Stéphanie Gaou-Bernard : Portrait d’une amazone littéraire au Maroc.

Publié: juin 8, 2010 dans portrait


Au regard disjoint, à la voix exquise et béate, à l’esprit coquin et la pensée fluide, Stéphanie Gaou Bernard m’annonce d’un air sérieux et pédant : « La librairie pour moi est un lieu anticonformiste. Un endroit d’amour et non pas un endroit ou il y a ceux qui connaissent et ceux qui ne connaissent pas… »

Femme de lettres, écrivaine, artiste, libraire et dégustatrice Stéphanie Gaou Bernard, est née une belle journée ensoleillée d’août dans la belle ville touristique de Cannes.

Son amour pour la méditerrané et son éducation dans une atmosphère d’artistes l’ont rendu tout simplement une passionné de la vie. « Mon arrière grand-père était le nègre de Jean Cocteau, poète aux multiples talents, » m’avoue-t-elle avec fierté.

Elevée par sa grand-mère, Stéphanie s’initie à l’amour de la beauté et de la culture dès son plus jeune âge.

Lucide, Elle décroche un DEUG en russe, fait une maitrise d’anglais, passe par l’université de Nice Sophia Antipolis, ensuite elle devient  professeur d’anglais puis trouve du plaisir à travaillé attaché de presse. Plus tard elle est recrutée pour un magazine qui s’appelait à l’époque « Pur Virus ». « C’était amusant comme expérience car à chaque fois on avait la tache de propager une rumeur ‘brandouille’ », glousse-t-elle.

De tout, elle aimait et aime et aimera éternellement  la lecture. Elle aime aussi tout ce qui se rapporte aux années 50’. Par contre elle n’aime pas la télévision. « Je n’arrive pas à sélectionner ce que je veux voir. La télévision à mon sens va trop vite. », Me dit-elle.

Stéphanie consume son adolescence grâce à aux livres et l’écriture et la peinture. Sa motivation dans ce qu’elle réalise consisterait jusqu’à aujourd’hui à présenter les villes qu’elle a visité, les uns après autres, en décrivant magistralement les plus inaperçus détails qu’elle distinguait. Une curiosité implacable qui fait de Stéphanie une Ibnou Batouta française.

Vers l’âge de 28 ans, elle décide de s’installer avec son mari au Maroc, précisément au Nord à Tanger, là ou la mer et la montagne la contingentait merveilleusement telle une valeur absolue. « J’aime particulièrement Casablanca pour faire la fête et m’éclater et Tanger pour me reposer et me la couler douce… », Reconnait-elle.

Depuis l’âge de 15 ans elle ne nie pas son rêve qu’elle a peut être réalisé aujourd’hui : « Je désirais toujours vivre à la côte d’Azur… Je me suis installé à Merchant (Tanger) au début dans une maison que j’ai achetée et j’avais l’ambition d’y lancer un restaurent. Ca na pas marché et donc je me suis dit que je vais faire ce dont j’ai longtemps rêvé : une librairie. »

Pour Stéphanie la librairie n’est pas un simple coin ou les livres s’entrechoquent imbécilement sur les étagères ni un lieu conçu spécialement aux « intellos », « C’est un lieu anticonformiste. Un endroit d’amour et non pas un endroit ou il y a ceux qui connaissent et ceux qui ne connaissent pas. En plus la littérature marocaine est bouillonnante, il y a beaucoup de chose à dire. Je pense aux Mythes du Maroc, par exemple,  c’est tout un monde ! » Remarque-t-elle.

Sans trop attendre, Stéphanie décide d’ouvrir sa propre librairie. Cette dernière allait avoir comme nom la Tangente mais c’était déjà pris. « Je suis parti expliquer au banquier mon projet de librairie, j’ai du lui réexplique, mais en vain. Il ne m’avait pas si bien compris. Je lui ai dis qu’effectivement, c’est insolite ! Ce mot, j’ai voulu le réutiliser car il me faisait rappeler une bien drôle de discussion, et puis voilà. », Conclut-elle.

Insolite. La très accueillante et chaleureuse librairie s’appelle ainsi. A l’entrée un miroir, symbole de transparence et de réflexion, puis à gauche à droite des étagères de bouquin par ordre alphabétique. Chaque titre interpelle le lecteur à prendre un bouquin et à s’installer sur les fauteuils ou les chaises, tous différents et insolites.  Les murs sont peints en vert, symbolique de la mère et du refuge. Au fond, on peut voir un mini-café très charmant, offrant aux gourmets des aromes délicieux, des biscuits-de-mère-grand et du thé aux mille et une saveurs.

« Je suis curieuse et il faut accepter de ne pas tout savoir. Je n’aime pas les étiquettes. », C’est ainsi que Stéphanie définit son métier.  Amoureuse de Camus et d’Abdellatif  Laâbi, elle fonde cette librairie afin de redonner un nouvel espoir à la culture marocaine. A Tanger, il faut l’avouer, on ne lit pas. Au Maroc, en général. Le monde arabe lit une demi-page par ans, d’après le dernier recensement. C’est déplorable effectivement. Pour Stéphanie, les marocains seront disponible à lire des livres si on leur redonne confiance en ce qu’ils sont.  « Il faudrait leur donner conscience en qui ils sont, ne pas leur faire subir le complexe d’infériorité. », affirme-t-elle.

«Le Maroc m’a appris à ne surtout pas être pressé mais ne surtout pas s’empêcher d’être impatiente. » se confie-t-elle.

Par contre le constat flagrant qui ne peut être caché et qui est connu : « Je suis déçue par le manque de civisme, » révèle-t-elle d’une voix tristounette.

Mais toujours joyeuse, Stéphanie compte mener à terme l’objectif qu’elle s’est fixé : Faire aimer la lecture, la culture en général, aux Marocains.

Pour les journalistes marocains, elle a voulu transmettre un message particulier : « Emerveillez-vous ! C’est dans l’oppression qu’on développe l’imagination. »

Je quitte Stéphanie, Les Insolites et Tanger. Je garde comme souvenirs un amour fou pour les livres, leur adresse et leur ville d’inspiration.

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commentaires
  1. Abdeslam Sika dit :

    BONJOUR / Tout ce qui est dit est potentiellement vrai . STÉPHANIE est une passionnée de la lecture , sa passion est contagieuse. Avant de connaitre la librairie j étais dans un état d esprit frôlant l abandon des livres pour différents raisons : long a expliquer , mais STÉPHANIE m avait presque sauve de cette paresse insoupçonnable. MOI je crois que la lecture est autant importante que l écriture , pour qu’un écrivain existe réellement ,il aura besoin des milliers de lecteurs, qui malheureusement sont rares dans nos contres.JE LIS DONC J EXISTE

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