a enregistré un taux d’audience de 49,9 % à partir du 3e jour du Ramadan parce qu’il n’y a pas de voitures qui se projettent en l’air et des armes sophistiquées». «Il n’y a jamais eu d’étude sérieuse autorisant quelqu’un à affirmer que la grille des programmes de nos chaînes nationales est mauvaise ou bonne».

Pour Wahbi, ex-scénariste, le secret d’un bon produit télévisé est le suivant : le texte, le réalisateur et l’acteur. Une trinité rarement conciliée. D’autres responsables de l’audiovisuel, en plus de l’urgence de faire une étude sur les desiderata du public, parlent de l’existence de lobbies qui n’ont pas intérêt à ce que les choses changent : les sociétés de production. Pour lui, « si le paysage refuse de changer, c’est qu’il y a bien des poches de résistance » Voilà qui est dit! Mais d’aucuns dans le landerneau audiovisuel s’en offusqueront.◆

Zine fi talatine.Lefhaymia.Gallik hada wahed.Chacha show.

E-résistance

De nombreux internautes ne ratent pas l’occasion de critiquer via des groupes Facebook ou leurs blogs tout ce qu’ils jugent inadapté à leurs attentes. Elle s’appelle Fedwa, médecin, journaliste, poète et par-dessus tout, elle est la créatrice du groupe Facebook : «Pour plus d’émissions culturelles sur nos télés et radios nationales » qui a vu le jour le 20 mai 2011. D’autres groupes ont été créés pour cette même fin ou du moins pour dénoncer le contenu audiovisuel actuel. On peut citer ce groupe qui invite les Marocains à signer une « pétition contre la grille des programmes spécial ramadan de 2M et RTM» ainsi que le groupe demandant le «jugement virtuel du P-DG de la SNRT pour mauvaise gestion des chaînes de télévision» , ou encore un groupe récemment créé le 6 août 2011 , «fchoha mamfarjinch» (La honte nous ne regarderons pas) . Pour le blogueur Mounir Bensalah, il faut rester optimiste : « Je pense que certaines chaînes ont pris le soin de se rapprocher de leur cible. A mon avis, il faut insister sur le fait que la télévision est un service public, qui devrait élever le niveau intellectuel de notre société.» Rappelons que Mounir Bensalah est l’un des premiers blogueurs marocains à avoir tenté d’ouvrir le débat en août 2009, en envoyant une lettre de doléances sans réponse au ministre de la Communication lui demandant de l’exonérer du paiement de la taxe pour la promotion du paysage audiovisuel qui est de 7,10 DH par mois…On revient de loin, quand même !

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