Monarchie parlementaire, absolue ou république : Le Maroc tiraillé par le #feb20 et les partis politiques.

Publié: avril 17, 2011 dans Cause humaine, maroc, Nationalisme, Politique, société

Sous la devise « Ghedda Lina » ou « l’avenir est Nôtre », s’est tenue le samedi 16 avril 2011 une table ronde au théâtre Med VI à Casablanca autour de la problématique suivante : le futur du Maroc après mouvements et discours royal.

Organisée par l’association MANABER cette dernière a synthétisé  l’ensemble des revendications des marocains et les a résumé en 4 points essentiels.

1)     Moins de pouvoirs au roi, mais jusqu’où ?

2)     Citoyenneté marocaine : Aux origines de la HOGRA.

3)     Partis politiques : le match de la survie.

4)     Assistanat : crevons l’abcès !

Les 2 premiers points ont fait l’objet de la discussion du samedi. Les 2 seconds points seront discutés très prochainement.

Parmi les figures emblématiques du pays, ont accepté l’invitation M. Mustafa Ramid (PJD), M. Rachid Lazrak (USFP), M. Abdessalam Aboudrar (président de l’instance centrale de prévention de la corruption) et Melle Houda Sahli (Mouvement du 20 février) .

Modérée par Mme Nadia Lamlili (rédactrice en chef d’Economie & Entreprises) et Hicham Lamrani (secrétaire général de Manaber), la discussion a débuté par la position de chaque parti concernant sa préférence de système au Maroc…

* «  Nous devons être courageux et aller vers une monarchie parlementaire à la marocaine », M. Mustafa Ramid.

 

Interrogé sur la question des pouvoirs du roi, M Ramid a relevé que dans tous les mouvements contestataires de l’histoire, les meilleurs choix ont été soit une monarchie parlementaire soit une république.

Partisan d’une monarchie parlementaire, M. Ramid prétend que pour aller inéluctablement vers une démocratie intègre, nous devons vivre sous un pouvoir responsable à savoir une monarchie parlementaire.

Or, « Tout n’est pas encore joué », affirme-t-il  car « on a peur que le roi donne du pouvoir et lui en retire le poids … ».

La seule peur que M. Ramid exprime à ce sujet, c’est qu’ « une fois que le roi aura moins de pouvoir, les gens feront ils confiance aux nouveaux leaders ?…. »

Ainsi, M. Ramid propose avec précaution une monarchie parlementaire à la marocaine.

Après avoir fait une brève lecture de son livre de chevet : « la constitution de l’Europe des 12 », il en déduit que chaque nation à sa diversité et ses mœurs et c’est pourquoi la monarchie au Maroc doit porter sur la tradition et le mode de vie de chaque pays.

Quelles sont les règles générales d’une monarchie parlementaire à la marocaine ?

–         La majorité au gouvernement.

–         Le gouvernement doit avoir tout les pouvoirs exécutifs

–         Le roi règne mais ne gouverne pas.

Après une rapide hésitation, M. Ramid se rattrape et rectifie : « ne règne pas mais arbitre… »

En se qui concerne l’article 19, le rebelle du PJD s’attaque au sujet le plus sensible : «  Quand on dit qu’Imarat Al Mouminine (commanderie des croyants) doit s’appliquer intégralement, c’est un problème car le roi, dans ce cas doit lui aussi être contrôlé et rendre des comptes… »

Bref, pour ne pas se mêler encore plus les pinceaux, M. Ramid conclut en disant qu’il faut relier cette commanderie au champ religieux uniquement.

A la question, allez vous boycotter le gouvernement s’il n’y a pas de monarchie parlementaire, M. Ramid répond : Non, mais nous n’allons pas y être. Donc, oui.

* « La centralisation du pouvoir est la source de la corruption. », M. Rachid Lazrak.

Grand militant de l’USFP, M. Lazrak a voulu faire long ont retraçant l’historique détaillé de l’USFP, mais recadré par la modératrice, ce dernier ce contente de donner sa position sur le pouvoir du roi : « Le premier ministre doit avoir la gestion de toute la politique du pays ».

De plus, il avance que le conseil parlementaire doit être « renforcé ».

Rejoignant M. Ramid, M. Lazrak pense lui aussi que le Maroc est prêt pour une monarchie parlementaire puisque le peuple marocain est d’ores et déjà émancipé et l’être évolue selon sa capacité à supporter les responsabilités.

* « Si on réparti égalitairement les richesses, nous serons tous pauvres », M. Abdessalam Aboudrar.

 

M. Propre commence fort son intervention en faisant le constat suivant : «  Il n’y a pas de débat sur la création des richesses, la croissance et l’économie en général. »

En effet pour M. Aboudrar, puisque les débats ne sont pas tous discutés, la volonté politique souffre de clivage : Il y a de la parole et de l’action.

Certes, les discours moralisateurs disent qu’il faut éradiquer toutes les mauvaises pratiques, mais le naturel revient au galop.

M. Aboudrar l’affirme : « Dans les entreprises, le piston est la règle et rares sont ceux qui y arrivent par méritocratie. Il faut en finir avec les monopoles. Allez savoir comment…  »

Que fait donc votre instance, M. Propre ? Que pensez-vous de la corruption dans la presse ? Y a-t-il un programme ou une feuille de route ?  Silence radio.

* « La citoyenneté existe bel et bien, mais c’est les institutions et leurs relations avec les marocains qui la tordent. » Houda Sahli.

 

Pour cette jeune active du mouvement du 20 février, il ne faut pas aller par quatre chemins.

« Nous sommes contres l’assemblé constituante car dans une vrai monarchie démocratique c’est le peuple qui la désigne. C’est pourquoi d’ailleurs nous avons décliné l’invitation de M. Mennouni.  En plus, nous condamnons profondément le fait que chaque haut placé se déresponsabilise. »

Questionné sur le nom du président de son mouvement, Melle Sahli ne se prononce pas. Pourtant quand M. Morchid Abdessadek, président de MANABER avance que le mouvement du 20 février n’a volontairement pas de président, elle sourit en guise d’approbation.

Il fait remarquer ce qui suit : «  le mouvement du 20 février est un laboratoire d’expérience. Ils lancent une proposition et observent la réaction du peuple et du palais. Si elle est bien accueillie la cote du mouvement grandit, si la proposition est maudite, les jeunes du 20 février prétendent que la personne qui a fait cette proposition n’est pas des leurs. Pas bêtes ! » .

 

 

 

Rappelons que l’association MANABER est une association à but non lucratif qui a pour objectif de participer à l’incubation de projets de développement durable, essentiellement chez  les jeunes porteurs de projets d’intérêt général. Le domaine de prédilection de cette association est la culture  via l’encouragement des projets créatifs. Groupe Facebook: http://on.fb.me/gyT

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commentaires
  1. mehdiaouad dit :

    J ‘ ai une autre pensée je pense qu on devrait arrêter de copier sur la copie du voisin voire sa propre histoire et arrêter de parler de l histoire des autres une monarchie parlementaire ne peut pas atterrir chez une population non alphabetisée sinon celà veut juste dire que les parlementaires son assoifés de pouvoir des réformes de la sorte doivent venir du peuple et non de membres de l ancien systèmes ce que je vois c que les parlementaires (très absents au parlement toute l année) critiquent Sa Majesté celui qui bosse le plus pour ce pays indéniablement aider le pays a avancer ne signifie pas exprimer une crise de jalousie sans bénéfice

  2. CRIBIER dit :

    La monarchie parlementaire n’est pas seulement représentative mais avant tout arbitrale, et se caractérise par la responsabilité du premier ministre devant le parlement. Le Roi ne gouverne pas, il règne en étant : le garant de la démocratie, à ce titre il nomme le premier ministre, le garant de l’intégrité territoriale donc le chef des armées, le garant des intérêt du pays donc le chef de la diplomatie, et un arbitre médiateur fédérateur (au conseil des ministres pour être informé, pour mettre en garde, pour encourager, pour décider de la dissolution du parlement en cas de crise politique, et appeler le peuple à se prononcer par vote pour de nouvelles élections, pour l’appeler également à se prononcer par référendum ). Le Roi est à la fois le garant de la démocratie et le garant de l’unité nationale. Il règne en exerçant ce rôle pivot, où à l’intérieur, il fait le lien entre d’un côté, la majorité politique parlementaire et gouvernementale qui légifère et gouverne, selon les résultats des élections législatives, et la minorité politique. De même qu’il fait le lien entre cette majorité élue et l’ensemble de la population, qui peut très bien en cours de mandat ne pas ou ne plus être en accord, avec telle ou telle action du gouvernement qui peut être tenté de renier ou ne pas respecter ses engagements de programme politique. Le Roi peut donc être dans ce cas un arbitre, un médiateur, un fédérateur qui par ses prérogatives constitutionnelles peut intervenir pour rendre la parole au peuple, par référendum, ou en cas de crise grave, par dissolution du parlement et convocation à de nouvelles élections, ou par une intervention en conseil des ministres, ou une adresse faite au parlement, pour l’inviter à réexaminer sa copie compte-tenu des aspirations de la population, ou pour une question mettant sérieusement en cause l’unité nationale ou la cohésion sociale, de sorte qu’au final, le peuple ait toujours le dernier mot et que chaque citoyen se sente représenté et pris en considération en la personne du Roi.
    Quant à l’extérieur, le Roi est le défenseur de son pays, le garant et le protecteur de ses intérêts, qu’il aura à coeur de transmettre à sa succession dans le meilleur état possible, en cela il est le chef de la diplomatie de son pays.
    C’est ainsi que se définit d’une manière générale la monarchie parlementaire, comme un régime équilibré qui s’inscrit dans une continuité historique et qui contrairement à la république, a l’avantage non seulement de garantir la démocratie mais aussi de disposer au sommet de l’Etat d’une institution indépendante, non pas seulement au service d’une majorité politique ponctuelle, mais de toute la population, quelque soit le choix que celle-ci aura fait au moment des élections législatives.

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