Le train des congés : Un Hammam sans eau.

Publié: juin 8, 2010 dans société

La veille du 1ier Mai. Gare de Casablanca. Minuit trente. Des visages somnolents, des bagages posés un peu partout au sol. Seules les presseuses de café brulé font du bruit. Toutes ces personnes quittent Casablanca pour changer d’air.
Malheureusement, ces gens se sont retrouvés face au laxisme des services de l’Office national des chemins de fer (ONCF) : retards, manque de confort, absence de sièges suffisants et défaut en communication.

Le train se dirige vers Tanger, sept heures de trajet. Précipitamment, des passagers se bousculent vers le guichet.
«  Inutile de courir, le train a un retard de 30 minutes », dit nonchalamment ce technicien.
« On va encore attendre», rouspètent les passagers.
Il est 1h15, le train arrive enfin .Les gens traversent  les rails malgré les innombrables interdictions.
Bousculade devant les portes du train, une foule barbare s’entrechoque.
« Mais attendez, laissez nous descendre, quelle anarchie », hurle cette demoiselle.

Une fois monté, la seule idée en tête c’est de s’allonger sur les sièges, oui, s’allonger sur les sièges. Les couchettes, jugées très chères, sont marginalisées.
On voit alors dans chaque compartiment de 6 personnes, 2 personnes : une, allongée à droite et une allongée à gauche.
Un vent dérangeant s’échappe des vitres brisées.
« C’est des fripons qui lancent des pierres quand le train passe.  » S’affole ce quinquagénaire
Le vent transporte avec lui plein de maladies.
Un jeune se frotte les yeux. «  Ce train est plein de microbes », diagnostic –t-il.
Curieusement, on peut trouver dans quelques compartiments des couples collés l’un à l’autre dans des positions indécentes.

Mais le principal problème demeure  l’incapacité du train à contenir tout les passagers.
C’est à Sidi Kacem que ca s’aggrave.
« Allez, avancez ! », S’indignent les gens.
Malheureusement, les passagers n’ont pas où avancer.
« Ces sauvages ne respectent pas les femmes enceintes», s’écrie cette dame au ventre gonflé.
Le contrôleur avait verrouillé les portes du train, jugeant qu’il n’y a plus de place.
« C’est inadmissible, laissez nous monter. On a payé! Si vous n’avez pas assez de place, ne nous vendez plus du vide. Quel matérialisme ! » S’emporte ce français aux cheveux hirsutes.

Après maintes revendications, le chef de quai ouvre les portes.
« Wili, pourquoi il les laisse monter ? On va étouffer ! », S’écrie à nouveau avec égoïsme cette même dame enceinte.

Les protestations s’enchainaient un peu toutes les demi-heures.
« Où veux tu que je fasse mes besoins ? s’écrie ce jeune au contrôleur,  vos toilettes sont nauséabondes, on ne peu même pas fermer la porte. L’odeur nous agresse, Tfou. »
«  Eteins d’abord ta cigarette!  On ne t’a pas dit qu’il est interdit de fumer dans le train ! Décidément, il n’y a plus rien à espérer de ce peuple. » Répond le contrôleur.
7H30 du matin. Le train s’arrête et avec lui s’arrêtent les doléances. Les passagers descendent du train dans l’espoir de trouver quelques améliorations à leur retour.

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commentaires
  1. Le monde de Sergio dit :

    Une scène de vie quotidienne dans les transports marocain, dites vous ne vous ennuyez pas lorsque vous voyager. Beau texte, belle histoire sociale.

  2. alaebennani dit :

    Merci. Non je m’ennuie pas du tout, je passe mon temps à observer 😀 !

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